THIERRY ROLAND: Bonjour à tous, bonjour mes chers amis! Quel plaisir de vous retrouver avec mon petit Jean-Mimi pour commenter l’actualité brûlante du football africain! On attaque fort ce soir.
JEAN-MICHEL LARQUÉ: Direct au cinéma, Thierry! Dimanche soir sur la RTS, L’Antre du Lion, production signée Pape Thiaw. Violons larmoyants, regard perdu dans le vide, posture étudiée… il ne manquait presque qu’un tapis rouge à Cannes. Le scénario, lui, tient difficilement debout — mais visiblement, l’émotion était censée compenser la logique.
THIERRY ROLAND: Un récit fragile, Jean-Mimi! Il nous explique la bouche en cœur que «les supporters posaient problème». Sauf que la chronologie est têtue: les débordements surviennent après qu’il a ordonné à ses joueurs de quitter le terrain. Comme dirait l’autre: difficile de jouer les pompiers quand on a soi-même craqué l’allumette.
JEAN-MICHEL LARQUÉ: Et pourquoi ce film, à ton avis? Parce que la FIFA prépare peut-être le carton rouge, Thierry! Suspension, possible absence au Mondial… alors on enfile le costume du martyr avant l’audience. Pinocchio version 2026, mais sans même chercher à cacher les ficelles.
THIERRY ROLAND: Contrairement à Jim Carrey dans Menteur Menteur, personne ne l’oblige à dire la vérité. Lui semble parfaitement à l’aise avec sa version. Il aurait dû écouter le vieux Kenny Rogers et sa leçon du joueur de poker: savoir quand tenir ses cartes, et surtout savoir quand les poser. À Rabat, il a tout misé sur le mauvais jeu… et perdu bien plus que la mise.
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JEAN-MICHEL LARQUÉ: Le rideau est tombé sur son premier acte, Thierry. Passons au second — et quel second acte! Place au grand show de Patrice Motsepe.
THIERRY ROLAND : L’Eurovision version CAF, Jean-Mimi! Candidat avec son tube Paroles, paroles… de Dalida, le talent en moins.
JEAN-MICHEL LARQUÉ: Ah ça, Thierry! Et le problème, c’est que la chanson, on la connaît par cœur… On nous parle de solidarité africaine, de vision et de leadership, mais la réalité est plus simple: cette CAN réussie, Motsepe la doit presque entièrement au Maroc. Infrastructures de classe mondiale, stades ultramodernes, organisation millimétrée… et surtout disponibilité de dernière minute pour sauver une édition promise à un sérieux embarras continental.
THIERRY ROLAND: Exactement! Sans le Maroc, on parlait probablement d’un nouveau naufrage logistique. Mais au final, certains font le playback pendant que d’autres écrivent la partition, règlent le son et installent la scène.
JEAN-MICHEL LARQUÉ: Motsepe récolte les applaudissements comme s’il avait tout bâti lui-même. Roi du selfie, certes. Roi du chantier? Le débat reste ouvert.
THIERRY ROLAND : Et puis il y a eu Pretoria, mon petit Jean-Mimi. Finale aller Sundowns-AS FAR: pelouse marquée comme après une campagne militaire, ambiance assourdissante, arbitrage confié à Jean-Jacques Ndala… recalé pour le Mondial par la FIFA, mais toujours titulaire maison. Une fidélité institutionnelle presque touchante.
JEAN-MICHEL LARQUÉ: Sans oublier le clou du spectacle: VAR hors service à la mi-temps, retour seulement à la 67e minute. Qu’une assistance vidéo tombe en panne lors d’une finale continentale n’est plus une anecdote folklorique: c’est un symptôme. À ce stade, ce n’est plus un bug, c’est une signature.
THIERRY ROLAND: Les fantômes de Radès ont dû apprécier le remake.
JEAN-MICHEL LARQUÉ: Et pendant ce temps-là, des supporters de l’AS FAR agressés sous les yeux d’officiels passifs. À ce niveau, on ne parle plus d’accident isolé mais d’un vrai problème de standards — ou d’une tolérance inquiétante à l’approximation.
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THIERRY ROLAND: Verdict de la cabine: Pape Thiaw remporte haut la main le Razzie Award du meilleur scénario approximatif, et Patrice Motsepe termine dernier à notre Eurovision maison.
JEAN-MICHEL LARQUÉ: Mais que nos Militaires gardent espoir. Le retour se jouera à Rabat: vraie pelouse, vrai public, vraie atmosphère et, espérons-le, une VAR pleinement opérationnelle. Parce que la vraie gloire, ce n’est pas d’éviter les tempêtes, c’est de savoir y répondre.
THIERRY ROLAND: Au football comme ailleurs, on peut retoucher une image, maquiller un récit, rejouer une scène. Mais il reste toujours un détail têtu: le réel.
JEAN-MICHEL LARQUÉ: Et le réel, lui, finit toujours par présenter l’addition.
THIERRY ROLAND: Ah ça c’est bien vrai, Jean-Mimi ! Après avoir vu un tel cirque, on peut mourir tranquille… mais le plus tard possible! D’abord parce qu’on veut voir le match retour à Rabat, et ensuite parce que dima dima Maroc, dima dima l’AS FAR… et à vous les studios!
