La meilleure et la pire version du foot

Violents affrontements entre supporters du Raja et de l’AS FAR en tribunes du Complexe Moulay Abdellah, lors du Classico de la 17e journée de Botola Pro D1 Inwi, le 30 avril à Rabat.

PSG–Bayern et FAR–Raja nous ont offert ce qui fait vivre le foot mais aussi ce qui peut le tuer.

Le 04/05/2026 à 09h31

Dans deux jours, le Bayern et le PSG vont nous donner la suite de leur chef d’œuvre de mardi dernier, conclu sur un score de tennis ou presque: 5-4. L’une de ces deux formidables machines à jouer n’atteindra pas la finale et c’est bien dommage. C’est la loi du foot. Il faut un vainqueur. Mais le vrai vainqueur de ce duel de titans, c’est le football lui-même, incontestablement.

5-4 donc, des occasions à la pelle, des poteaux rentrants et d’autre sortants, et surtout des gestes techniques que l’on ne voit presque plus dans un terrain de foot, surtout quand l’enjeu (une place en finale) prime et finit par étouffer le talent individuel.

Ce match restera dans les annales parce qu’il nous rappelle que la base du jeu, c’est le talent. C’est le ballon. Sur les neuf buts marqués ce soir-là, au moins cinq sont absolument prodigieux. Quand Kvara se joue de ses adversaires et la met au fond, on touche à l’essence du football: c’est avant tout un jeu, une partie de plaisir. Et marquer des buts semble facile, à la portée de tous…

Quand Luis Diaz fait danser Marquinhos avant de fusiller Safonov, sur un service magique de Kane (il faut espérer que le prochain Ballon d’or s’appelle Harry Kane, qui représente tout ce qu’on aime dans le foot), on a l’impression d’être devant un match de rue, quand le talent à lui seul fait la différence et quand les moins costauds mettent les grands gabarits dans la farine. Le pied total!

Et que dire du but complètement fou d’Olise ou des combinaisons qui aboutissent au but de Dembélé et à la deuxième réalisation de Kvara (avec un assist de Hakimi)? Ce qu’il faut dire tient en deux mots: bravo et merci.

Malgré l’importance de l’enjeu sportif, mais aussi économique (une victoire ou une défaite se traduisent par un différentiel de plusieurs millions de dollars), on a vu que le fair-play et l’esprit sportif ont été de tous les instants. Sur le terrain bien sûr, mais aussi dans les gradins. Pourtant, il y a eu des situations clivantes au cours de la partie: un potentiel penalty non sifflé, deux penalties sifflés qui pouvaient être contestés. Autant de décisions arbitrales qui ont directement pèse sur le sort du match. Et alors?

A la fin, tout le monde était content. Les supporters des deux équipes, le public qui était au stade et toute la planète foot. Parce que notre sport préféré a été élevé au rang d’un art majeur. Chacun a pu se repasser le film du match et ses différentes phases, les buts, les envolées magiques d’attaquants au sommet de leur art. Sans heurt, ni casse.

Ce genre de match, qui offre une pub extraordinaire pour le football, doit être enseigné aux joueurs de la Botola, et surtout aux ultras qui peuplent nos stades. Ce qui s’est passé lors du récent FAR-RCA (2-1) est aussi triste qu’incompréhensible. Nous avons eu droit à un bon match sur l’aire de jeu, avec des buts, du rythme, une grande intensité. Le stade était beau, l’arbitrage plus que correct. Les 22 joueurs se sont quittés en serrant les mains. Tout était parfait. Mais certains énergumènes ont décidé de gâcher la fête dans les tribunes, ensuite à la sortie du terrain…

Cette sauvagerie gratuite est le principal ennemi du jeu. C’est un virus mortel, un cancer qu’il faut extirper du corps de notre football. Ce n’est pas seulement le boulot des services de sécurité ou des stadiers, les clubs ont aussi leur part de responsabilité.

Par Footix marocain
Le 04/05/2026 à 09h31