CAN 2025: la sérénité contagieuse des organisateurs

ChroniqueLa sérénité affichée par les organisateurs, au lendemain du tirage au sort de la 35ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations, est contagieuse et rassure les nombreux supporters de l’équipe du Maroc.

Le 31/01/2025 à 18h13

Bien entendu, on trouve encore, ici et là, quelques sceptiques pour casser l’ambiance, mais leurs critiques sont couvertes par l’enthousiasme des médias nationaux et internationaux. Leur scepticisme est fondé sur l’état d’avancement des travaux, qui peut inquiéter, mais il est exprimé à voix basse et d’un ton mesuré.

Ce n’est pas le cas des critiques sur le contenu de la cérémonie de lundi dernier qui n’a pas manqué de faire réagir. Elles se concentrent principalement sur le choix du casting qui a accompagné le leader mondial des hymnes sportifs, Red One.

Certains auraient préféré voir à ses côtés des enfants ou des joueurs de l’équipe nationale plutôt que les acteurs sélectionnés. Ce n’est pas le plus important et cela n’enlève rien à la qualité supérieure de la mélodie.

Le Maroc se prépare à accueillir le gotha du football africain dans onze mois, dans six villes différentes et neuf stades, dont aucun n’est opérationnel à 100% à ce jour. Ce serait normal de s’inquiéter. Pourtant, personne ne doute de leur disponibilité à l’heure «H».

Si les Marocains ne doutent pas, on peut le comprendre: ils ont pris l’habitude de voir leur pays relever les défis les plus improbables, mais que cette certitude soit partagée par les membres de la CAF, c’est nouveau. C’est le signe d’une évolution importante des mentalités.

L’Afrique commence à faire confiance à l’Afrique. Le continent évolue et se transforme à une vitesse fulgurante.

Cette confiance repose sur un socle de réalisations notables. En effet, organiser un tel événement ne se limite pas aux infrastructures sportives, d’autres exigences figurent sur les textes des différents cahiers des charges, elles interviennent forcément dans le choix du pays organisateur.

Au moins trois d’entre elles sont d’une extrême importance. D’abord, les conditions d’hébergement. Dans ce registre, la proposition marocaine est hors normes et le dispositif est déjà opérationnel. Il se base sur l’existant, la capacité hôtelière du pays qui en termes d’hôtel 4 et 5 étoiles le place en haut de la pyramide.

Elle est innovante, avec un hôtel dédié à chaque délégation et des conditions de transport inédites (par TGV ou par avion) du lieu de villégiature au stade du match. Aucun stade ne sera à plus de trois heures du lieu de résidence.

C’est ensuite l’infrastructure médicale, elle est sans commune mesure avec les exigences de la Confédération Africaine de Football.

Et enfin, la sécurité: sur ce registre, il suffit de rappeler que Qatar en 2022 et Paris en 2024 ont confié une partie des aspects sécuritaires de leurs événements au Maroc.

On peut rajouter la logistique, la restauration, les événements festifs autour de la CAN qui ne manqueront pas de séduire les supporters des différentes délégations.

En ce qui concerne les stades, le Maroc dispose d’un stock opérationnel de longue date qu’il a complètement rebâti pour les transformer en joyaux. Il est vrai qu’il s’apprête à organiser la Coupe du Monde 2030 et qu’il fallait bien se mettre au niveau d’exigence du tournoi mondial.

Le Maroc construit et/ou refait également d’autres stades: le Complexe Moulay Hassan, le stade olympique annexe Moulay Abdellah et le stade du Barid sont des projets destinés aux clubs marocains, ils vont permettre de compléter l’offre pour la porter à neuf stades.

À titre de précision, le Cahier des Charges de la CAF n’exige que six stades répartis comme suit: deux d’une capacité de 15 000 spectateurs, deux d’une capacité de 20 000 et deux autres d’une capacité de plus de 40 000 places assises.

Sur ce registre, rien d’inquiétant non plus. Alors que le Maroc est en chantier et que l’ensemble des stades sélectionnés pour la CAN sont en phase de construction ou finition, le Maroc va abriter des matchs entre sélections africaines au titre des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026.

Les stades concernés par ces matchs - qui auront lieu au cours de la deuxième quinzaine du mois de mars - ne sont pas destinés à abriter la prochaine CAN mais ils sont déjà aux normes. Les sélections qui seront présentes au Maroc dans un mois et demi sont nombreuses et certains d’entre elles font partie des ténors du football africain.

Dans le désordre le Maroc va accueillir: l’Égypte, pays le plus titré de la CAN; la Côte d’Ivoire, championne sortante; le Mali; le Burkina Faso; les Comores; Djibouti; Éthiopie; Burundi; Niger et Tchad.

Ils vont se produire dans quatre stades différents: le stade d’honneur de Meknès, le stade El Abdi d’El Jadida, le stade municipal de Berkane et le stade Larbi Zaouli de Casablanca. À ces 4 stades, on peut facilement rajouter ceux d’Oujda et de Tétouan.

Cette infrastructure opérationnelle peut à elle seule - avec une réserve sur le stade de la finale - répondre au cahier des charges de la CAF. Ce ne sera pas nécessaire car les neuf stades proposés par la FRMF seront prêts; le complexe Moulay Abdellah sera d’ailleurs opérationnel en principe dès le mois de mars prochain.

Si la sérénité est contagieuse, elle dispose d’arguments factuels. Qu’on se le dise.

Par Larbi Bargach
Le 31/01/2025 à 18h13

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