C’est la loi du sport: tout va très vite et la vérité du jour n’est pas celle du lendemain. Les blessures font partie de cette implacable, qui peut tout changer en un claquement de doigts ou presque.
Les blessures, parlons-en. Depuis quelques années, la FIFA et les autres confédérations continentales ont multiplié le nombre de compétitions, afin de générer plus de revenus. Résultat: les joueurs disputent beaucoup plus de matchs que par le passé. Ce qui les expose encore plus aux blessures. Et c’est encore plus vrai pour les joueurs qui évoluent dans les clubs du haut de panier. Cas d’Achraf Hakimi avec le PSG et Nayef Aguerd avec l’OM, qui jouent sur plusieurs fronts à la fois.
Ce qui devait arriver, un jour ou l’autre, arriva. La blessure de Hakimi, dans un match de Ligue des champions, le privera sans doute du début de la CAN. Sera-t-il suffisamment rétabli pour attraper le train en marche, si le Maroc va loin dans cette compétition? Il faut l’espérer mais, à ce jour, il n’existe aucune garantie. Car il ne sert à rien de faire jouer un élément diminué. Le rendement ne sera pas bon et le risque de rechute deviendra énorme.
Pour Hakimi, la situation est inédite, le joueur étant réputé proprement «indestructible». Il a toujours joué tous les matchs, en sélection comme en club. Et il était tellement bon qu’il a fait le vide derrière lui. Les alternatives n’existent pratiquement pas. S’il y a un joueur irremplaçable, c’est bien lui. A son poste, latéral ou piston droit, son remplaçant sait qu’il ne jouera pratiquement jamais.
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C’est ce joueur qu’il va falloir pourtant remplacer. C’est un problème parce qu’il représente la principale rampe de lancement des Lions de l’Atlas. Avec lui, le jeu penche toujours à droite.
Bien sûr, et comme l’a rappelé Regragui en conférence de presse, la solution de rechange la plus évidente s’appelle Noussair Mazraoui. Le latéral de Manchester, qui fait une bonne saison en club, est un latéral-piston droit de formation. Mais il ne peut pas faire du Hakimi, parce qu’il ne peut pas prendre le jeu à son compte.
Cela veut dire que Regragui doit repenser son animation offensive, varier les options, développer l’axe gauche (où Mazraoui avait l’habitude de dépanner!), ou donner les clés du jeu au milieu de terrain. Ce qui revient au final à trouver ce fameux plan B, en matière d’animation, qui a tant manqué aux Lions par le passé.
Pourquoi pas? Un plan B serait salutaire, pour le court et le moyen terme. Le problème, c’est le temps…
Le cas d’Aguerd est différent. Nous parlons d’un joueur qui a eu des blessures récurrentes. Regragui a l’habitude de composer en son absence. Il y a l’option Saïss, qui n’a plus évolué en sélection depuis de longs mois, mais aussi le jeune Ait Boudlal, brillant avec les U20, mais qui ne joue pas beaucoup en club.
Au-delà de l’aspect technique et tactique, l’absence combinée des deux principaux leaders de la sélection laisse, justement, un vide au niveau de leadership. Ce n’est pas rien. Avant d’assurer sur le terrain, une équipe et un groupe ont besoin d’être soudés dans le vestiaire.
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Sans Aguerd et Hakimi, il faudra voir si un Saïss a encore le niveau pour tenir le rôle de leader qu’il avait par le passé. Mais le garçon doit encore se battre pour retrouver une place dans le onze, ce qui n’est pas gagné.
La solution? Se tourner vers les «anciens», des garçons comme Bounou ou Amrabat, à un degré moindre En-Nesyri ou Ounahi, pour sortir des rangs et assurer cet indispensable leadership. Du boulot attend donc le sélectionneur national, qui devra repenser au moins une partie de sa stratégie à quelques semaines de la CAN.








