À presque 38 ans, le grand Robert a eu droit à une fin magnifique. Sorti peu avant la fin du match qui a opposé son équipe au Bétis d’Ezzalzouli, il a eu droit à une standing-ovation, donnant l’impression que chaque spectateur du Nou Camp aurait pu le prendre dans ses bras. Le foot, c’est aussi cela, pas seulement des buts et des gestes techniques. Et pour couronner le tout, le joueur a pris le micro, à la fin du match et alors qu’il était ému aux larmes, pour remercier le public, le club et la ville. Un moment magique. L’hommage était sincère et tellement émouvant.
Lewandowski, qui s’apprête à rejoindre un championnat moins huppé, constitue l’un des derniers avant-centres purs et durs, à l’ancienne, une espèce en voie de disparition. Celle des Mohicans.
Il était bon partout, dans tous les aspects du jeu, mais il n’était ni le plus rapide, ni le plus physique. Il avait le sens du but, bien sûr, et surtout une très grande intelligence de jeu. Son profil rappelle celui d’Harry Kane, avec qui il partage de nombreux points communs.
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Buteurs-nés, joueurs intelligents, hommes simples, style sobre et discret. Il suffit de regarder ces deux géants du foot: sur le terrain, ils jouent juste, sans fioritures (les fameuses «ziadates») et ne simulent jamais. En dehors des terrains, ils ne placent jamais un mot plus haut que l’autre. Quant à leur look, c’est la simplicité même.
Tout cela nous rappelle un peu le roi Pelé en son temps, même si le Brésilien avait une technique extraordinaire. La race des Kane et Lewa est un peu celle aussi d’un Mohamed Boussati, l’inoubliable Mohican du KAC de Kénitra. Dans le foot d’aujourd’hui, et pour rester au Maroc, un Abderrazak Hamdallah est ce qui se rapproche le mieux de ce modèle de joueurs, même si sa carrière en sélection représente surtout un mélange d’incompréhensions et de frustrations.
Pour revenir à l’actualité du week-end, savez-vous pourquoi les FAR ont sombré à Pretoria (mais, et fort heureusement, sans compromettre leurs chances de victoire finale au match retour)? Oubliez les errements tactiques, le coup de mou physique, la panne de la VAR (encore et encore, une véritable plaie pour le foot africain). En première mi-temps, et alors que les Marocains faisaient mieux que résister, rivalisant sur plusieurs séquences avec leurs hôtes, il leur manquait ce renard des surfaces, ce buteur patenté, cet avant-centre à l’ancienne, ce Mohican.
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Dans le foot moderne, tout le monde ne peut pas gagner en jouant sans véritable pointe (modèle du PSG de Luis Enrique), ou en comptant d’abord sur les balles arrêtées (Arsenal version Arteta). Beaucoup ont encore besoin d’un certain classicisme, en s’appuyant sur un 9 de métier.
Bon vent à nos militaires: mais si jamais ils ratent la dernière marche, ils sauront ce qu’il faut faire pour revenir plus forts la saison prochaine.
