Amis aoûtien(ne)s du Maroc et d’ailleurs, vous profitez de vacances méritées. Plage, montagne, farniente, parties de cartes interminables. Vous scrollez le soir seulement. Prenez votre temps, mais restez connectés à l’actualité de vos clubs et de vos joueurs. Faites le plein d’infos sur le Mercato… ou sur le Moroccoto. La distinction est essentielle: ce n’est ni le même sport, ni le même univers.
Vous soutenez des clubs différents, c’est normal. Mais dès qu’il s’agit des Lions de l’Atlas, vous êtes tous derrière la même bannière. Et vous ne devez manquer aucune rumeur concernant nos joueurs les plus bankables.
Le Moroccoto, ce sport parallèle
La telenovela Bouaddi–Manchester City enflamme déjà la toile. Les chiffres donnent le vertige: le transfert du jeune prodige du LOSC devrait avoisiner les 100 millions d’euros, hors bonus. De son côté, Ismael Saibari a anticipé. Le Bayern a bouclé son arrivée bien avant le Mondial pour 55 millions d’euros. Affaire propre, anticipée, gagnant-gagnant. Deux opérations rondement menées.
D’autres dossiers ont du plomb dans l’aile. Trois, précisément: Ounahi, Amrabat et Aguerd. Ces trois cas relèvent pleinement du Moroccoto: le mercato parallèle, celui des rumeurs qui s’enchaînent, des grands noms qui circulent et des destinations annoncées qui, presque jamais, ne correspondent au voyage final.
Les châteaux en Espagne du mercato
Depuis 2022, Sofyan Amrabat est coutumier des transferts qui s’étirent jusqu’à la dernière seconde… et qui le mènent ailleurs que là où les oracles l’avaient promis. Barça, Juventus, Atlético: les destinations défilent, le colt médiatique crépite, puis le ballon de baudruche fait pshiit. Amrabat, lui, se retrouve ailleurs. Prêt à Manchester United, passage éphémère à Fenerbahçe le temps de Mourinho, puis Betis où le club n’a pas levé l’option d’achat. Retour sur les bords du Bosphore. La suite pourrait s’écrire à Al-Ittihad. Et comme le disent certains supporters: tout ça pour ça.
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Le cas Azzedine Ounahi lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Intermittent du spectacle à l’OM, «Nhila» a plus souvent brillé par ses highlights que par sa régularité. Jugé insupportable sur la Canebière, un peu plus tolérable à Girona, il se retrouve en rade après la relégation du club catalan. Il a attendu le Mondial pour trancher. Encore une décision au rabais. On a entendu parler de Manchester City, puis d’un mirage barcelonais pour remplacer un Frenkie de Jong indisponible. Deux châteaux en Espagne évaporés. Reste l’Ajax, en pleine austérité, ou une éventuelle offrande saoudienne. Girona estime le joueur à 25 millions d’euros, somme que les Néerlandais jugent excessive. Les malheurs d’Ounahi pourraient faire le bonheur d’Abdellah Ouazane. Chacun sa vie, chacun son chemin.
Reste l’énigme Nayef Aguerd. Joueur d’une élégance incontestable, progressivement perçu comme un «joueur de cristal». Les douze derniers mois ont été cruels: passage à l’OM gâché par une pubalgie et une lourde opération, forfait lucide pour le Mondial 2026, puis feuilleton estival autour d’un retour avorté à la Real Sociedad. Un prêt payant était ficelé. Face aux rumeurs de visite médicale ratée, Aguerd a pris la parole sur Instagram. Sa version: la visite a été validée. Le deal s’est brisé sur le protocole de reprise. Les Basques voulaient un joueur capable d’enchaîner 90 minutes immédiatement ; lui réclamait une montée en charge progressive. Mise au point nécessaire, mais qui révèle le malaise d’un international obligé de faire du service après-vente sur les réseaux pour rattraper des négociations mal préparées.
Dans ces trois dossiers, la telenovela de l’été risque de se prolonger. Ne soyez pas surpris si ces Lions ne connaissent leur feuille de route qu’à votre rentrée. Et vous découvrirez peut-être que chacun a fini par céder à un choix purement financier, dans la pure lignée des aventures de Tintin au pays de l’Or Noir.
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À moins qu’un agent qui leur veuille vraiment du bien ne les oriente autrement. Qu’il leur rappelle qu’un projet sportif solide vaut parfois mieux qu’un gros chèque.
Quand le mercato devient un métier référencé
Le mercato ne fonctionne pas comme le marché du travail ordinaire. On ne répond pas à une petite annonce. On ne rédige pas de lettre de motivation. Ici, on négocie, on bluffe, on pousse les enchères. On signe… ou on ne signe pas. Tout est affaire de doigté et de finesse du négociateur.
Il faut aussi le dire sans langue de bois: le passeport et la consonance du nom pèsent d’un poids invisible mais réel. Si Azzedine Ounahi s’était appelé «Ounahinho», sa vista aurait un marché plus vaste. Si Sofyan Amrabat avait porté un «Van» devant son patronyme, certaines portes se seraient entrouvertes plus facilement. Si Nayef Aguerd avait eu une consonance slave, l’affaire avec la Real Sociedad aurait sans doute mieux résisté. À talent égal, les préjugés culturels et le marketing de l’origine continuent de faire pencher la balance.
Plan de carrière ou «hmiza» d’un soir?
C’est précisément là qu’intervient la différence fondamentale entre un véritable agent — ou une agence structurée — et un simple intermédiaire, un proche ou un courtier de passage dont la seule boussole est la «hmiza» de l’été. D’un côté, un plan de carrière. De l’autre, une hmiza d’un soir.
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Un grand agent est là pour tordre le cou à ces biais et imposer la valeur athlétique pure au-dessus des étiquettes. Trop souvent, le représentant de nos internationaux se résume encore à un ami d’enfance ou à un intermédiaire pressé de toucher sa commission. L’agent certifié, lui, agit comme un véritable gestionnaire de patrimoine sportif: structure, relais, stratégie de long terme.
Ce déficit de professionnalisme explique une partie des impasses et des dévaluations que l’on observe. À l’inverse, regardez les trajectoires de ceux qui se sont entourés d’écuries chevronnées. Achraf Hakimi, guidé par Alejandro Camaño (Footfeel), du Real Madrid à l’Inter puis au PSG. Noussair Mazraoui, sous la bannière de Raiola, d’Ajax à Bayern puis Manchester United, sans décote ni fin de mercato au rabais.
Nos Lions de l’Atlas ont un talent immense. Mais certains doivent d’urgence assainir leur entourage. Un proche ou un chasseur de primes ne remplacera jamais un manager de carrière. Le talent ouvre les portes des grands clubs. Seule une gestion professionnelle permet de s’y maintenir… et d’y marquer l’histoire. À bon entendeur.
Bonnes vacances à tous… et gardez un œil discret sur vos téléphones. Dans le Moroccoto, les alertes pleuvent souvent. Et cette année plus que jamais, la différence se jouera entre ceux qui auront choisi un plan de carrière… et ceux qui se contenteront d’une «hawta» d’un soir.
