Hooliganisme algérien avant OCS–USMA: quand la violence devient un mode opératoire

Les hooligans algériens au Stade Al Massira de Safi, le 19 avril 2026

Les scènes survenues au Stade El Massira relancent le débat sur un mode opératoire récurrent, où débordements et pressions semblent s’inviter systématiquement dans les rendez-vous impliquant les équipes algériennes.

Le 20/04/2026 à 10h38

Il y a des incidents qui relèvent de la dérive ponctuelle. Et puis il y a ceux qui, à force de se répéter, finissent par dessiner une inquiétante logique. Ce qui s’est produit au Stade El Massira de Safi, dimanche 19 avril, avant la demi-finale retour de la Coupe de la CAF entre l’Olympique de Safi et l’USM Alger, appartient clairement à la seconde catégorie.

Quelques minutes avant le coup d’envoi, prévu à 20h, la rencontre a basculé dans le chaos. Des supporters de l’USM Alger, hors de contrôle, ont envahi la pelouse, multipliant provocations et jets de projectiles. Une scène surréaliste, digne des pires dérives du football continental, qui a immédiatement plongé le match dans l’incertitude. Résultat: un coup d’envoi repoussé d’une heure et vingt minutes, le temps de rétablir un semblant d’ordre.

Mais au-delà des faits bruts, c’est la nature même de ces incidents qui interpelle. Tout, dans le déroulé des événements, donne le sentiment d’un scénario pensé, calculé, presque orchestré. Comme si l’objectif n’était pas seulement de perturber, mais bien de désorganiser et gâcher le bon déroulé de cette demi-finale. Une stratégie de déstabilisation plus qu’un simple débordement spontané.

Et ce sentiment s’est renforcé une fois le calme revenu. Selon notre envoyé sur place, les joueurs de l’USM Alger ont tardé à regagner la pelouse, prolongeant un climat déjà lourd. Une attitude qui soulève des questions, tant elle s’inscrit dans la continuité d’un contexte déjà tendu.

Ce n’est pas un cas isolé. L’USM Alger traîne désormais une réputation qui dépasse le simple cadre sportif. En 2024 déjà, le club algérien s’était retiré de la double confrontation face à la RS Berkane, en Coupe de la CAF, refusant de jouer en raison du maillot du club marocain arborant la carte complète du Royaume. Une décision lourde de conséquences, qui lui avait valu d’être déclaré forfait, déclenchant une polémique majeure à l’échelle continentale.

Deux ans plus tard, les mêmes ingrédients refont surface. Club marocain en face et même impression d’un rapport au jeu qui dépasse le rectangle vert. À Safi, comme auparavant, le football semble relégué au second plan.

Le hooliganisme des supporters de l’USMA rappelle inévitablement les événements survenus lors de la finale de la CAN 2025, disputée le 18 janvier au Complexe Moulay Abdellah de Rabat. Ce soir-là, la rencontre avait également basculé dans la confusion après un penalty accordé aux Lions de l’Atlas en toute fin de match.

Des scènes de chaos s’en étaient suivies: envahissement de terrain par certains supporters sénégalais, jets de projectiles, affrontements avec les forces de l’ordre… Plusieurs agents de sécurité avaient été blessés, tandis que des dégâts matériels importants avaient été constatés.

Ces débordements n’étaient d’ailleurs pas isolés durant la compétition. Quelques jours plus tôt, après l’élimination de l’Algérie face au Nigeria en quart de finale à Marrakech, des incidents similaires avaient déjà éclaté, avec des tentatives d’intrusion sur la pelouse.

Mis bout à bout, ces épisodes renforcent l’impression d’un schéma récurrent, où la tension dépasse le cadre sportif pour s’installer durablement en marge de certaines rencontres à fort enjeu.

Ce dimanche à Safi, une ligne rouge a encore été franchie par les Algériens. Reste à savoir si les instances sauront, enfin, en tirer toutes les conséquences.

Par Adil Azeroual
Le 20/04/2026 à 10h38