Pour son retour en Ligue des champions, le Maghreb de Fès a bien fait les choses en disposant largement du champion du Burkina Faso (4-1). Il y a encore un match retour dont il faut se méfier et un tour supplémentaire avant d’aspirer à la phase finale, celle des groupes, que les Fassis n’ont jamais jouée: en 2012, ils étaient sortis dès les tours préliminaires.
Le match d’hier soir était agréable à suivre, même si les travées du Complexe sportif de Fès n’étaient pas très remplies. Il faudra tabler, pour les matchs à venir, sur un plus grand soutien populaire: le club en a besoin et il le mérite. Pour cette équipe, qui a gagné la dernière édition de la Botola un peu à la surprise générale, la question qui se pose aujourd’hui est celle de la saison d’après.
Dans le football moderne, la saison qui suit un coup d’éclat est toujours délicate et difficile à négocier. Surtout pour un club qui n’est pas calibré pour rafler tous les titres et qui n’a pas l’habitude de jouer sur plusieurs fronts. Demandez à l’OCS, qui vient de plonger en Botola 2 après avoir gagné le premier titre de son histoire (Coupe du trône). Courir plusieurs lièvres à la fois est un risque, à moins de disposer de la profondeur de banc nécessaire. Et des moyens financiers qui vont avec. Le MAS aussi avait connu des problèmes après avoir gagné deux trophées africains: la Coupe de la CAF et la Supercoupe d’Afrique en 2011…
Pour éviter le piège, on conseille généralement de jouer la prudence sur le plan budgétaire, quitte à garder des ambitions mesurées. Cela revient à jouer les équilibristes. Le MAS a ainsi accepté de céder son meilleur buteur: Soufiane Benjdida. Arrivé libre une année auparavant, le goleador a déjà rejoint les Égyptiens d’Al Ahly pour la coquette somme de 2,2 millions d’euros. Belle affaire pour le MAS qui a eu l’intelligence d’inclure un pourcentage sur une éventuelle revente.
Sportivement, le club a pourtant pris le risque de s’affaiblir. Mais avait-il les moyens de garder son buteur? Pas sûr.
Par le passé, même des clubs plus riches ont cédé leurs perles aux plus offrants. Ne jetons donc la pierre à personne, et surtout pas au MAS qui a tenté d’investir une partie du pactole pour réussir son mercato estival.
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Il n’empêche que le mouvement de Benjdida interpelle. Sur le plan sportif, s’entend. Comment comprendre qu’un joueur quitte un club qui s’apprête à jouer la C1 pour un autre qui joue seulement la C3. D’accord, Al Ahly est un grand club africain, mais passer de la C1 à la C3 a tout l’air d’une régression.
On sait par ailleurs que les derniers produits de la Botola qui avaient rejoint Al Ahly par le passé (Slim, Azarou pour ne citer que ces deux-là) ont plutôt été ralentis dans leur progression sportive. Al Ahly a rarement réussi aux attaquants nationaux…
Dans l’absolu, on peut penser qu’en enchaînant une deuxième saison avec le MAS, et avec l’exposition de la C1, Benjdida aurait pu réaliser un meilleur transfert: un montant supérieur et un championnat européen. Dans ce cas, le club et le joueur auraient réalisé une meilleure affaire, tant sur le plan financier que sportif.
Et puis, entre nous, comment ne pas «tiquer» quand on voit qu’un club égyptien qui ne joue pas la C1 a les moyens de rafler le meilleur buteur marocain, et pas les clubs les plus riches et ambitieux de la Botola?
