Mondial 2030: pas de finale en Espagne? La menace d’un retrait évoquée dans la presse

Les stades Hassan II, Santiago-Bernabéu et Camp Nou, candidats pour accueillir la finale du mondial 2030

Alors que l’Espagne multiplie les sorties pour obtenir la finale du Mondial 2030, le ton monte encore d’un cran. Sur le plateau d’El Chiringuito, des journalistes ont évoqué la possibilité d’un retrait espagnol de l’organisation si le dernier match de la compétition venait à être attribué au Maroc.

Le 02/09/2026 à 17h52

Après les récentes promesses de Pedro Sánchez, chef du gouvernement espagnol, d’œuvrer davantage pour obtenir la finale du Mondial 2030 à domicile, la pression s’affiche désormais au grand jour de l’autre côté de la Méditerranée. La question de la finale reste l’un des sujets favoris des coorganisateurs espagnols. Mais les dernières déclarations entendues sur le plateau d’El Chiringuito, émission populaire consacrée au football, montrent surtout que le ton a changé. Et que les précautions ne sont plus vraiment de mise.

Selon l’un des journalistes présents sur le plateau, «une ambiance de tension se fait ressentir». En Espagne, les prises de parole se sont multipliées ces derniers mois. Ministres, responsables politiques, dirigeants du football… Tous ont, à leur manière, plaidé pour que le plus grand match de la compétition se joue au Santiago Bernabéu ou au Camp Nou, les deux enceintes espagnoles candidates et surtout rivales du Grand Stade Hassan II de Casablanca.

Ces sorties n’ont rien d’anodin. Tous les arguments sont désormais bons pour défendre une finale à domicile. Pendant ce temps, sur l’autre rive de la Méditerranée, le Grand Stade Hassan II prend forme, loin du bruit médiatique espagnol. Pensée dans les moindres détails pour devenir la plus grande enceinte de football au monde, l’infrastructure avance: tribunes XXL, espaces VIP et VVIP répondant aux exigences de la FIFA, aménagements extérieurs, infrastructures environnantes et tout un écosystème conçu autour des grands événements internationaux. À Benslimane, le futur géant commence sérieusement à faire de l’ombre à Madrid et Barcelone.

«La Fédération a établi une feuille de route pour que la finale se dispute à Madrid, en Espagne. Et si ce n’est pas le cas, je pense qu’il pourrait y avoir des conséquences importantes lors de cette Coupe du monde. La Fédération, je pense, se prépare à tous les scénarios», explique l’un des journalistes d’El Chiringuito.

Un autre va encore plus loin et évoque ouvertement un scénario jusqu’ici difficilement imaginable: un retrait espagnol de l’organisation. «Si la finale est au Maroc, l’Espagne se retire de l’organisation de la Coupe du monde. C’est quelque chose qui est envisagé par la Fédération», affirme-t-il.

La RFEF, de son côté, n’a jamais caché ses ambitions concernant la finale. Son président, Rafael Louzán, avait récemment adressé un message clair au gouvernement espagnol, l’appelant à s’impliquer davantage dans ce dossier.

Mais au-delà de la bataille pour la finale, un autre élément interpelle dans les échanges sur le plateau d’El Chiringuito: la manière dont certains semblent percevoir la place de l’Espagne au sein de cette candidature tripartite avec le Maroc et le Portugal. Au fil du débat, les deux autres pays hôtes paraissent presque relégués au second plan dans une organisation pourtant commune.

«Le pays qui porte le poids de l’organisation de cette Coupe du monde, c’est l’Espagne. La FIFA va dépendre de l’Espagne pour organiser le Mondial», avance ainsi l’un des intervenants.

Une affirmation qui tranche avec la réalité d’une candidature portée par trois pays. La FIFA ne «dépend» pas d’un seul acteur dans une organisation conjointe. Le Maroc, l’Espagne et le Portugal sont les trois pays hôtes du Mondial 2030 et chacun dispose de ses propres villes, stades et infrastructures destinés à accueillir la compétition.

Quant à la finale, son attribution ne se décide ni sur un plateau de télévision ni à coups de déclarations politiques. Le choix appartient à la FIFA, après évaluation des différentes candidatures et des critères imposés pour accueillir un rendez-vous de cette dimension.

Reste alors la menace d’un éventuel retrait espagnol. Si un tel scénario devait réellement dépasser le cadre des déclarations télévisées pour devenir une option officielle, Madrid ne pourrait évidemment pas claquer la porte du Mondial 2030 sans conséquences. Après des années de candidature commune, d’engagements auprès de la FIFA et de préparatifs déjà lancés, un désengagement aurait nécessairement des répercussions sportives, financières et administratives. Et elles pourraient être particulièrement lourdes.

Par Magda Soltani
Le 02/09/2026 à 17h52