Exclu360. Issame Charaï se livre sur son expérience à Westerlo et les Lions de l’Atlas

Issame Charaï, l’ancien sélectionneur de l’équipe nationale U23 et actuel entraîneur de Westerlo.

EntretienL’ancien sélectionneur de l’équipe nationale U23 et actuel entraîneur de Westerlo, en Jupiler Pro League, Issame Charaï, revient sur son parcours en Belgique, la dynamique de son équipe et les Lions de l’Atlas. Le technicien marocain livre également son regard sur le travail de Mohamed Ouahbi, sa dernière liste et la progression de plusieurs joueurs qu’il a dirigés chez les U23, désormais présents en équipe nationale A.

Le 25/09/2026 à 14h30

Issam Charaï poursuit son parcours sur le banc de Westerlo, où il entame sa deuxième saison à la tête du club belge. Après un début d’exercice compliqué sur le plan des résultats, marqué par trois défaites et un match nul, l’entraîneur marocain est parvenu à inverser la tendance. Après un nouveau nul, son équipe a enchaîné trois victoires consécutives.

Vainqueur de la CAN U23 en 2023 avec la sélection nationale, le technicien marocain garde également un œil attentif sur les Lions de l’Atlas et sur cette génération passée sous ses ordres avant et pendant le sacre continental. Plusieurs de ses anciens protégés évoluent aujourd’hui avec l’équipe nationale A.

Issam Charaï revient notamment sur le travail de Mohamed Ouahbi, sa dernière liste ainsi que sur la première convocation d’Alaa Bellaarouch chez les Lions de l’Atlas.

Le360 Sport: Votre début de saison a été compliqué en termes de résultats, avant cette série de trois victoires consécutives. Qu’est-ce qui a changé pour permettre à votre équipe d’inverser la tendance?

Issame Charaï: Oui, en termes de résultats, je suis d’accord, mais pas en termes de jeu, parce qu’on a proposé un bon jeu et on a été compétitifs. Mais il est très important de souligner le fait qu’il y a eu 17 nouvelles recrues, ce qui n’est pas commun dans le football sur une saison. On avait 15 départs et 17 joueurs qui sont arrivés.

Ça prend un peu de temps pour que ces joueurs s’adaptent. La plupart n’avaient pas vraiment l’expérience du championnat belge. Ça a donc pris un peu de temps, mais je suis content de leur progression.

On a simplement continué à s’entraîner, à faire des efforts et à essayer d’avoir, le plus vite possible, tout le monde au même niveau tactique, physique et technique. C’était surtout le plus important, que tout le monde sache exactement ce qu’on veut faire quand on a le ballon et quand on ne l’a pas.

Malgré les résultats du début de saison, avez-vous toujours senti que votre groupe adhérait à votre projet et à votre manière de jouer, ou avez-vous dû apporter certains changements?

Bien sûr. J’ai ma philosophie, ma manière de jouer et ma façon de voir le football. Je trouve très important que ces valeurs soient toujours représentées, quand on a le ballon comme lorsqu’on ne l’a pas, et qu’on ait une identité très claire.

C’était le plus important. Je n’ai pas vraiment changé la manière de jouer, ce sont simplement les automatismes qui se sont améliorés.

Westerlo reste désormais sur trois victoires consécutives et quatre matchs sans défaite. Cette série peut-elle représenter un tournant dans votre saison?

Sûrement. C’est super quand on prend neuf points sur neuf et qu’on reste sur quatre matchs sans défaite. Ça fait dix points sur douze. C’est très positif de rentrer comme ça dans la trêve internationale, parce que ça donne un bon feeling aux joueurs, ça leur donne confiance pour continuer à travailler.

Après un début de saison difficile, Westerlo semble désormais avoir trouvé une bonne dynamique. Quels objectifs vous êtes-vous fixés pour la suite de la saison et jusqu’où souhaitez-vous emmener cette équipe?

C’est très difficile de parler d’objectifs quand tu construis une équipe complètement nouvelle. Il faut savoir que la plupart des joueurs qui étaient titulaires la saison passée ont fait une bonne saison et ont mérité leur transfert. La plupart ont obtenu de bons transferts qui étaient également intéressants pour le club.

L’objectif du club, c’est de former des joueurs, d’améliorer leurs performances, de travailler très dur mais aussi de manière très spécifique avec eux pour qu’ils puissent progresser le plus vite possible. Pour plusieurs joueurs, l’idée est d’avoir Westerlo comme tremplin pour continuer à progresser dans des championnats plus relevés.

Quand on voit les transferts de l’année passée, c’était quand même très positif. Maintenant, il y a une nouvelle équipe avec laquelle on va travailler de la même façon.

Mohamed Ouahbi a pris les commandes des Lions de l’Atlas avant la Coupe du monde 2026, conclue par un parcours jusqu’en quarts de finale. Comment jugez-vous ses débuts et le visage affiché par la sélection depuis son arrivée?

Mohamed, que je connais très bien, est un ami proche, mais aussi quelqu’un que j’apprécie beaucoup dans son travail, parce que c’est quelqu’un qui travaille dans les détails et qui est très rigoureux.

Je trouve qu’il a fait une belle Coupe du monde, qui n’était pas facile. On voit clairement qu’il y a un changement, pas seulement dans l’effectif, bien évidemment, puisqu’il y a de nouvelles générations, mais aussi dans le jeu proposé.

Je trouve qu’on voit beaucoup plus clairement les choses sur le plan tactique quand on a le ballon. On voit les idées. Je trouve que c’était une campagne réussie, une Coupe du monde qui n’était pas facile. Avec cette jeune génération, je pense que le futur est très bon.

Pour cette trêve internationale, le sélectionneur a effectué plusieurs choix dans la composition de son groupe. Que retenez-vous de cette liste?

Un sélectionneur quand il sort une liste, il y a toujours des discussions. J’ai connu ça et c’est normal. Après, comme sélectionneur, il faut regarder le rythme du joueur, savoir s’il a le rythme pour jouer. C’est très important. Il faut aussi regarder sa forme, savoir s’il est en forme ou pas.

Bien évidemment, il y a aussi les blessures. Parfois, on n’a pas vraiment le choix lorsque certains joueurs sont blessés. Le championnat dans lequel ils évoluent est également important, mais surtout le rythme et le fait d’avoir du rythme de match.

Dans une sélection, forcément, tu n’as pas toujours le choix à certains postes, alors qu’à d’autres, tu as parfois énormément de choix. Il y aura toujours des discussions sur pourquoi vous n’avez pas pris celui-ci ou celui-là. Mais moi, je trouve que la liste est assez équilibrée.

Plusieurs joueurs que vous avez dirigés chez les U23 figurent aujourd’hui dans cette sélection. Trois ans après le sacre à la CAN U23, comment jugez-vous le chemin parcouru par cette génération?

Très bon. Je suis vraiment super content de voir tous ces joueurs qui sont passés par les U23. Il y en a aussi qui n’ont pas disputé la Coupe d’Afrique à cause de blessures ou pour différentes raisons. Il y avait aussi des joueurs comme El Aynaoui avec nous dans l’effectif, Chadi Riyad également, qui est malheureusement blessé.

Il y a vraiment beaucoup de joueurs qui réussissent leur carrière et obtiennent de très bons résultats en Europe, dans de grands clubs. Cela me rend super fier de voir Saibari, par exemple, qui part au Bayern Munich, qui est vraiment le top du top. Comme El Khannouss, la manière dont il progresse en Allemagne, c’est magnifique. On s’envoie plusieurs fois des messages et ça me fait vraiment plaisir de les voir évoluer comme ça.

Comme Targhalline à Feyenoord, Ezzalzouli au Betis, El Ouahdi qui a fait un transfert à Hambourg, Halhal qui est parti en Italie et Bellaarouch qui fait vraiment de bonnes choses. Je pourrais nommer tout le monde. Ça me rend super fier de les voir évoluer dans leurs clubs, mais surtout de les voir évoluer en équipe A.

Alaa Bellaarouch connaît sa première convocation avec les Lions de l’Atlas. Vous l’avez entraîné chez les U23 et le connaissez particulièrement bien. Que peut-il apporter aujourd’hui à l’équipe nationale A?

Je lui ai envoyé un message, ça m’a fait énormément plaisir. Je l’ai entraîné avec les U23 et je le connais très bien.

Il peut apporter énormément d’énergie. C’est un gardien qui apporte beaucoup d’énergie, qui est très, très fort en possession du ballon, balle au pied. Je trouve qu’il est très fort, il a des réflexes, c’est le futur.

Alaa est quelqu’un qui n’a pas toujours été bien compris, mais c’est quelqu’un de super gentil, un travailleur, qui est aimé par tout le monde et qui dit ce qu’il pense. Moi, j’aime bien ça. Je lui souhaite beaucoup de chance.

Après votre expérience avec la sélection nationale U23 et aujourd’hui votre parcours à Westerlo, quelles sont vos ambitions pour la suite de votre carrière?

L’expérience avec les U23 a été magnifique, vraiment magnifique. La Coupe d’Afrique, la qualification pour les Jeux olympiques, tout ça, c’était énorme, historique pour cette génération.

Aujourd’hui, c’est ma deuxième saison à Westerlo. Ici, je progresse très bien. Je suis très content de la collaboration avec la direction, avec les supporters et avec les gens. Je me sens très apprécié. Ça me rend très fier de représenter mon pays ici en Europe.

Pour les ambitions, on verra, parce que mon ambition la plus importante, c’est de continuer à progresser. Je suis quelqu’un de très exigeant dans le travail et je veux toujours continuer à progresser. C’est le plus important, et puis on verra. Dans le football, on ne sait jamais.

Par Omar Nabile
Le 25/09/2026 à 14h30