Le Dr Gustavo Di Niro déposait à San Isidro (nord de Buenos Aires) au procès de la mort de l’idole du football argentin. Sept professionnels de santé, parmi lesquels un neurochirugien médecin de confiance, un psychologue, des infirmiers, y sont jugés pour négligences potentiellement fatales.
«Avant la mort d’un patient, il y a toujours des éléments qui permettent d’avertir. On aurait dû avoir une alerte, ce qui amène à changer la conduite», a déclaré Di Niro, qui était membre de l’imposante (22 membres) Commission médicale interdisciplinaire créée par la justice en 2021 sur le cas Maradona.
Pourtant «l’équipe médicale traitante ne l’a pas fait», a-t-il ajouté.
«Si on constate, si on suppose chez un patient qu’il peut être en train de présenter une dysfonction d’organes et une insuffisance cardiaque, on augmente le niveau de complexité et on le transfère dans un environnement adapté, ce qu’une hospitalisation à domicile n’est pas», a-t-il asséné.
Dans le cas de Maradona, aux lésions cardiaques préexistantes, avec les œdèmes, l’accumulation de liquide dans le corps, la mort n’a pas été un phénomène subit, mais plutôt un «événement subaigu ou chronique», a-t-il soutenu.
Une position qui met à mal la ligne de défense de certains accusés pour qui le décès, soudain, était inéluctable.
Maradona, 60 ans, a été retrouvé mort le 25 novembre sur son lit d’une résidence louée pour une convalescence post-opératoire. Il est décédé d’une crise cardiorespiratoire couplée à un œdème pulmonaire. Après, selon des témoignages d’experts, une agonie de plusieurs heures.
Mardi déjà, Carlos Cassinelli, un légiste figure éminente de la commission médicale sur le cas Maradona, avait énuméré une série de «signaux d’alarme» qui avaient été ignorés par l’équipe médicale: œdèmes, souffle court, signes d’hypertension, de tachycardie.
«La dégradation a été progressive (...) Au moins une dizaine de jours (avant la mort). L’alerte aurait pu être donnée», avait-il insisté.
Les professionels de santé jugés encourent jusqu’à 25 ans de prison, mais nient toute responsabilité. La plupart invoquent leur spécialité, leur rôle segmenté, sans lien direct avec les causes cliniques de la mort.
Le procès devrait s’étirer au-delà d’août.
