Le directeur des Communications du CF Montréal et analyste football pour Réseau des sports (RDS), Hassoun Camara, livre son regard sur les principaux enjeux du huitième de finale entre le Maroc et le Canada. Il évoque notamment l’évolution des Lions de l’Atlas, la perception de la sélection marocaine au Canada ainsi que les clés tactiques de cette affiche.
Le360 Sport: Le Maroc et le Canada se retrouvent pour la troisième fois en dix ans, après la rencontre en 2016 puis celle de la phase de groupes de la Coupe du monde 2022. Aujourd’hui, les deux sélections s’affrontent en huitième de finale. Quel regard portez-vous sur l’évolution des Lions de l’Atlas et sur la dimension qu’ils sont prise sur la scène internationale?
Hassoun Camara: Le Maroc a connu une progression remarquable au cours de la dernière décennie. En 2016, on parlait d’une sélection ambitieuse en reconstruction. Aujourd’hui, on parle d’une nation qui s’est installée parmi les références du football mondial.
Son parcours historique jusqu’en demi-finale de la Coupe du monde 2022 a changé le regard de toute la planète sur les Lions de l’Atlas. Depuis, le Maroc a confirmé qu’il ne s’agissait pas d’un exploit isolé, mais du résultat d’un projet structuré, avec des joueurs évoluant dans les plus grands clubs européens et une identité de jeu très claire.
Au Canada, il y a un immense respect pour cette équipe. Le sélectionneur Jesse Marsch l’a lui-même souligné en affirmant que le Maroc faisait désormais partie des grandes nations du football international et représentait l’un des défis les plus exigeants de cette Coupe du monde.
Comment ce huitième de finale est-il perçu au Canada? Les médias et les supporters considèrent-ils le Maroc comme l’un des adversaires les plus redoutables que pouvait affronter la sélection canadienne à ce stade de la compétition?
Dans les médias canadiens, le Maroc est généralement présenté comme l’un des adversaires les plus redoutables que le Canada pouvait rencontrer à ce stade de la compétition. Plusieurs observateurs rappellent que les Lions de l’Atlas figuraient parmi les meilleurs nations mondiales au début du tournoi et qu’ils restent sur plusieurs performances convaincantes, notamment face au Brésil en phase de groupes puis contre les Pays-Bas en seizième de finale.
Cela dit, il n’y a aucun complexe d’infériorité. Le Canada a lui aussi énormément progressé grâce à des joueurs comme Alphonso Davies, Jonathan David ou Stephen Eustáquio. L’idée est que cette a gagné le droit de rivaliser avec n’importe quelle sélection.
Sur le plan tactique, quelles seront selon vous les principales clés de cette rencontre? Quels secteurs du jeu ou quels duels pourraient faire basculer le match?
La première clé en sera la gestion des transitions. Le Maroc excelle lorsqu’il récupère le ballon et se projette rapidement vers l’avant. Avec des joueurs comme Achraf Hakimi, Ismael Saibari ou Soufiane Rahimi, cette équipe est capable de faire très mal dans les espaces.
Du côté canadien, la capacité à imposer en pressing agressif et à exploiter la vitesse de ses joueurs offensifs sera essentielle. Le Canada cherchera probablement à mettre beaucoup d’intensité physique et à créer des situations du un contre un les côtés.
Un autre élément déterminant sera la bataille du milieu de terrain. Les deux équipes aiment jouer rapidement vers l’avant, mais celle qui parviendra à contrôler le rythme de la rencontre et à limiter les pertes de balle dans l’axe prendra un avantage important.
Quelles sont, selon vous, les principales forces de cette sélection canadienne?
Le Canada peut compter sur plusieurs joueurs offensifs capables de faire la différence à tout moment. Jonathan David est l’un des meilleurs buteurs de l’histoire de la sélection. Cyle Larin réalise aussi une excellente compétition, tandis que Tajon Buchanan reste particulièrement dangereux grâce à sa capacité à éliminer dans les un contre un.
Promise David et Tani Oluwaseyi apportent également beaucoup de profondeur et offrent différentes solutions offensives.
Même s’il revient de blessure, Alphonso Davies demeure l’un des joueurs les plus dangereux du continent grâce à sa vitesse et à sa capacité à éliminer.
Mais au-delà des qualités individuelles, c’est surtout la mentalité qui habite cette équipe. Les joueurs veulent vraiment réaliser une grande performance, sans complexes.
Quels sont les joueurs marocains les plus connus ou les plus suivis au Canada?
Achraf Hakimi est évidemment le joueur marocain le plus connu. C’est une véritable vedette du Paris Saint-Germain et beaucoup de jeunes s’identifient à lui, à sa capacité à redoubler les efforts ainsi qu’à sa mentalité.
Il y a aussi Yassine Bounou, qui est un Québécois dans le coeur des amateurs de football ici.
Yassine Bounou est né à Montréal et le Canada compte une important diaspora marocaine, notamment au Québec. Cette affiche revêt-elle une saveur particulière pour le public canadien? Quel type d’ambiance attendez-vous autour de cette rencontre?
C’est rare d’avoir un huitième de finale de Coupe du monde avec deux gardiens québécois: Yassine Bounou et Maxime Crépeau, formé à l’académie du CF Montréal.
La population attend ce match avec impatience. Il y a une belle communauté marocaine qui peut vivre et partager cette ferveur. Il existe également des fan zone qui réunissent notamment les supporters des sélections africaines et nul doute qu’il y aura une belle fête, quel que soit le résultat.
Je voudrais aussi rajouté qu’en tant que dirigeant du CF Montréal aujourd’hui en MLS, nous sommes fiers de voir des joueurs formés au club comme Nathan Saliba, Mathieu Choinière ou Maxime Crépeau faire les beaux jours de la sélection canadienne.
