À deux journées du terme, on ignore toujours l’identité du champion. Cinq équipes ont joué au saute-mouton depuis le coup d’envoi de l’exercice, se passant le flambeau au gré des résultats, sans qu’aucune ne parvienne à s’installer durablement en tête. Aujourd’hui, c’est le MAS de Fès qui tient la barre. Les Fassis pourraient renouer avec un titre qui leur échappe depuis les années 1980. Ce serait une belle récompense et une progression remarquable pour une équipe qui pointait à la huitième place la saison passée. Si le scénario se concrétise, il faudra saluer le travail accompli.
Mais la beauté de cette Botola, ou sa folie, c’est que le MAS peut tout aussi bien être champion dimanche prochain que tomber du podium et rater toute qualification africaine. Mathématiquement, tout reste possible. Le championnat marocain nous a habitués aux dénouements cruels, et cette édition ne fera pas exception à la règle.
Les FAR jouent, pour leur part, une saison potentiellement frustrante. Les Militaires n’ont pas perdu le moindre match de toute la saison. Pas un seul. Et pourtant, ils risquent de ne pas finir champions. Ce serait du jamais-vu dans l’histoire de la Botola: terminer une saison invaincu et laisser le titre à un autre. Une anomalie qui en dit long sur l’équilibre (ou le déséquilibre) de ce championnat.
Dans la série du jamais-vu, on ne peut pas ne pas évoquer le Wydad. Après un démarrage en fanfare qui le plaçait parmi les favoris au titre, le club le plus titré du royaume a adopté, au retour, un rythme de relégable. Les Rouges viennent d’aligner un cinquième revers consécutif, et une sixième défaite en sept matchs. Le Wydad a-t-il déjà connu pareille disette dans sa longue et magnifique histoire? Il faudrait vérifier, mais la réponse est vraisemblablement non. Jamais.
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Le plus troublant, c’est que la chute du club ne surprend presque personne. On le pressentait en début de saison, quand les choses allaient pourtant bien: personne ne pouvait dire sous quel visage le WAC allait terminer ce championnat. Avec des dirigeants contestés, un effectif hétérogène et, aujourd’hui, des joueurs qui semblent davantage préoccupés par leur prochain contrat que par le résultat du week-end, le Wydad a touché le fond. Et sans son bon départ, il accompagnerait peut-être Safi en «GNF2».
Safi, justement. On le disait il y a quelques mois: attention à la surcharge! Avec un effectif réduit et des objectifs flous, la Coupe de la CAF pouvait faire des ravages. Et elle en a fait. L’OCS a beau avoir atteint les demi-finales continentales, le club est pratiquement condamné à la relégation. On parle quand même du dernier vainqueur de la Coupe du Trône, d’un club qui s’était installé parmi l’élite et qui avait su y trouver ses marques. La gloire continentale d’un côté, la descente de l’autre: le football est parfois d’une cruauté absolue.
Dans cette fin de saison haletante, il faut enfin saluer le trio de bas de tableau: Touarga, Dcheira et Yacoub El Mansour. Ces trois-là refusent de «mourir». Ils se battent avec courage, en proposant souvent du jeu, loin des projecteurs et des grandes tribunes. Leurs matchs sont des combats. Et dans un championnat où certains semblent avoir abdiqué depuis longtemps, ils honorent, eux, l’esprit du jeu.
Bonne fin de Botola à tous et allez les Lions, surtout!
