En signe de respect envers l’attaquant du CD Tenerife, et aux victimes de l’accident ferroviaire de Urda ayant fait 69 morts la semaine passée, le mythique hymne de la C1 n’a pas été joué au Metropolitano, ni dans les autres stades espagnols.
Il a été suivi, comme annoncé par l’UEFA, par une minute de silence respectée par les supporters des deux équipes.
L’émotion, palpable au coup d’envoi dans l’enceinte madrilène, qui accueillera la grande finale en juin prochain, a laissé place à une belle bataille, dont le Bayern est logiquement sorti vainqueur (2-0) pour se replacer dans les huit premiers de la phase de Ligue.
Invaincu depuis sa défaite à Liverpool début septembre, et vainqueur de ses sept dernières rencontres en championnat, l’Atlético (22e, 4 points) voit lui sa belle série prendre fin au pire moment, à cinq jours de la réception du FC Barcelone.
Le club rojiblanco n’aura plus le droit à l’erreur lors des quatre dernières journées, s’il veut rester dans la course au Top-8.
Kane maladroit
Privé de son entraîneur Vincent Kompany, hospitalisé la semaine dernière pour une méningite, et de plusieurs joueurs majeurs (Luis Diaz, Musiala, Gnabry, Saibari), le géant allemand avait tout de même de quoi faire trembler les Colchoneros, et bien d’autres écuries européennes.
Peut-être encore plus lorsque les compositions d’équipes sont tombées, et que l’ailier français Michael Olise, incertain pour des douleurs au genou droit, y figurait bien aux côtés du Ballon d’Or anglais Harry Kane et de l’éternel Manuel Neuer, 40 ans, de retour comme titulaire après une blessure au pied pour disputer son 164e match de C1.
Ce sont pourtant les hommes de Diego Simeone qui ont eu la première opportunité de cueillir à froid les Bavarois dès la deuxième minute de jeu, mais l’attaquant argentin Julian Alvarez, en pleine opération de reconquête de son public après son départ avorté au FC Barcelone, a frôlé le poteau gauche du portier allemand (2e).
Étouffés par le pressing allemand, les Rojiblancos ont ensuite, comme le réclame la devise du club, accepté le combat avec du cœur et du courage, en misant quasiment exclusivement sur des longs ballons à destination du colosse norvégien Alexander Sorloth.
Ce dernier, titulaire pour la première fois de la saison après des blessures successives, n’a cependant pas pu faire de miracle, même lorsqu’il est parvenu à battre le roc français Dayot Upamecano au duel, et a été trop court pour reprendre un bon centre de Giuliano Simeone (30e).
Le Bayern, de son côté, a longtemps fait le siège de la forteresse madrilène, sans parvenir à en percer la muraille, malgré les incursions d’Olise et de son compère autrichien côté droit Konrad Laimer, et une reprise de volée manquée par Kane (28e), qui a aussi buté sur le défenseur David Hancko (35e).
C’est au final le jeune prodige Lennart Karl, aligné comme numéro 10 du haut de ses 18 ans et pas assez précis en première mi-temps lorsqu’il a été servi en retrait par le buteur anglais (23e), qui a ouvert le score au retour des vestiaires, en punissant une mésentente en pleine surface entre Robin Le Normand et Hancko (54e, 1-0).
Malgré les entrées de l’ancien parisien Kang-In Lee, du Nigérian Ademola Lookman et du vétéran Koke, et une frappe déviée de Marcos Llorente (66e), les Colchoneros n’ont jamais pu revenir dans la partie.
Et leur gardien Jan Oblak, d’abord héroïque pour repousser une frappe déviée d’Upamecano (73e) sur sa barre transversale, a fini par s’incliner une deuxième fois, au terme d’une nouvelle montée de l’inusable Konrad Laimer (74e, 2-0), venue récompenser la domination bavaroise.
