Dans un article consacré à l’ascension du football marocain, le journal souligne que le Maroc, seul représentant africain encore en lice dans la compétition, est devenu la première sélection du continent à atteindre les quarts de finale de deux Coupes du Monde consécutives, après son épopée historique au Qatar en 2022, notant qu’une victoire face à la France, ce jeudi soir, constituerait une nouvelle confirmation de la montée en puissance des Lions de l’Atlas.
Citant l’ancien sélectionneur Hervé Renard, le quotidien relève que cette réussite est le résultat d’un travail de longue haleine. «Le Maroc fait partie des meilleures nations et peut gagner la Coupe du monde», estime Hervé Renard, notant que les coéquipiers d’Achraf Hakimi «ont une avance énorme sur les autres sélections africaines, avec des résultats qui ne sont pas le fruit du hasard».
Selon Le Monde, cette évolution trouve son origine dans les réformes engagées à la fin des années 2000 afin de restructurer durablement le football marocain. La formation est progressivement devenue un axe stratégique, avec notamment la montée en puissance de l’Académie Mohammed VI et le développement d’un réseau national de détection et d’encadrement des jeunes talents.
Il affirme que cette dynamique s’est accélérée grâce à d’importants investissements dans les infrastructures sportives, la modernisation des stades, la création de centres techniques régionaux et le développement des terrains de proximité. «Les infrastructures sont de très haut niveau, parfois meilleures qu’en France ou en Europe», fait observer Hervé Renard.
Cette stratégie porte aujourd’hui pleinement ses fruits, indique le quotidien français, notant qu’une grande partie des internationaux marocains est issue de la diaspora, sachant que le projet sportif développé par le Royaume exerce désormais un fort pouvoir d’attraction.
L’ancien directeur de l’Académie Mohammed VI, Nasser Larguet, résume cette évolution en ces termes: «aujourd’hui, quand les jeunes de la diaspora voient les infrastructures et les résultats, ce sont eux qui viennent taper à la porte de la fédération et non plus l’inverse», mettant également en avant «la bonne émulation entre binationaux et joueurs locaux».
Enfin, Le Monde souligne que les progrès accomplis par le football marocain sont désormais reconnus par les adversaires eux-mêmes. Le quotidien cite Guy Stéphan, adjoint du sélectionneur de l’équipe de France, qui déclare: «ils ont fait match nul contre le Brésil, ils ont battu les Pays-Bas, c’est quand même du costaud. (…) C’est incontestablement un pays qui progresse fortement».
Pour le journal français, cette montée en puissance s’inscrit dans une vision de long terme qui devrait se poursuivre à l’horizon 2030, année où le Maroc coorganisera la Coupe du Monde avec l’Espagne et le Portugal, confortant ainsi l’ambition du Royaume de s’imposer durablement parmi les grandes nations du football mondial.
