Les incidents se suivent et se ressemblent dans le football espagnol. En quatrième division, des supporters de Salamanque ont repris un chant particulièrement choquant qui avait déjà émaillé le match amical Espagne–Égypte au mois de mars.
Plusieurs médias espagnols affirment que la rencontre opposant Salamanque au Deportivo Fabril, dimanche 19 avril, a vu une partie des tribunes entonner le chant abject «qui ne saute pas est musulman». Celui-là même qui avait été scandé une première fois le 31 mars, lors du choc entre la Roja et les Pharaons. La FIFA avait d’ailleurs ouvert une procédure disciplinaire à l’encontre de la Fédération espagnole de football.
Dimanche, l’arbitre a décidé d’appliquer le protocole anti-racisme, entraînant une interruption du match d’environ deux minutes, autour de la 36e minute de jeu. Dans le stade, des avertissements ont alors été diffusés, menaçant d’un arrêt définitif en cas de reprise des chants. La rencontre a ensuite pu reprendre son cours.
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Dans son rapport, l’arbitre a décrit l’incident en ces termes: «une partie des tribunes, dont les vêtements étaient identifiés comme ceux de l’équipe locale, a entonné les chants suivants: “qui ne saute pas est musulman”».
Ce chant à caractère discriminatoire avait également été entonné avant le quart de finale aller de Ligue des champions entre le FC Barcelone, club de Lamine Yamal, et l’Atlético de Madrid. Lors de cette rencontre, le joyau des Blaugrana, dont les parents sont originaires du Maroc et de la Guinée équatoriale, avait été la cible de propos ignobles: «tu es vraiment moche, salaud» ou encore «va-t’en au Maroc», alors qu’il tirait un corner.
L’image de l’Espagne, qui aspire à organiser la finale de la Coupe du monde 2030, est de plus en plus écornée, les incidents se multipliant à un rythme préoccupant.
Alors que le Maroc, l’Espagne et le Portugal coorganiseront ce grand rendez-vous mondial dans quatre ans, les récents actes visant Yamal, mais aussi Omar El Hilali et Vinícius Júnior, soulèvent de vives interrogations quant à la capacité du voisin ibérique à endiguer ce fléau, d’autant que la désignation de la ville hôte de la finale reste en suspens entre Casablanca et Madrid.
