Viva España!

Rodri brandit le trophée aux côtés de ses coéquipiers après le sacre de la Roja face à l’Argentine en finale de la Coupe du monde 2026, le 19 juillet au MetLife Stadium, dans le New Jersey.

ChroniqueOn craignait que l’Argentine de Messi remonte sur le toit du monde par la grâce d’un joueur phénoménal. Ou que l’Espagne gagne en faisant appel, à son tour, à un joueur providentiel (Yamal). Il n’en fut rien. Et heureusement!

Le 20/07/2026 à 09h31

Il faut être fou pour contester la victoire finale de l’Espagne dans ce Mondial 2026. Bien sûr, les Ibériques faisaient partie d’un groupe de favoris, avec la France, l’Angleterre et l’Argentine. Mais ils ont souffert. En 2010, quand ils ont gagné leur premier trophée mondial, ils ont commencé leur campagne par une défaite face à la Suisse (0-1). Dans ce Mondial 2026, ils ont commencé aussi par buter contre le modeste Cap-Vert (0-0). Derrière, ils ont enchainé en donnant l’impression de grandir, match après match, dominant en finale une sélection argentine qui ne les a jamais fait douter.

Ce succès est remarquable parce qu’il ne repose sur aucun homme providentiel. L’Espagne ne possédait ni le meilleur joueur du tournoi (Messi, même si le titre est finalement revenu à Rodri), ni le meilleur buteur (Mbappé). Et encore moins le meilleur passeur (Olise). Et alors?

Le sélectionneur, Luis de la Fuente, n’a absolument rien d’un magicien. Il n’avait ni le sens de la gagne et le vécu d’un Deschamps, ni la roublardise d’un Ancelotti ou d’un Tuchel. Et il n’est pas dit qu’il disposait de l’effectif le plus complet de cette Coupe du monde. Et pourtant…

Une seule statistique suffit à résumer l’exploit de cette sélection espagnole. En huit matchs, elle n’a encaissé qu’un tout petit but. Personne n’a jamais fait mieux depuis la naissance de la Coupe du monde. L’Espagne n’a pourtant rien d’une équipe défensive. Mieux encore: elle ne compte aucun joueur d’impact, ses défenseurs (les Cubarsi, Laporte, Garcia) ne ressemblent absolument pas à des armoires à glace.

Sans véritable tour de contrôle derrière, sans vice et sans impact physique, l’Espagne ne possédait pas, non plus, un «avant-centre» dans le sens classique du terme. Oyarzabal, son meilleur buteur, est un faux-attaquant. Comme les autres joueurs offensifs, c’est un milieu et un joueur de ballon, capable de «dépanner» à tous les postes offensifs, à droite ou à gauche, sur le front de l’attaque ou entre les lignes.

Même Lamine Yamal, le joueur le plus doué de cette équipe et qui est absolument génial, n’a probablement pas joué au niveau où on l’attendait. Il était juste un élément parmi d’autres, un soldat au service d’un projet et d’une certaine idée du football.

Avec des joueurs techniques et fins, capables de se fondre dans une mécanique collective sans faille, solidaires et travailleurs, très humbles aussi, l’Espagne est redevenue championne du monde. En comptant d’abord sur les atouts naturels du joueur espagnol type, dont l’incarnation parfaite reste le maestro Rodri: un joueur de ballon, discipliné et intelligent, capable à lui seul ou presque de dicter sa loi à l’entrejeu adverse (sa masterclass face à la France, en demi-finale, restera un cas d’école).

On craignait que l’Argentine de Messi remonte sur le toit du monde par la grâce d’un joueur phénoménal. Ou que l’Espagne gagne en faisant appel, à son tour, à un joueur providentiel (Yamal). Il n’en fut rien.

C’est pour cela que la victoire de l’Espagne est une bonne nouvelle pour le football. C’est la consécration du travail collectif. Du gardien Simon à Ferran Torres, en passant par Cucurella, Porro, Olmo et tous les autres, chacun a incarné une certaine idée de l’excellence. Ils forment un beau et magnifique champion du monde.

Par Footix marocain
Le 20/07/2026 à 09h31