Quand on observe le déroulé du match retour, hier soir à Rabat (1-1), on se dit une chose: il est dommage que la finale de la Ligue des Champions africaine se dispute en deux manches. C’est du non-sens structurel. Deux matches, deux contextes, deux ambiances, et au bout du compte, un champion désigné à la calculette autant qu’au mérite. La finale de la C1 mérite mieux que ça. Elle mérite une nuit, un stade, un duel. One shot. Mais c’est un autre débat…
Ce que cette belle finale retour nous a offert, on ne peut pas le bouder. Les deux équipes se sont livrées sans retenue, sans calcul, sans ce football-gestion qui transforme les grandes affiches en exercices de comptabilité. Les FAR n’ont absolument pas démérité, loin de là. Les Militaires ont sorti leurs meilleures cartouches, surtout sur le plan offensif, poussés par un public venu en nombre pour croire jusqu’au bout. Il y avait de la ferveur, de l’engagement, de l’intensité, une grosse envie d’aller de l’avant.
Mais en face, Sundowns a fait mieux que les contenir. Ils ont défendu avec intelligence et discipline, et ils ont aussi joué les coups à fond. À chaque récupération, haute ou basse, ils ont cherché à repartir vers l’avant, vite, proprement, avec une certitude tranquille qui est la marque des grandes équipes.
Sundowns fait un beau champion parce que cette équipe a respecté, en permanence, l’esprit du foot. Pas d’antijeu, pas de simulation, pas de temps perdu à dessein. À Pretoria comme à Rabat, ils ont joué propre. Leur mentalité est joueuse et fair-play, et c’est une denrée rare à ce niveau de compétition. Quand une équipe est aussi bien dans sa tête que dans ses jambes, elle ne gagne pas par accident.
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Cette équipe ne manque pas d’atouts. Elle dispose d’une armada assez complète, capable de répondre à plusieurs situations de jeu. Il y a cette qualité individuelle, qui n’a peut-être pas d’équivalent sur le continent: des joueurs capables d’éliminer en un contre un, de percuter, de faire la différence dans les petits espaces. Mais il y a aussi un collectif huilé: redoutables dans le jeu de possession, dangereux en transition offensive, efficaces sur phases arrêtées.
Les FAR doivent maintenant faire leur bilan avec lucidité et sans complaisance. Ce qui leur a manqué pour remonter sur le toit de l’Afrique, quarante ans après le mémorable sacré de 1985, ce n’est pas une question de schéma tactique ni d’engagement. C’est une question de qualité individuelle, de ce supplément de justesse technique qui permet, dans les moments décisifs, de faire la différence là où tout se joue: le dernier geste, le dernier contrôle. Ce niveau-là ne se décrète pas, il se construit.
Alors saluons le champion. Mamelodi Sundowns porte bien sa couronne. Saluons aussi cette équipe de l’AS FAR, qui a fait un énorme bond en avant sur ces dernières années.
