Au sein de la FIFA, des cadres prennent leurs distances avec Infantino

Gianni Infantino, président de la FIFA. 2026 Getty Images

D’Arsène Wenger au secrétaire général Mattias Grafström, des voix s’élèvent jusqu’au sein de la FIFA pour prendre des distances avec le président Gianni Infantino, principal défenseur d’un projet finalement avorté d’ouverture aux investisseurs privés, et candidat à sa réélection en mars.

Le 04/08/2026 à 15h21

«La décision de retirer le projet était absolument nécessaire et incontestable», a déclaré mardi Arsène Wenger, actuel directeur du développement du football mondial au sein de l’instance, à propos du projet controversé de la FIFA de créer une société commerciale (la Fifa Forward Enterprise, FFE).

Le Français, à la FIFA depuis 2019, dit dans un communiqué «fermement croire à une Fifa indépendante, qui sert le football avec engagement, transparence, et intégrité».

«Je n’étais pas impliqué dans ce projet dont j’ai appris l’existence dans la presse», ajoute l’ancien entraîneur emblématique d’Arsenal, qui est également conseiller technique au sein de l’Ifab, l’instance qui régit les lois du foot.

Présenté à la surprise générale mardi dernier après qu’il a été révélé par la presse, le projet défendu par Infantino, qui a toujours affirmé sa volonté de «libérer le potentiel commercial» du football, a finalement été retiré dans la nuit de vendredi à samedi face à l’opposition de nombreux acteurs du foot, dont la confédération européenne (UEFA).

«Les individus passent»

Wenger n’est pas le seul au sein de l’instance qui gère le foot mondial à avoir pris ses distances avec ce projet, mais aussi avec Infantino, y compris parmi son entourage.

Dans un mail envoyé mardi aux salariés de la FIFA et consulté par l’AFP, le secrétaire général de l’instance Mattias Grafström a regretté «une série d’événements tristes et condamnables», qui ont «heureusement abouti à l’abandon permanent» du projet.

«Les individus, les moments d’instabilité et les épisodes malheureux passent», souligne Grafström, ancien chef de cabinet d’Infantino lors de l’accession de ce dernier à la présidence en 2016, et qui est devenu secrétaire général de l’instance en 2024.

«L’institution, sa mission et sa responsabilité envers le football continuent», ajoute-t-il.

Avant lui, un autre proche d’Infantino avait dit s’opposer «catégoriquement» à ce projet: son conseiller principal Carlos Cordeiro, lui-même ancien banquier d’affaires. Il a démissionné vendredi, jugeant que le projet était « une mauvaise chose pour l’avenir à long terme du jeu».

Cette contestation au sein même de la FIFA vient s’ajouter aux pressions extérieures, venant notamment de la puissante UEFA mais aussi de la Concacaf (confédération nord-américaine et des Caraïbes), qui après avoir torpillé le projet de FFE, ont critiqué directement Infantino.

L’UEFA envisage des poursuites

La Concacaf a ainsi demandé la semaine dernière une «mise à plat complète» de la gouvernance du président de la FIFA, alors que l’UEFA, qui avait brandi la menace d’un boycott des Coupes du monde pour avoir gain de cause, a dit avoir «perdu confiance» en Infantino.

Dans une lettre envoyée vendredi à la Fifa et consultée par l’AFP, l’UEFA «notifie officiellement qu’elle envisage activement d’engager une action en justice».

Dans ce but, l’instance européenne demande d’«identifier, localiser et conserver tous les documents et informations stockées électroniquement» au sujet de la FFE, afin de ne pas détruire ou modifier d’éventuels éléments pouvant nourrir une procédure judiciaire.

Dans cette même lettre, l’UEFA estime qu’un certain nombre de personnes, «en raison de leurs fonctions et de leur participation au plan FFE», sont susceptibles de détenir des documents pertinents et exige que ceux-ci soient conservés. Parmi les noms cités: Mattias Grafström et Arsène Wenger.

Malgré ces pressions, Infantino est loin d’avoir perdu la partie pour le scrutin de mars 2027 à Rabat, où il est pour l’instant le seul candidat déclaré à sa réélection.

Si l’Italo-Suisse de 56 ans a besoin d’une majorité des 211 fédérations membres pour décrocher un nouveau et dernier mandat de quatre ans, jusqu’ici, seulement quatre fédérations, toutes européennes (Finlande, pays de Galles, Serbie, Suède) lui ont retiré leur soutien.

Par Le360 (avec AFP)
Le 04/08/2026 à 15h21