Le Brésil est désormais derrière eux. Les éloges aussi. Après avoir impressionné la planète football lors de leur entrée en lice face à la Seleção (1-1), les Lions de l’Atlas sont de nouveau de sortie vendredi prochain à Boston avec un défi totalement différent. Face à eux, une Écosse moins prestigieuse que le Brésil mais probablement plus difficile à manœuvrer sur certains aspects du jeu.
Car le danger du rendez-vous écossais est précisément là: croire qu’il sera plus simple. En réalité, les hommes de Steve Clarke représentent un adversaire radicalement différent de celui affronté au MetLife Stadium. Moins talentueux individuellement, certes, mais plus direct, plus physique, plus pragmatique et surtout parfaitement à l’aise dans les rencontres fermées.
Pour Mohamed Ouahbi et son staff, le défi ne sera donc pas de résister à une domination adverse mais plutôt de trouver les solutions pour désorganiser un bloc compact qui n’aura aucun complexe à laisser le ballon au Maroc.
Une victoire contre Haïti qui cache plusieurs fragilités
Le premier enseignement du succès écossais contre Haïti (1-0) est qu’il ne faut surtout pas se fier au résultat. Les trois points sont là, mais le contenu est beaucoup moins impressionnant. Durant une bonne partie de la rencontre, les Écossais ont subi les débats. Haïti a terminé avec davantage de possession (54%), davantage de tirs (15 contre 9) et un volume offensif supérieur. Les hommes de Steve Clarke ont certes trouvé la faille grâce à John McGinn, mais ils ont ensuite passé de longues minutes à défendre leur avantage. Cette donnée est essentielle pour comprendre le profil de cette équipe.
L’Écosse ne cherche pas nécessairement à contrôler les rencontres. Elle accepte volontiers de souffrir, de reculer et d’attendre son adversaire dans un bloc médian ou bas. Contre Haïti, après l’ouverture du score, le pressing haut écossais a progressivement disparu. Les deux lignes de quatre se sont resserrées devant leur surface et les attaquants ont davantage travaillé pour fermer les angles de passe que pour récupérer le ballon. Cette faculté à défendre longtemps sans paniquer constitue sans doute la principale force du groupe de Steve Clarke.
Le véritable moteur écossais: les couloirs
L’analyse du premier match écossais confirme une tendance observée tout au long des éliminatoires. L’Écosse construit une grande partie de ses attaques sur les côtés. À gauche, Andy Robertson demeure le principal créateur. Le capitaine écossais monte constamment pour apporter la largeur et multiplier les centres.
À droite, Ben Doak apporte percussion et vitesse. C’est lui qui a été à l’origine de plusieurs situations dangereuses contre Haïti, notamment sur l’action du but. L’idée est simple: étendre le bloc adverse horizontalement, créer des situations de centre puis permettre à McTominay, McGinn ou à l’avant-centre de venir attaquer la surface.
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Ce football est moins spectaculaire que celui de nombreuses sélections européennes, mais il reste extrêmement efficace. Face à Haïti, presque toutes les occasions écossaises sont nées de situations similaires: centre de Robertson, percussion de Doak ou projection de McTominay.
Pour le Maroc, cela signifie que les latéraux auront un rôle fondamental. Hakimi et Mazraoui devront évidemment apporter offensivement, mais ils auront surtout la responsabilité d’empêcher Robertson et Doak d’installer leur jeu. Plus l’Écosse est contrainte d’attaquer dans l’axe, plus elle perd en efficacité.
McTominay, le joueur qui peut faire basculer le match
Si un nom doit attirer toute l’attention du staff marocain, c’est celui de Scott McTominay. Sur le papier, il évolue comme milieu de terrain. Dans les faits, il se comporte souvent comme un attaquant supplémentaire. Toute la subtilité de son jeu réside dans son timing. Contrairement à un avant-centre classique qui reste surveillé par les défenseurs centraux, McTominay surgit souvent de la deuxième ligne au moment exact où le ballon arrive dans la surface. Ses appels tardifs constituent l’une des principales armes offensives écossaises. Contre Haïti, il a encore multiplié les projections dangereuses.
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Durant les qualifications, il a régulièrement fait la différence grâce à cette qualité. La mission du double pivot marocain sera donc capitale. Neil El Aynaoui et Ayyoub Bouaddi devront non seulement assurer la première relance mais aussi surveiller les décrochages et les appels du milieu écossais. L’erreur serait de focaliser toute l’attention sur l’avant-centre et d’oublier l’arrivée de McTominay dans les espaces libres.
Une équipe qui souffre lorsqu’elle doit construire
L’absence de Billy Gilmour est probablement la plus mauvaise nouvelle pour Steve Clarke. Le milieu de Naples représentait le principal organisateur du jeu. Capable de casser les lignes par la passe et d’apporter de la fluidité à la construction, il était devenu une pièce essentielle du dispositif. Sans lui, l’Écosse apparaît beaucoup plus dépendante du jeu direct. Face à Haïti, plusieurs séquences ont mis en évidence des difficultés à ressortir proprement le ballon sous pression.
Le Maroc possède justement les profils capables d’exploiter cette faiblesse. Le pressing coordonné aperçu contre le Brésil pourrait à nouveau devenir une arme importante. Lorsque Brahim Diaz, Saibari et El Khannouss déclenchent ensemble la pression sur le porteur, l’Écosse risque de se retrouver rapidement obligée d’allonger. Et c’est précisément ce que recherche le Maroc.
Le piège Robertson
Mais l’autre clé du match pourrait se trouver dans le dos du capitaine écossais. Robertson demeure l’un des meilleurs latéraux offensifs du football européen. Sa qualité de centre est exceptionnelle. Le problème pour l’Écosse est que chacune de ses montées crée un espace potentiellement exploitable derrière lui.
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Face à Haïti, plusieurs transitions ont mis en difficulté son couloir. Le Maroc possède probablement les armes idéales pour punir ce type de déséquilibre. Hakimi adore attaquer les espaces. Brahim Diaz excelle lorsqu’il peut conduire le ballon vers une défense désorganisée. Et Saibari est capable de se projeter rapidement dans les demi-espaces.
Chaque récupération haute pourrait donc devenir une opportunité de frapper dans le dos du latéral écossais. C’est probablement là que se situe l’une des principales failles de cette équipe.
Pourquoi le Maroc doit garder le ballon
Face au Brésil, le Maroc a montré qu’il pouvait rivaliser dans les phases de transition. Contre l’Écosse, la problématique sera différente. Les Lions devront être capables d’imposer le tempo. Plus la rencontre sera hachée, physique et aérienne, plus elle favorisera les Écossais. À l’inverse, un match rythmé par les déplacements de Brahim, les décrochages d’El Khannouss, les orientations de Bouaddi et les montées de Hakimi avantagera les Lions.
L’objectif sera d’obliger le bloc écossais à courir latéralement, multiplier les changements de côté, déplacer McTominay et McGinn et faire sortir les défenseurs centraux de leur zone de confort. En résumé, empêcher l’Écosse de défendre exclusivement dans sa surface.
Un match plus compliqué qu’il n’y paraît
La victoire écossaise contre Haïti a confirmé ce que les qualifications avaient déjà montré. Cette équipe n’est pas dominante, concède des occasions et souffre parfois dans la maîtrise du ballon. Cependant, elle possède deux qualités extrêmement précieuses dans une compétition comme la Coupe du monde: la résilience et l’efficacité. L’Écosse sait gagner des matchs qu’elle ne maîtrise pas totalement. C’est précisément ce qui la rend dangereuse.
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Pour les Lions de l’Atlas, la clé sera donc de reproduire la rigueur affichée face au Brésil tout en ajoutant davantage de maîtrise dans le dernier tiers du terrain. Si le Maroc impose sa supériorité technique, contrôle les courses de McTominay et exploite les espaces laissés par les latéraux écossais, les hommes de Mohamed Ouahbi disposent de tous les arguments pour prendre l’ascendant.
Mais s’ils acceptent un combat exclusivement physique, fait de centres, de duels et de deuxièmes ballons, l’Écosse aura alors réussi à emmener le match exactement là où elle le souhaite.








