CAN 2025: les primes divisent la fédération sénégalaise en pleine bataille juridique au TAS

Abdoulaye Fall, président de la FSF, et Pape Thiaw avec des membres de la délégation sénégalaise avant le tirage au sort de la Coupe du monde 2026, au John F. Kennedy Center for the Performing Arts (Washington), le 5 décembre 2025.. 2025 Getty Images

La Fédération sénégalaise de football traverse une zone de fortes turbulences. Seize membres du comité exécutif contestent la gestion des primes liées à la CAN 2025, dénonçant une répartition jugée opaque et inéquitable. En toile de fond, des tensions financières qui fragilisent la gouvernance de l’instance, alors que ces mêmes primes pourraient être remises en jeu, dans l’attente du verdict du TAS.

Le 23/04/2026 à 20h31

La Fédération sénégalaise de football s’est brutalement retrouvée en pleine crise. Une situation d’autant plus surprenante que l’instance affichait encore récemment un visage uni et structuré, notamment dans le dossier de la CAN 2025, attribuée au Maroc mais toujours contestée devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Selon les informations de plusieurs médias, seize membres du comité exécutif sont entrés en fronde contre leur président, Abdoulaye Fall. Au cœur du conflit: la distribution des primes liées à la CAN 2025, estimées à près de 13 millions de francs CFA (environ 20.000 euros). Ces bonus auraient été versés à certains dirigeants, sur validation de la présidence, sans inclure l’ensemble des membres concernés.

Les bénéficiaires sont pourtant encadrés par un manuel de procédures établi par la FSF, «extrêmement précis», rapporte SNA, fixant des barèmes applicables, sans que les membres du comité exécutif ne disposent d’un pouvoir décisionnel.

La liste officielle, comprenant joueurs, staff et représentants du ministère, n’inclut pas les membres du comité exécutif, lesquels relèvent d’une liste distincte. Ces derniers perçoivent une indemnité journalière de 60.000 francs CFA (environ 90 euros), en plus de la prise en charge des frais de transport et d’hébergement durant la compétition, organisée au Maroc l’hiver dernier.

Un cadre jugé insuffisant par les contestataires, qui espèrent être intégrés à la liste officielle. D’autant que certains bénéficiaires des primes auraient, selon eux, été absents durant la compétition.

Une situation dénoncée comme injuste par les frondeurs, qui pointent une gestion jugée sélective et peu transparente. L’absence de Mayacine Mar, ancien directeur technique national et figure importante de la structuration du football sénégalais, de la liste officielle a également suscité l’incompréhension. Les contestataires, désireux de toucher les mêmes primes, espèrent également bénéficier des 50 millions de francs CFA (environ 76.000 euros) de gratification accordés par le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye.

Les 16 membres du comité exécutif ont déjà rendu l’affaire publique, après une audience infructueuse avec le président de la FSF, Abdoulaye Fall.

Ironie de la situation: ces primes qui divisent la Fédération sénégalaise pourraient encore être redistribuées, le TAS devant en désigner, dans les prochains mois, le bénéficiaire final.

En attendant, l’image d’unité semble déjà écornée, tant la FSF vient de révéler les contours d’une instance en pleine perte de repères.

Par La Rédaction
Le 23/04/2026 à 20h31