Raja: pourquoi Said Hasbane est-il si détesté?

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Elu président du Raja en juin 2016, Said Hasbane a eu le courage de prendre les rênes d'un club malade, qui souffre d'une grave crise financière. Après sa nomination, les supporters ont rapidement affiché leur hostilité à l'encontre du successeur de Mohamed Boudrika. Hasbane est devenu aujourd'hui si indésirable que personne ne comprend pourquoi on lui voue tant de haine? Explications.

Le 28/02/2017 à 15h58, mis à jour le 28/02/2017 à 16h34

En juin 2016, Said Hasbane est élu à la tête du Raja. Lors d'une soirée ramadanesque mouvementée, au bout d’une longue nuit blanche dans un palace casablancais, Said Hasbane dévient président du grand club casablancais. Il succède ainsi à Mohamed Boudrika, jeune entrepreneur qui a démissionné en laissant derrière lui une ardoise plus que corsée. Mais à ce moment là, personne n'était vraiment conscient de l'ampleur de la facture héritée de Boudrika.

Quelques jours après la nomination de Hasbane, un groupe de supporters a organisé, devant les locaux du club, un sit-in de protestation contre la gestion du nouveau président, alors que ce dernier n'a même pas encore pris ses fonctions. Ils étaient les premiers à demander déjà sa démission.

Six mois plus tard, les adhérents ont joint leur voix à celle des supporters frondeurs. En janvier dernier, 48 des 51 adhérents du club ont décidé de retirer leur confiance à Said Hasbane. Ils ont même appelé à la tenue d'une assemblée générale extraordinaire dans les plus brefs délais. Ces adhérents, qui réclament la démission du président, estiment que Said Hasbane n'a apporté aucune valeur ajoutée puisqu'il n'a pas réussi à sortir le club de sa crise financière, soit la résorption d’un déficit qui s'élève à plus de 117 millions de DH, selon un rapport officiel de la FRMF.


Il n'y a pas que la prétendue "mauvaise gestion" de Hasbane qui a poussé certains adhérents à demander la tenue d'une AGE. Certains associés du club cachent d'autres motivations. Des clans se sont créés, allant de ceux qui demandent un comité provisoire, ou ceux qui soutiennent Jamal Khalfaoui, à d'autres qui espèrent un retour de Boudrika ou quelqu'un de son entourage.


Aujourd'hui Hasbane et son comité pulvérisent tous les records d'impopularité, sous prétexte qu'ils n'ont pas trouvé de solutions de sortie de crise. Pourtant, selon les bons connaisseurs de la chose rajaouie, cette situation ne peut être réglée du jour au lendemain. Les dettes sont si monumentales, que les efforts du comité actuel, aussi soutenus soient-ils, n'aboutiront à rien du jour au lendemain.  Il faut beaucoup de temps et une grande communion entre toutes les composantes du club, pour sortir ce dernier de la mauvaise passe qu'il traverse actuellement.

Said Hasbane est un homme connu depuis des années chez la majorité des Rajaouis puisqu'il était président de la préfecture Fida-Derb Sultan. Mais même dans «son» quartier, des manifestations sont régulièrement initiées pour demander son départ pour cause de "mauvaise gestion".


Aujourd'hui, la haine envers Said Hasbane a atteint son summum. A preuve, lorsque le patron des Verts a été récemment victime d'un accident de voiture, les réactions des fans sur les réseaux sociaux étaient choquantes, voire inhumaines. Certains ont carrément tiré sur l’ambulance. Et dire que c’est du domaine du sport qu’il s’agit!

Il y'a quelques mois, Le360 sport avait réalisé un long reportage sur cette situation de crise du Raja. L'équipe de la rédaction a suivi ce triste feuilleton de bout en bout. Regardez! 


Le 28/02/2017 à 15h58, mis à jour le 28/02/2017 à 16h34