C’est une situation inédite et à vrai dire passionnante. Pourquoi? Parce qu’il va falloir mettre un peu de subjectivité au cœur de critères qu’on voudrait rationnels. Chacun peut y aller de son pronostic. Le vainqueur sera forcément contesté, il y aura les pour et les contre. Et vous savez quoi? C’est tant mieux.
Il y a ceux qui vont mettre une pièce sur Yamal. Le joyau du Barça est peut-être intrinsèquement le plus fort. Ce qu’il a déjà réalisé à même pas 20 ans, sur le plan collectif et individuel, est incroyable. Mais le joueur donne l’impression de pouvoir, voire de devoir encore progresser. Ses stats personnelles ne sont pas extraordinaires et restent perfectibles. Et s’il a gagné le Mondial, ce n’est pas lui qui a porté l’équipe d’Espagne mais son collectif. Rodri, Torres ou même Olmo ont réalisé un meilleur Mondial. Et puis, Yamal a des défauts de jeunesse à gommer: à commencer par sa tendance à trop en faire, un «vice» qui a pénalisé par le passé un autre joueur génial, Neymar…
Pour beaucoup d’observateurs, il y a une sorte de consensus autour de Lamine Yamal: oui il gagnera le Ballon d’or, mais pas forcément cette année. Il a le temps…
Il y a le cas Mbappé. En matière de stats, il a littéralement cartonné. Devenu le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde, il a dominé le classement des buteurs de la C1 alors que son équipe est sortie dès les quarts. C’est phénoménal. Sans oublier qu’il a terminé pour la deuxième fois de suite «pichichi» de la Liga. En bref, il coche plusieurs cases. Sauf une, essentielle: il n’a remporté aucun trophée collectif, en club comme en sélection. Or, les plus grands joueurs sont ceux qui font gagner leurs équipes. Mbappé a donc un problème.
Deux autres joueurs se détachent également du lot. Deux cas qui suscitent le débat. Il y a Kvaratskhelia, qui a pris une part prépondérante au nouveau sacre européen du PSG. Ses buts, qui plus est au cœur de rendez-vous ultra-décisifs, ont marqué les esprits. À lui seul, ou presque, il a fait danser le Bayern. Oui, mais voilà: Kvara n’a pas joué le Mondial. Ses détracteurs ont un argument de taille: s’il était aussi fort, il aurait fait qualifier la Géorgie pour la Coupe du monde…
Lire aussi : Achraf Hakimi nommé pour le Ballon d’Or 2026
Certains vont voter Harry Kane et ce n’est pas seulement parce que la cérémonie du 26 octobre se tiendra à Londres. C’est un joueur magnifique qui n’a jamais été aussi fort qu’à 33 ans. Il s’est bonifié avec le temps, donc, comme un Benzema. Avec le Bayern et la sélection d’Angleterre, il a empilé les buts et joué les bons capitaines. Sa conduite sur et en dehors du terrain est exemplaire. Kane représente même un certain romantisme, une idée du football d’hier, sans fard, tout en droiture et en justesse. Et puis, entre nous, ce joueur mérite bien un Ballon d’or pour l’ensemble de sa carrière…
Certes, certes. Mais le Bayern n’a pas gagné la C1 et Olise, avec ses buts et ses passes décisives, lui a parfois volé la vedette. Et au Mondial, il a connu une baisse de régime au moment où l’Angleterre entrevoyait enfin la possibilité d’accéder à la finale…
Sauf énorme surprise, le vainqueur figurera dans cette short-list de joueurs exceptionnels, avec probablement un léger avantage pour la paire Kane-Mbappé. Parce que les buts marquent durablement la rétine…
Pour le reste, un joueur comme Fabian Ruiz a tout gagné, en sélection comme en club, mais il lui manque probablement le charisme et l’éclat des joueurs offensifs. Quant aux autres candidats, parmi lesquels figure pour la deuxième fois notre Hakimi national, ils partent de très loin… Mais on ne sait jamais, n’est-ce pas!
