La première course de l’histoire sur le Madring n’aura pas été +mad+ (folle). Hormis un départ animé, elle a même frustré les spectateurs sevrés de spectacle, mais le pilote Mercedes, qui découvrait comme le reste du paddock ce tracé semi-urbain, n’en a cure.
Deuxième sur la grille, il a bénéficié d’un coup de pouce du destin grâce à une voiture de sécurité virtuelle (VSC) intervenue quelques secondes trop tard pour le Britannique Lando Norris (McLaren), ce qui lui a permis de s’imposer. Sa huitème victoire en 14 épreuves cette saison.
«Lando méritait de gagner. J’aurais terminé deuxième voire troisième sans la VSC. Je prends cette victoire, je suis content, mais ce n’est pas la façon dont j’aime gagner», a souligné Antonelli.
Norris piégé
Norris, qui s’était élancé en pole position après avoir réalisé un dernier tour incroyable en qualifications samedi, comptait déjà six secondes d’avance sur Antonelli et douze sur le Néerlandais Max Verstappen (Red Bull), quand le Canadien Lance Stroll (Aston Martin) s’est immobilisé au virage 20 après avoir raté son freinage.
Le champion du monde en titre, qui venait de dépasser l’entrée des stands, a été piégé et quand il s’est arrêté à la fin du tour suivant, la voiture de sécurité virtuelle n’était plus en vigueur et en plus, ses mécaniciens ont perdu cinq secondes pour retirer sa roue avant droite.
«On a été incroyablement malchanceux aujourd’hui. Ça fait partie de la course automobile, mais c’est très frustrant car c’est la première fois que je perds une victoire comme ça alors que je pense que je méritais de l’emporter», a déploré l’Anglais.
Antonelli, lui, a passé plus de la moitié de la course derrière Charles Leclerc (Ferrari), qui ne s’était pas arrêté durant la VSC en espérant qu’un autre incident se produirait durant la course.
Mais à dix tours de l’arrivée, le Monégasque a dû changer de pneus, ouvrant la voie royale à un nouveau succès de l’Italien.
Imperméable à la pression
Une semaine après son triomphe à domicile, après une folle remontée depuis la 19e place à Monza qui a démontré -s’il en était besoin- toute l’étendue de son talent, le natif de Bologne, semble en plus avoir la chance du champion.
Résultat des courses: Antonelli a pris 15 points supplémentaires à son coéquipier britannique George Russell, seulement cinquième dimanche, et compte désormais 81 unités d’avance en tête du championnat, alors qu’il ne reste que neuf Grands Prix à disputer au maximum. Peut-être moins, si la guerre au Moyen Orient venait à entraîner l’annulation des GP du Qatar et d’Abou Dhabi en fin d’année.
Le pilote Mercedes, qui vient d’enchaîner cinq podiums consécutifs dont trois succès, apparaît de plus en plus intouchable et semble complètement imperméable à la pression.
«Mon père m’aide à garder les pieds sur terre. Je veux juste continuer à aborder les courses les unes après les autres et à prendre du plaisir en pilotant sans penser au titre. On verra en fin de saison où je termine», a martelé l’Italien.
Verstappen, 3e à Madrid, et Norris, qui ont remporté les cinq dernières couronnes mondiales, semblent déjà voir en Antonelli leur digne successeur.
«Il doit juste continuer comme cela. Il gagne en expérience chaque week-end, il réalise une saison incroyable, il est efficace, il est en confiance donc il n’a aucune raison de stresser», a souligné le Néerlandais.
«Je n’ai aucun conseil à donner à Kimi. Il fait un travail fantastique et réalise une saison phénoménale», a ajouté Norris.
La question qui se pose désormais de plus en plus dans le paddock n’est pas de savoir si Antonelli va devenir champion du monde, mais plutôt quand il sera sacré, tant les planètes s’alignent devant l’Italien à chaque GP.
