Finale du Mondial 2030: l’insistance espagnole trahit une certaine fébrilité

Rafael Louzán, président de la RFEF

La dernière sortie de Rafael Louzán, président de la RFEF, vient grossir une longue liste de déclarations espagnoles sur la finale du Mondial 2030. Là où le silence aurait pu traduire la confiance, l’Espagne multiplie les sorties pour rappeler que la rencontre doit se jouer chez elle. Une insistance devenue si récurrente qu’elle finit davantage par exposer une certaine fébrilité que par témoigner d’une réelle sérénité.

Le 29/09/2026 à 11h35

Depuis des mois, en Espagne, la question de la finale du Mondial 2030, à départager entre Casablanca, Madrid et Barcelone, agite les acteurs du football, de la politique, les anciens joueurs ou encore les professionnels de la communication. Tous, ou presque, se sont livrés à une déclaration, une sortie médiatique ou une prise de position pour assurer que l’Espagne est la seule option pour accueillir le match le plus important de la compétition.

Parmi ces acteurs, un homme, Rafael Louzán, président de la Fédération espagnole de football, a choisi de faire de chacune de ses sorties médiatiques une occasion de revenir sur cette future finale. Mais une chose saute aux yeux: si chacun défend ses intérêts, les interventions de Louzán finissent par se ressembler. Le dirigeant espagnol répète, encore et encore, que l’Espagne est un candidat naturel à l’accueil de la rencontre, en reprenant les mêmes arguments.

Sa dernière sortie, ce lundi 28 septembre dans l’émission «Otra Ronda», en est une nouvelle illustration. Le président de la RFEF a assuré que «ce doit être en Espagne, il n’y a pas d’autre option». L’Espagne «ne peut avoir aucun doute là-dessus. Nous sommes une grande puissance et leaders mondiaux dans tous les domaines».

Louzán a ensuite appuyé son propos sur le dernier sacre des U20 féminines espagnoles au Mondial de la catégorie en Pologne: «Nous allons tenter d’offrir à l’Espagne une nouvelle raison de se réjouir. Mais la plus grande joie sera de jouer la finale en Espagne».

Celui qui lirait ces lignes pourrait se dire: voilà un pays sûr de sa candidature. Mais à mesure que les mois défilent, l’Espagne se dessine plutôt comme une nation particulièrement soucieuse de verrouiller le débat autour de cette finale.

Louzán s’était récemment rendu à Sebta après les événements qui y avaient eu lieu et avait choisi d’apporter son soutien depuis le préside occupé, avant de plaider pour une finale dans son pays. «Où va-t-elle se jouer si ce n’est en Espagne ?», déclarait-il alors.

Quelques temps auparavant, le président de la RFEF affichait déjà une certaine nervosité au sujet de la candidature marocaine, portée notamment par le Grand Stade Hassan II de Benslimane et ses 115.000 places, appelé à devenir l’une des enceintes les plus modernes au monde et capable d’accueillir les plus prestigieuses compétitions.

«Parfois, je ressens de la colère en voyant que l’Espagne est à la tête de cette Coupe du monde, celle du centenaire, et que des doutes continuent d’apparaître. Il ne devrait y avoir aucun doute concernant le rôle de l’Espagne», avait-il lancé.

Louzán avait également publiquement mis son gouvernement face à ses responsabilités, en demandant qu’il «s’implique dès maintenant» dans l’organisation du Mondial.

Des sorties incessantes, répétitives, parfois dictées par l’émotion, quitte à brouiller davantage la frontière entre sport et politique. La dernière déclaration du président de la RFEF s’inscrit dans cette même logique. À force de répéter que la finale sera espagnole, les responsables du football espagnol donnent surtout l’impression de vouloir convaincre, encore et encore, alors que la décision relève de la FIFA.

À mesure que les déclarations se multiplient, une impression s’installe: loin de traduire une totale sérénité, cette insistance révèle surtout une certaine fébrilité autour d’une finale dont le choix reste, officiellement, ouvert.

Par Magda Soltani
Le 29/09/2026 à 11h35