Mondial 2026: le Maroc doit-il craindre le Brésil?

Coéquipiers en club, Achraf Hakimi et Marquinhos seront cette fois opposés au Mondial 2026, le 13 juin prochain.

Nation de football, effectif rajeuni, poids de l’histoire et technicien de renom, le Brésil arrive au Mondial 2026 avec le statut de favori pour le titre. Le premier adversaire du Maroc en phase de groupes le 13 juin prochain possède de sérieux arguments, mais est-il vraiment à craindre?

Le 06/06/2026 à 08h37

La Seleção traîne une réputation que tout amateur de football connaît par cœur. Un «jogo bonito», fait de technique, de spectacle et d’inspiration, incarné par des légendes comme Pelé, Romario, Ronaldinho, Ronaldo Nazário ou encore Neymar, qui ont fait rêver plusieurs générations. Cinq titres de champion du monde et une présence lors des 23 phases finales de la compétition depuis la toute première édition en Uruguay en 1930, le Brésil impressionne naturellement. Sur le papier, peu d’équipes peuvent se targuer d’un tel héritage.

Et au Mondial 2026, le Brésil se présentera avec le souvenir du parcours au Qatar en 2022, écourté en quarts de finale par la Croatie, avec un effectif rafraîchi, un nouveau sélectionneur, Carlo Ancelotti, mais surtout la pression de l’histoire. Des aspects différents qui peuvent peser en faveur ou en défaveur des Lions de l’Atlas, premiers adversaires en phase de groupes, le 13 juin prochain.

Un casting de feu en attaque, mais...

Il est vrai que lorsqu’on regarde les 26 joueurs convoqués, les noms de Vinicius Jr ou encore Neymar ont de quoi impressionner. Des stars pensionnaires dans les plus grands clubs du monde, auxquelles s’ajoute le meilleur buteur de l’histoire de la Seleção. Un bagage offensif qui pèse lourd. Un Raphinha qui dispose d’une palette technique très complète, capable de faire la différence par la passe, la percussion ou la finition. Vinicius Jr, lui, reste l’un des joueurs les plus explosifs du football mondial, avec sa vitesse, sa capacité à éliminer et à marquer. Le tout sous la direction de Carlo Ancelotti.

Mais le Maroc possède lui aussi un secteur offensif particulièrement fourni, avec des joueurs évoluant dans les plus grands championnats. Au milieu, Neil El Aynaoui, Azzedine Ounahi ou encore Bilal El Khannouss offrent plusieurs combinaisons possibles, capables de créer, récupérer et casser les lignes. Sur les côtés, Abde Ezzalzouli peut accélérer le jeu à tout moment et servir un Ismael Saibari dans un rôle de faux neuf, ou encore trouver un Ayoub El Kaabi bien placé. À noter également que lors des éliminatoires sud-américains, le Brésil n’a pas dominé offensivement la zone CONMEBOL. La Seleção termine avec le même nombre de points que l’Uruguay et la Colombie, sans posséder la meilleure attaque. Avec 24 buts inscrits, elle reste derrière la Colombie (28) et surtout l’Argentine (31).

Une défense solide, mais pas irréprochable

La défense brésilienne, comme celle du Maroc, présente certaines interrogations. En se basant sur la campagne qualificative du Brésil, la Seleção a encaissé 17 buts en 18 matchs, soit quasiment un but par rencontre. Un bilan loin d’être alarmant, mais qui révèle une arrière-garde prenable. Pourtant, les noms alignés derrière imposent le respect. Marquinhos reste le patron de la défense du PSG, tandis que Gabriel sort d’une bonne saison avec Arsenal.

Du côté marocain, l’arrivée d’Issa Diop dans la charnière centrale a apporté davantage de garanties à un secteur qui traversait une période délicate. Avec Achraf Hakimi à droite, Noussair Mazraoui capable d’évoluer sur les deux couloirs, ainsi que Chadi Riad comme solution supplémentaire en cas d’absence de Nayef Aguerd, les Lions de l’Atlas disposent d’arguments capables de tenir tête au Brésil.

Dans les cages, le Brésil possède des références mondiales avec Alisson Becker et Ederson, habitués au très haut niveau et redoutables dans la relance. Mais les portiers marocains ont également des arguments à faire valoir. Yassine Bounou a prouvé lors du Mondial 2022 qu’il figurait parmi les meilleurs gardiens du monde. Derrière lui, Munir El Kajoui et Ahmed Reda Tagnaouti, également présents au Qatar, apportent de solides garanties.

Carlo Ancelotti

Cinq Ligues des champions remportées, des titres en Italie, en Angleterre, en Espagne, en Allemagne et en France, Carlo Ancelotti est l’un des plus grands techniciens de l’histoire du football. Nommé en mai 2025, l’Italien est arrivé avec tout le poids de sa réputation bâtie en club, pour sa première expérience à la tête d’une sélection nationale. Le Brésil s’est tourné vers lui après plusieurs années de résultats irréguliers, avec l’objectif de permettre à ses stars de retrouver en sélection le niveau affiché en club, une attente forte côté brésilien.

Un an plus tard, certains changements sont déjà visibles. Le jeu apparaît plus structuré, plus cohérent et mieux organisé. Mais le véritable jugement viendra après la Coupe du monde, où Ancelotti portera sur ses épaules tous les espoirs d’une nation qui attend un sixième titre mondial depuis plus de vingt ans. Son arrivée constitue d’ailleurs une rupture historique pour le Brésil, qui s’était jusqu’ici toujours appuyé sur des sélectionneurs nationaux.

En face, Mohamed Ouahbi arrive avec une connaissance approfondie du football marocain et le prestige d’une Coupe du monde U20 remportée fin 2025 avec les Lionceaux de l’Atlas. Le technicien marocain a déjà démontré sa capacité d’adaptation et sa lecture des rencontres. Certes, il ne dispose que de quelques mois à la tête des A, mais l’intégration progressive de nouveaux profils tout en conservant une ossature solide laisse entrevoir des perspectives prometteuses.

Un Brésil moins dépendant des individualités

C’est probablement l’un des changements les plus positifs et visibles depuis l’arrivée de Carlo Ancelotti. Le Brésil apparaît aujourd’hui plus structuré, plus organisé et moins dépendant des exploits individuels. La Seleção défend de manière plus compacte et applique plusieurs principes qui ont fait le succès du technicien italien.

Le jeu est plus mature, plus dense, avec un bloc médian bien organisé, des lignes resserrées et une meilleure maîtrise des temps faibles. À la récupération, le Brésil déclenche rapidement les transitions vers l’avant, en s’appuyant sur des joueurs de vitesse comme Vinicius Jr. Le Brésil conserve évidemment la qualité technique qui fait partie de son ADN. Mais l’accent est désormais davantage mis sur le collectif que sur les individualités.

Le poids de l’histoire, une pression supplémentaire

Au-delà des aspects tactiques, un Maroc-Brésil est aussi une confrontation entre deux trajectoires. D’un côté, le Brésil porte le poids de cinq Coupes du monde et d’une histoire unique dans le football. Mais cette histoire est aussi devenue une forme de pression. Depuis son sacre en 2002, la Seleção court après une sixième étoile qui lui échappe année après année. Les attentes autour de l’équipe sont immenses, tout comme celles placées en Carlo Ancelotti, premier sélectionneur étranger de l’histoire du Brésil.

De l’autre, le Maroc poursuit son ascension depuis le Mondial 2022. Première nation africaine à atteindre les demi-finales d’une Coupe du monde, membre du Top 10 mondial, attractif auprès des binationaux et porté par d’importants investissements, le football marocain a changé de dimension. Les Lions de l’Atlas doivent désormais démontrer que l’épopée du Qatar n’était pas un exploit isolé, mais le début d’une nouvelle ère. La pression sera donc présente des deux côtés du MetLife Stadium le 13 juin prochain.

Et même si le Brésil reste un adversaire à respecter, les Lions de l’Atlas arrivent eux aussi avec leurs certitudes et leurs armes. La Seleção possède le talent nécessaire pour retrouver le toit du monde, vingt-quatre ans après son dernier sacre, mais il n’est pas un adversaire imbattable.

Par La Rédaction
Le 06/06/2026 à 08h37