Barça-Al Ahly: des supporters égyptiens brutalisés au Camp Nou, mauvaise publicité pour le Mondial 2030

Barça-Al Ahly: des supporters égyptiens brutalisés par la police espagnole

Les récentes violences de la police catalane à l’encontre des supporters égyptiens lors du Trophée Joan Gamper au Camp Nou lors du match FC Barcelone- Al Ahly d’Égypte (2-1), sont aussi choquantes qu’elles soulèvent de vives interrogations sur la capacité organisationnelle des Espagnols à l’approche du Mondial 2030.

Le 20/08/2026 à 14h36

Au Camp Nou de Barcelone, la soirée de mercredi, avec le Barça face à Al Ahly lors du Trophée Gamper, aurait pu être un bel affrontement. Un match inédit dans l’histoire du trophée entre le club espagnol et un club égyptien. Mais il a été entaché par des incidents dans les tribunes, et pas n’importe lesquels.

Sur les nombreuses vidéos partagées sur les réseaux sociaux, des Mossos catalans (forces de l’ordre en Catalogne, NDLR) et des agents de sécurité du stade, alors que le match touchait à sa fin, assènent de violents coups de matraque et repoussent brutalement des groupes de supporters d’Al Ahly présents dans la tribune Sud, derrière l’un des buts, avant de les diriger vers la sortie.

Le média catalan Sport avait déjà expliqué les dessous de cette intervention musclée, avançant que le conflit serait né entre des supporters barcelonais placés derrière les groupes égyptiens, mécontents après le déploiement d’une banderole des supporters adverses, qui les aurait empêchés de voir correctement le match.

Le média avait également précisé que les banderoles égyptiennes n’arboraient aucun message discriminatoire ou violent.

De quoi rendre cette intervention musclée, presque démesurée, d’autant plus interpellante, surtout lorsqu’elle fait écho à un précédent récent: le match amical entre l’Espagne et l’Égypte disputé en mars 2026.

«Qui ne saute pas est musulman»

En pleine préparation du Mondial 2026, les deux équipes s’étaient affrontées sur la pelouse du RCDE Stadium de Cornellà de Llobregat. Et avant même le coup d’envoi, l’hymne national égyptien avait été largement sifflé par une partie du public local.

Quelques minutes plus tard, ces mêmes supporters s’adonnaient à un chant, «Musulmán el que no salte», «celui qui ne saute pas est musulman», provoquant une vague d’indignation sur la place du racisme dans le football, mais surtout sur celle qu’il occupe dans les tribunes espagnoles.

Le match Espagne-Égypte vient ici rappeler une nouvelle fois que dans les tribunes ibériques, si ce ne sont pas les chants discriminatoires ou racistes, les jets de bananes ou encore les projectiles visant un joueur non espagnol, la polémique n’est jamais bien loin. Et le match du Barça contre Al Ahly en est une nouvelle illustration.

Ce nouvel épisode permet surtout de poser une question encore une fois: des événements similaires pourraient-ils avoir lieu lors de la Coupe du monde 2030, partagée entre le Maroc, l’Espagne et le Portugal?

Le Mondial 2030 face à ses propres interrogations

La question est légitime, tant les incidents dans les enceintes de football continuent de se produire en Espagne. Les campagnes contre la haine sont là, tout comme les indignations des médias et des politiques, notamment lorsque des chants anti-musulmans avaient éclaté dans les tribunes de l’Espanyol. Mais le constat demeure. Le chaos dans les tribunes espagnoles n’a pas disparu.

Et lorsqu’une question centrale se pose autour de la finale du Mondial 2030, tiraillée entre les différents stades candidats au Maroc comme en Espagne, les doutes deviennent encore plus légitimes. Surtout que le Camp Nou de Barcelone est candidat pour accueillir le match le plus important de la compétition, en rivalité avec le Grand Stade Hassan II de Casablanca, et même avec le Santiago Bernabéu de Madrid.

Un problème récurrent, qui semble même prendre de l’ampleur. Les quelques dizaines de supporters égyptiens pris à partie et repoussés à coups de matraque au Camp Nou posent ainsi une question qui dépasse largement le cadre du Trophée Gamper, l’Espagne est-elle réellement prête à accueillir un Mondial, voire même une finale, où des supporters venus du monde entier se retrouveront dans ses stades?

Par Magda Soltani
Le 20/08/2026 à 14h36