Mondial 2030: les élections générales vont-elles contrecarrer les plans de l’Espagne et retarder la visite de la FIFA?

Pedro Sanchez, président du gouvernement espagnol par intérim, et Gianni Infantino, président de la FIFA.

Pedro Sanchez, président du gouvernement espagnol, et Gianni Infantino, président de la FIFA.. DR

La situation politique en Espagne suscite de nombreuses interrogations, alors que la FIFA devrait prochainement se pencher sur le dossier du Mondial 2030, avec notamment des visites d’inspection et plusieurs décisions clés à venir.

Le 07/10/2026 à 15h07

Pour l’heure, la FIFA n’a toujours pas fixé les dates de ses prochaines visites dans les trois pays hôtes de la Coupe du monde 2030. Des inspections qui s’inscrivent dans le processus habituel de préparation des grandes compétitions, mais qui devraient cette fois peser lourd dans la validation définitive des sites et, surtout, dans la désignation du stade qui accueillera la finale.

Mundo Deportivo confirme, ce mercredi 7 octobre, qu’aucun calendrier n’a encore été arrêté, la feuille de route de ce nouveau déplacement n’ayant pas été communiquée. Le quotidien catalan souligne néanmoins l’importance de ces inspections, qui doivent permettre à la FIFA d’entériner définitivement les sites proposés par les trois pays organisateurs. L’instance internationale avait certes déjà effectué une visite de deux semaines au Maroc, en Espagne et au Portugal au mois de mars, mais la prochaine étape s’annonce autrement plus décisive.

Le média espagnol révèle par ailleurs que l’Espagne nourrit l’ambition, pour le moins téméraire, de conserver les onze sites initialement inscrits dans son dossier de candidature, malgré les désistements de Malaga et de La Corogne. Valence et Vigo pourraient ainsi prendre leur place, les responsables espagnols estimant que ces deux villes réunissent les conditions nécessaires pour accueillir des rencontres du Mondial dans quatre ans. Les six sites marocains et les quatre portugais devraient, de leur côté, rester inchangés.

Mundo Deportivo se penche ensuite sur l’un des dossiers les plus sensibles de cette Coupe du monde: la finale. Le futur Grand Stade Hassan II se présente désormais comme un concurrent très sérieux aux ambitions espagnoles, principalement portées par le Santiago Bernabéu et, dans une moindre mesure, par le Camp Nou.

Mais un autre élément vient désormais compliquer l’équation espagnole. Selon le quotidien, la situation politique actuelle dans le pays fait planer une incertitude supplémentaire sur le calendrier de la prochaine visite de la FIFA. Depuis la convocation officielle des élections législatives pour le dimanche 29 novembre, le contexte est devenu nettement plus flou. «Tout porte à croire que la décision sera encore retardée en raison de la situation qui prévaut dans le pays», écrit Mundo Deportivo.

Une question se pose alors: ces élections déboucheront-elles sur un changement de gouvernement? Le quotidien explique qu’une éventuelle alternance ne concernerait pas uniquement l’exécutif. Elle pourrait également entraîner des changements à la tête du Conseil supérieur des sports (CSD), la plus haute instance sportive espagnole, actuellement présidée par José Manuel Rodríguez Uribes, membre du Parti socialiste ouvrier espagnol.

Le gouvernement de Pedro Sánchez avait d’ailleurs mis en place une commission interministérielle chargée de la préparation et de l’organisation du Mondial 2030. Présidée par Milagros Tolón, ministre espagnole de l’Éducation, de la Formation professionnelle et des Sports, cette structure réunit quinze ministères, mais également la Fédération espagnole de football (RFEF) et le Comité olympique espagnol.

«Il semblerait peu judicieux d’effectuer une visite dans le pays avant cette date si un changement de gouvernement devait survenir par la suite, nécessitant une nouvelle rencontre ou visite», poursuit le média. Un argument qui prend tout son sens puisque le gouvernement issu des urnes sera, sauf bouleversement politique ultérieur, celui qui accompagnera l’Espagne dans les dernières années de préparation du Mondial 2030.

Entre une liste de sites encore appelée à évoluer, une répartition qui reste à clarifier, une bataille autour de la finale devenue omniprésente et, désormais, une situation politique incertaine, l’Espagne voit les interrogations s’accumuler à l’approche d’une étape importante du processus. Un contexte d’autant plus sensible que ses responsables n’ont cessé, ces derniers mois, de présenter leur pays comme le principal moteur de la candidature commune avec le Maroc et le Portugal.

Par Oumeïma Er-rafay
Le 07/10/2026 à 15h07