Le parcours du Maroc lors de la phase de groupes du Mondial 2026 s’est construit sur une organisation collective solide, un bloc discipliné et une grande intelligence tactique. Après avoir tenu tête au Brésil, puis enchaîné deux victoires face à l’Écosse et à Haïti, les Lions de l’Atlas s’apprêtent à relever un défi d’une tout autre ampleur face à une sélection néerlandaise qui aime dicter le rythme des rencontres grâce à la qualité technique de ses joueurs et à sa maîtrise de la circulation du ballon.
Pour les hommes de Mohamed Ouahbi, il ne s’agira pas de courir après le ballon pendant quatre-vingt-dix minutes, mais de choisir avec précision les moments où déclencher le pressing, couper les circuits de relance adverses et récupérer le ballon dans les zones où les Oranje sont les plus vulnérables.
Paralyser le cerveau du jeu
S’il est un joueur que les Lions de l’Atlas devront absolument neutraliser, c’est bien Frenkie de Jong. Le milieu de terrain du FC Barcelone est le véritable métronome de la sélection néerlandaise. Il décroche régulièrement entre ses défenseurs centraux pour lancer la relance, attire le pressing adverse grâce à ses feintes de corps, puis casse les lignes par la passe ou la conduite de balle avant d’accélérer le jeu dès qu’une brèche s’ouvre.
Laisser De Jong recevoir le ballon librement, face au jeu, offrirait aux Pays-Bas la possibilité d’imposer leur rythme et de prendre progressivement le contrôle de la rencontre.
La première mission du pressing marocain sera donc de couper les lignes de passe vers le milieu catalan et de le contraindre à recevoir le ballon dos au jeu, ou dans des zones où son influence sera moins importante. L’objectif sera de limiter sa capacité à orienter le jeu et à trouver rapidement ses partenaires entre les lignes.
Enfermer les Oranje sur les côtés
Plutôt que d’aller presser systématiquement la charnière centrale néerlandaise, composée de Virgil van Dijk et Jan Paul van Hecke, les hommes de Mohamed Ouahbi auraient intérêt à orienter la relance vers les latéraux, où les solutions de progression sont généralement plus limitées.
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Cette stratégie permettrait de verrouiller l’axe, de réduire l’influence de Frenkie de Jong et de contraindre les Oranje à construire dans des zones moins dangereuses et moins propices à leur jeu de possession.
Pour être efficace, ce mécanisme exigera une parfaite coordination entre le trio offensif et les milieux de terrain. Chacun devra fermer une ligne de passe bien définie afin d’isoler le porteur du ballon et de provoquer l’erreur, ou l’obliger à jouer long dans des conditions moins favorables.
Un pressing millimétré
Les Pays-Bas disposent de plusieurs joueurs, à l’image de Ryan Gravenberch et Tijjani Reijnders, capables d’éliminer la première ligne de pressing grâce à leur qualité technique, leurs déplacements et leur capacité à casser les lignes balle au pied.
Face à ces profils, les hommes de Mohamed Ouahbi devront accepter de laisser les Néerlandais avoir davantage la maîtrise du ballon et ne déclencher leur pressing que lorsque les conditions seront réunies: une passe latérale, un contrôle orienté vers l’extérieur ou un ballon transmis à un latéral en difficulté.
AFP
Le pressing marocain devra également empêcher Brian Brobbey de servir de point d’appui. L’avant-centre néerlandais aime fixer les défenseurs centraux avant de remettre le ballon vers les milieux ou les ailiers lancés. Limiter ses remises permettrait ainsi aux Lions de l’Atlas de couper une autre connexion essentielle dans l’animation offensive des Oranje.
L’agressivité sera un élément clé, mais elle devra toujours s’inscrire dans un cadre collectif. La moindre sortie individuelle mal maîtrisée pourrait créer des espaces immédiatement exploitables par les Oranje. Face à une équipe aussi à l’aise techniquement, un pressing mal coordonné peut rapidement se transformer en véritable suicide tactique.
Attaquer le point faible de Dumfries
Après Frenkie de Jong, l’une des principales armes des Pays-Bas se nomme Denzel Dumfries. Très offensif, le latéral droit accompagne constamment les attaques et n’hésite pas à se retrouver en position d’ailier lorsque les hommes de Ronald Koeman s’installent dans le camp adverse.
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Mais ses qualités offensives peuvent aussi jouer en faveur des Lions de l’Atlas. Ses montées laissent régulièrement des espaces dans son dos, notamment lorsque les Pays-Bas perdent le ballon ou que leur première ligne de relance est neutralisée.
Chaque récupération marocaine devra donc être exploitée avec vitesse et lucidité. Des profils comme Bilal El Khannouss, Ismael Saibari ou encore Azzedine Ounahi possèdent les qualités nécessaires pour attaquer immédiatement cette zone avant que le bloc néerlandais n’ait le temps de se replacer.
La menace des corners néerlandais
Au-delà du jeu courant, les coups de pied arrêtés constituent l’une des principales armes offensives des Néerlandais.
Depuis le début de cette Coupe du monde, les Oranje répètent régulièrement la même combinaison sur corner. Le ballon est adressé au second poteau, où un joueur surgit depuis la deuxième ligne. Il s’agit généralement d’un défenseur central ou d’un latéral qui attaque la zone avec de l’élan.
Cette phase a déjà porté ses fruits lors de cette édition. Virgil van Dijk a notamment trouvé le chemin des filets grâce à cette combinaison face au Japon.
Plus que la qualité du centre, c’est le timing des appels qui fait la différence. Les joueurs néerlandais arrivent lancés et prennent souvent le dessus sur un marquage statique. Les défenseurs marocains devront donc surveiller non seulement les joueurs déjà présents dans la surface, mais aussi ceux qui surgissent depuis la deuxième ligne.
Une faille à exploiter
Si les Pays-Bas possèdent l’une des meilleures attaques de la phase de groupes avec dix réalisations, ils présentent également une faiblesse notable dans leur propre surface.
Les Oranje ont encaissé quatre buts depuis le début de la compétition, tous sur corner.
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Un constat surprenant au regard des gabarits de Virgil van Dijk, Jan Paul van Hecke et Micky van de Ven, ainsi que des prestations convaincantes du gardien Bart Verbruggen. Pourtant, les Néerlandais ont montré certaines difficultés à défendre des trajectoires bien travaillées sur ces phases arrêtées.
Le Maroc aurait donc tout intérêt à exploiter cette faille en privilégiant des corners rentrants au premier poteau, capables de mettre la défense des Oranje sous pression.
Les hommes de Mohamed Ouahbi ont démontré tout au long de la phase de groupes qu’ils étaient capables de s’adapter à chaque adversaire. Cette faculté d’adaptation sera une nouvelle fois mise à l’épreuve face aux Pays-Bas. Si la sélection nationale parvient à mettre en place un pressing discipliné, coordonné et intelligent, sans jamais se désorganiser, elle aura toutes les cartes en main pour faire déjouer les Oranje et poursuivre son aventure dans ce Mondial.









