Maroc-Haïti: les notes de Coach Ouahbi et ses Lions

Mohamed Ouahbi.. 2026 Getty Images

Surpris d’entrée par une sélection haïtienne libérée de toute pression, les hommes de Mohamed Ouahbi ont su renverser la situation (4-2) pour valider leur qualification en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Entre le meilleur match d’Achraf Hakimi depuis le début du tournoi, la prestation de haut vol de Bilal El Khannouss et le coaching gagnant d’«El Profesor», voici les notes des Lions de l’Atlas.

Le 25/06/2026 à 01h41

Yassine Bounou (6): Peu sollicité durant la rencontre, il s’est incliné à deux reprises sur les deux véritables occasions haïtiennes. Il a toutefois signé une belle parade en deuxième mi-temps sur un coup franc adverse. S’il ne peut être tenu pour principal responsable, il confirme néanmoins une difficulté déjà aperçue face aux frappes lointaines. Une prestation moyenne.

Achraf Hakimi (8): Le capitaine a livré sa prestation la plus aboutie depuis le début de cette Coupe du monde. Omniprésent dans son couloir droit, il a constamment fait des différences grâce à ses montées et ses projections offensives. Buteur pour la première fois de sa carrière en phase finale d’un Mondial, il a également délivré une passe décisive à Ismael Saibari. Le latéral du PSG a été l’un des grands artisans du succès marocain.

Redouane Halhal (6,5): Aligné à la place d’Issa Diop, il a livré une prestation correcte. Solide dans les duels et rassurant dans le jeu aérien, il a rarement été mis en difficulté malgré les deux buts encaissés. Une sortie encourageante, qui confirme son statut d’option fiable dans la rotation du sélectionneur national.

Chadi Riad (6,5): Dans la continuité de ses précédentes prestations, il confirme une nouvelle fois sa régularité. Sérieux dans son travail défensif, juste dans ses relances et rarement pris à défaut, le défenseur central de Crystal Palace s’est également illustré en étant à l’origine du but de Soufiane Rahimi, grâce à une déviation sur corner.

Anas Salah-Eddine (5,5): Une prestation en retrait. S’il s’est montré juste dans ses transmissions, le latéral du PSV n’a pas eu l’influence espérée. Trop discret dans son couloir et moins rassurant défensivement, il a éprouvé des difficultés sur plusieurs situations. Sur le premier but haïtien, son intervention aérienne manque de maîtrise et laisse le ballon poursuivre sa trajectoire jusqu’au but.

Neil El Aynaoui (6): Moins en vue que face au Brésil et à l’Écosse, le milieu de terrain de l’AS Rome a semblé perdre certains repères en l’absence d’Ayyoub Bouaddi à ses côtés. Il a eu du mal à imposer son rythme dans l’entrejeu et, malgré quelques projections intéressantes vers l’avant, son influence sur le jeu est restée limitée.

Sofyan Amrabat (6,5): Une prestation correcte, marquée par son implication sur l’action du premier but marocain. S’il a parfois manqué de justesse dans ses déplacements et affiché quelques approximations à la relance, il s’est montré intéressant par la qualité de ses centres, qui ont permis d’étirer le bloc haïtien et de créer plusieurs décalages.

Ismael Saibari (7,5): Toujours présent dans les bonnes zones et généreux dans l’effort, il n’a cessé de proposer des solutions offensives. Auteur du but de l’égalisation juste avant la pause, le meilleur joueur de l’Eredivisie rejoint Youssef En-Nesyri en tête du classement des meilleurs buteurs marocains de l’histoire de la Coupe du monde avec trois réalisations. Malgré une grosse occasion manquée en première période, il confirme son excellent début de tournoi.

Brahim Diaz (5): Un match en deçà de ses standards. Trop brouillon dans les derniers mètres, il a manqué de justesse dans ses prises de décision et n’est jamais parvenu à faire la différence malgré plusieurs situations favorables. Il est également impliqué sur le deuxième but haïtien, son hésitation profitant à Wilson Isidor. Une soirée à oublier pour le joueur du Real Madrid.

Bilal El Khannouss (9): Le Marocain le plus à l’aise techniquement sur la pelouse. il a une nouvelle fois régalé par la qualité de ses contrôles, ses prises de balle et sa capacité à éliminer ses adversaires sous pression. Toujours disponible entre les lignes, il a constamment trouvé des solutions et créé le danger. Véritable chef d’orchestre des offensives marocaines, il a illuminé la rencontre par sa justesse et son inspiration.

Ayoub El Kaabi (5,5): Pour sa première titularisation dans ce Mondial, il n’est jamais parvenu à apporter le danger attendu d’un avant-centre. Très généreux dans l’effort, il a toutefois beaucoup travaillé pour le collectif grâce à son pressing et à ses nombreux appels. Une prestation discrète sur le plan offensif, à laquelle il n’a manqué qu’un geste décisif pour être pleinement récompensé.

Soufiane Rahimi (8): Longtemps critiqué depuis le début de la compétition, il a sans doute signé l’entrée qu’il attendait. Buteur puis passeur décisif en une vingtaine de minutes, l’attaquant d’Al Ain a changé le cours de la rencontre grâce à son intensité, sa justesse et son sens de l’opportunisme. Une entrée décisive qui pourrait bien marquer le véritable déclic de sa Coupe du monde.

Yassine Gessime (7): Entré en jeu pour les vingt dernières minutes afin d’apporter de la fraîcheur sur le flanc droit, il a rapidement affiché sa vivacité et sa disponibilité. Il a parfaitement suivi l’action de la dernière réalisation marocaine pour conclure le service de Soufiane Rahimi et inscrire le quatrième but des Lions de l’Atlas. Avec cette réalisation, il devient le plus jeune buteur marocain de l’histoire de la Coupe du monde.

Azzedine Ounahi, Noussair Mazraoui, Samir El Mourabet: Discrets après leur entrée de jeu, ils ont touché trop peu de ballons pour avoir une réelle influence sur la rencontre et faire l’objet d’une véritable évaluation.

Mohamed Ouahbi (8): Pour la première fois depuis le début du Mondial, le sélectionneur national a été mis sous pression par le scénario du match. Après avoir opté pour une rotation mesurée, il a su trouver les solutions au bon moment. Les entrées de Soufiane Rahimi et Gessime Yassine ont changé le cours de la rencontre et confirmé la pertinence de ses choix. Un coaching gagnant signé «El Profesor».

Par Omar Nabile
Le 25/06/2026 à 01h41