Le dernier rassemblement de mars, le premier sous la direction de Mohamed Ouahbi, a livré de premières indications sur le profil d’attaquant recherché en sélection nationale. Le technicien marocain privilégie un système dans lequel l’avant-centre n’est plus uniquement un point de fixation dans la surface adverse, mais un élément pleinement impliqué dans la construction. Sa philosophie repose sur un profil mobile, capable de décrocher et de faire preuve de justesse dans les petits espaces. Une approche qui redéfinit les critères et relance la concurrence.
Un trio offensif fragilisé
Longtemps installé à la pointe de l’attaque, Youssef En-Nesyri avance désormais sans certitudes. Transféré à Al-Ittihad lors du mercato hivernal, il n’a pas été convoqué lors de la dernière trêve, un signal fort dans une période où le sélectionneur est en quête d’un avant-centre. En conférence de presse, Mohamed Ouahbi avait évoqué «un choix technique», sans plus de précisions. Avec 6 buts et 1 passe décisive en 14 matchs, son absence relance le débat autour de sa place en sélection.
Lire aussi : Lions de l’Atlas: la défense, premier casse-tête pour Mohamed Ouahbi
Ayoub El Kaabi, lui, continue d’afficher une certaine régularité avec l’Olympiakos. Cette saison, il totalise 20 buts et 2 passes décisives en 36 matchs. Son profil de pur finisseur, associé à de solides qualités physiques, reste une valeur sûre, notamment face à des blocs bas. Reste à savoir si ce registre correspond pleinement aux exigences d’un système plus mobile et participatif.
De son côté, Sofiane Rahimi apporte davantage de polyvalence. Avec 10 buts et 2 passes décisives en 18 matchs avec Al-Aïn, il s’impose comme une option crédible dans un rôle hybride. Capable d’attaquer la profondeur, de permuter et de participer au jeu, son profil s’inscrit davantage dans les attentes actuelles. En sélection, toutefois, ses performances demeurent irrégulières malgré plusieurs opportunités.
Un profil en phase avec le système
L’animation offensive mise en place par «El Profesor» repose sur la densité axiale et les rotations, avec une recherche constante de déséquilibre de la défense adverse. Dans ce cadre, les attaquants capables de décrocher et de combiner prennent une importance particulière.
Yassir Zabiri s’inscrit dans cette logique. Déjà connu du sélectionneur depuis les U20, il possède les qualités pour intégrer ce système. Convoqué lors de la dernière trêve, il a toutefois été redirigé vers les U23. Transféré au Stade Rennais cet hiver, il n’a disputé que 39 minutes en 5 matchs, un temps de jeu encore trop limité pour prétendre à une place durable.
Une concurrence qui s’élargit
Derrière les profils les plus médiatisés, une nouvelle vague émerge et pourrait bousculer la hiérarchie.
Auteur d’une saison pleine en Ligue 2, Tawfik Bentayeb s’impose comme un candidat sérieux. Meilleur buteur du championnat avec 20 réalisations et 3 passes décisives sous les couleurs de Troyes, il affiche une efficacité qui ne passe pas inaperçue.
Lire aussi : Maroc-Equateur: les notes des Lions de l’Atlas
Même dynamique pour Yanis Begraoui, auteur de 19 buts et 2 passes décisives avec Estoril, ainsi que pour Younes Ebnoutalib, qui a inscrit 12 buts en Bundesliga 2 avant de rejoindre Francfort lors du mercato hivernal. Ce dernier commence à s’intégrer progressivement, avec déjà un but en 4 apparitions.
Sofiane Benjdida représente sans doute le meilleur produit local. Son profil surclasse aujourd’hui les attaquants du championnat national. Régulier et décisif, il compte 16 buts et 1 passe décisive avec le Maghreb de Fès, faisant de lui le meilleur attaquant de la Botola Pro.
Enfin, Ryan Mmaee reste un outsider crédible. Déjà passé par la sélection, il affiche des statistiques solides avec l’Omonia Nicosie (23 buts). Mais le niveau du championnat chypriote, ainsi que son éloignement du groupe ces dernières années, freinent sa réintégration.
Une attaque encore en construction
À la différence du milieu de terrain, l’attaque marocaine est toujours en chantier, à l’image de la défense, et n’a pas encore trouvé son équilibre. Le système impose des profils capables de s’inscrire dans un jeu collectif tout en restant décisifs dans les zones clés.
Lire aussi : Maroc-Paraguay: les notes de Mohamed Ouahbi et ses Lions
La question dépasse désormais le simple poste de numéro 9. Elle porte sur la capacité à s’intégrer dans une animation précise, à créer des décalages et à répondre aux exigences du très haut niveau.
À l’approche de la Coupe du monde 2026, la concurrence reste ouverte. Une certitude s’impose: en attaque, les places seront chères.
Youssef En-Nesyri. Adil Gadrouz















