Dans une soirée folle entre deux équipes aux armadas offensives sans pareilles, le Paris SG a brillé puis tremblé face au Bayern Munich, battu 5-4 mardi soir en demi-finale aller de la Ligue des champions, et qui peut encore rêver de renverser le champion en titre au retour.
Alors qu’ils menaient 5-2 après notamment deux doublés de Khvicha Kvaratskhelia et du Ballon d’Or Ousmane Dembélé, les Parisiens ont perdu la maîtrise de la rencontre, bousculés par les coéquipiers de Michael Olise et Luis Diaz, tous deux décisifs au Parc des Princes.
Pour rejoindre la finale à Budapest le 30 mai, les joueurs de Luis Enrique devront conserver leur mince marge mercredi prochain à l’Allianz Arena de Munich, sur la pelouse où ils avaient été sacrés l’an dernier lors d’une leçon de football face à l’Inter Milan (5-0).
Les Parisiens devront peut-être faire sans leur latéral Achraf Hakimi, visiblement touché à une cuisse en fin de match, mais qui n’a pas pu sortir du terrain, faute de remplacement disponible.
Loin de l’équipe de l’automne dernier dominée par le Bayern (2-1), les joueurs de Luis Enrique, débarrassés des pépins physiques du début de saison, ont cette fois parfaitement répondu à l’intensité énorme imposée par leur adversaire.
L’entraîneur belge du Bayern Vincent Kompany avait avant la rencontre évoqué « l’orage qui se présente » entre deux équipes portées vers l’offensive, ajoutant qu’« on ne sait jamais dans quel sens ça va aller ».
Ce sont d’abord d’étincelles dont s’est contenté un Parc en fusion, dans un premier quart d’heure tendu et sans occasion franche, où chaque équipe a lutté férocement pour la possession du ballon.
Les éclairs de Kvara et Olise
Mais la prévision de l’ancien défenseur d’Anderlecht et de Manchester City a vite pris forme, tant le talent des attaquants des deux camps a pris le dessus sur des défenses asphyxiées sur chaque phase de transition.
Bourreau des Parisiens en novembre avec un doublé, Diaz a profité des espaces de plus en plus béants de la défense parisienne, forçant Pacho à concéder un penalty (16e), converti par Harry Kane, pour son 53e but de la saison.
Olise, surveillé comme le lait sur le feu par Nuno Mendes et par les supporters parisiens dont les sifflets n’ont fait que trahir leur crainte à chacune de ses prises de balle, n’a lui pas tardé à faire parler son talent, seul le poteau (20e) ou Marquinhos (32e) empêchant un deuxième but bavarois.
Comme réveillé de sa torpeur par cette première estocade, le Paris SG a alors lui aussi fait peser le danger sur les cages de Manuel Neuer.
Homme des grands soirs, Khvicha Kvaratskhelia s’est chargé du premier éclair de la partie: servi par Désiré Doué, le Géorgien a déboulé sur son aile droite, largué Josip Stanisic, et après un crochet dévastateur, cloué Neuer sur place (24e, 1-1).
Libérés, les Parisiens ont alors poussé, et Joao Neves, d’une superbe tête décroisée sur un corner, a récompensé cette domination (33e, 2-1).
Irrationnel
Mais dans ce match de boxe entre poids lourd, le KO n’était pas encore là. Olise, décidément intenable, a remis les deux équipes à égalité, d’une frappe puissante au milieu d’une défense un peu passive (41e), avant que Dembélé ne replace les Parisiens devant sur penalty après une main d’Alphonso Davies (45e+4, 3-2).
Toujours étincelant malgré une alerte à une cuisse, +Kvara+, d’une reprise après un centre d’Hakimi (56e, 4-2), a permis au PSG de prendre le large, avant que Demébélé n’y aille lui aussi de son doublé (58e, 5-2), trompant Neuer avec l’aide du poteau.
Mais alors que les joueurs de Luis Enrique semblaient se diriger vers un nouveau triomphe après ceux contre Chelsea et Liverpool en 8es et en quart, leurs propres failles défensives sont venus les rattraper en plein vol, la soirée versant dans l’irrationnel.
Dayot Upamecano (65e, 5-3), de la tête sur un coup franc, a relancé les espoirs du Bayern Munich. Luis Diaz, auteur d’un énorme match, leur a donné corps, crochetant Marquinhos pour loger une frappe enroulée dans les cages de Safonov (68e, 5-4).
Epuisés par ce combat sans fin, les deux équipes ont levé le pied, non sans quelques frayeurs pour Paris, Matveï Safonov face à Olise (79e), et Pacho face à Joshua Kimmich (90e+4) empêchant le Bayern d’égaliser.
