La diaspora, un vivier
Indépendant depuis 1975 après cinq siècles d’histoire coloniale portugaise, le petit archipel lusophone (4.033 km2, 525.000 habitants) situé au large des côtes sénégalaises peut compter sur une influente diaspora disséminée sur le continent européen et tout autour du globe.
La population cap-verdienne résidant à l’étranger, estimée entre 700.000 et 800.000 ressortissants, est ainsi largement supérieure à celle vivant sur le territoire national.
Si la plupart des cadres de la sélection sont nés dans l’archipel, comme le gardien Vozinha ou le capitaine Ryan Mendes, le Cap-Vert s’appuie sur douze joueurs nés à l’étranger. Les défenseurs Logan Costa et Steven Moreira, ainsi que l’ailier Willy Semedo, tous trois nés près de Paris. Cinq de leurs coéquipiers, eux, ont vu le jour à Rotterdam aux Pays-Bas, tandis que deux autres sont originaires du Portugal. Le défenseur Roberto Lopes vit lui à Dublin et ne parlait pas un mot de portugais avant d’être sollicité par la sélection.
«Bubista», le guide
Ancien capitaine de la sélection nationale, dont il a porté le maillot de 1991 à 2005, Pedro Leitao Brito (56 ans) dit «Bubista», du nom créole de son île natale de Boa Vista, est l’homme qui a guidé les Requins bleus à leur première Coupe du monde. Un « rêve» exaucé pour l’ex-défenseur devenu sélectionneur en 2020, qui s’était pris de passion pour le football en 1982 lors du Mondial en Espagne.
«À cette époque, il n’y avait qu’un seul téléviseur dans mon village (Povoaçao Velha), et il était pris d’assaut. J’avais été particulièrement marqué par l’Allemand Lothar Matthäus et deux joueurs brésiliens, Eder et Falcao», avait-il expliqué sur le site internet de la Fifa, en amont du Mondial-2026.
Invaincue lors de ses trois matches de poule, avec trois nuls dont un face à l’Espagne (0-0), championne d’Europe, la sélection insulaire avait auparavant réussi une performance notable sous la houlette de « Bubista » en se hissant en quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2023, égalant ainsi son meilleur résultat dans la compétition continentale.
Vozinha, le rempart
Gardien sans club à l’issue de son contrat à Chaves en deuxième division portugaise, Josimar José Évora Dias, dit «Vozinha», a été propulsé sous le feu des projecteurs à 40 ans. Il s’est mué en véritable héros lors du match inaugural de son équipe face à la Roja en repoussant sept tentatives espagnoles, avant de fondre en larmes au coup de sifflet final.
«J’ai pleuré parce que j’ai grandi avec mes grands-parents et malheureusement ils sont décédés il y a quelques années. Ils ont tout fait pour moi et ils n’étaient pas là. Ma mère aussi n’a pas pu venir à cause du visa», avait-t-il expliqué, en indiquant n’avoir pas «réussi à réunir à temps l’argent suffisant» pour lui permettre de le rejoindre aux États-Unis. Problème depuis résolu, grâce à l’exposition médiatique dont il a bénéficié.
Plus fou encore, alors qu’il comptait à peine 50.000 abonnés sur Instagram avant le début de la compétition, Vozinha est désormais suivi par plus de 17,5 millions d’utilisateurs... soit 33 fois la population du Cap-Vert!
