Avec les Lions de l’Atlas, Achraf Hakimi porte le brassard, mais aussi le costume de star de la sélection nationale. Capitaine, titulaire indiscutable et l’un des principaux atouts de la tanière, le latéral droit du Paris Saint-Germain reste une pièce essentielle du dispositif marocain. Pourtant, malgré son importance, Hakimi ne parvient pas toujours à peser sur le jeu comme il le fait en club, où son rôle et les responsabilités qui lui sont confiées lui permettent d’exprimer pleinement ses qualités et de prendre une autre dimension sur le terrain.
La différence se retrouve surtout dans la manière dont Achraf Hakimi est utilisé sur le terrain. Au Paris Saint-Germain, le latéral droit dispose d’une grande liberté de mouvement et intervient dans plusieurs zones du jeu, bien au-delà de son couloir. Avec les Lions de l’Atlas, son rôle reste plus classique et plus sobre, malgré ses nombreuses initiatives. Deux approches différentes qui peuvent expliquer pourquoi son apport n’est pas tout à fait le même en club et en sélection.
Un capitaine qui évolue en dessous de ses capacités
En sélection, Hakimi occupe généralement le poste de latéral droit dans une défense à quatre. Une position qu’il maîtrise parfaitement, mais qui l’oblige à trouver un équilibre entre ses responsabilités défensives et sa participation au jeu marocain. Ses projections vers l’avant ainsi que ses déplacements dépendent également de l’organisation collective et des espaces disponibles sur son flanc.
Le latéral du PSG ne se contente pourtant pas de défendre. Il participe à la construction, multiplie les appels et cherche régulièrement à créer des décalages. Mais contrairement à ce qu’il connaît en club, où il peut se retrouver dans différentes zones du terrain, ses déplacements avec les Lions de l’Atlas restent davantage liés à son poste de départ.
Son entente avec l’ailier droit constitue également un élément important. Lorsque ce dernier repique dans l’axe, Hakimi peut profiter de l’espace libéré pour prendre la profondeur ou proposer une solution sur le côté droit. En revanche, lorsque les deux joueurs occupent des zones proches, leurs déplacements nécessitent une meilleure coordination pour éviter de réduire les espaces disponibles.
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La question ne se limite donc pas à la liberté accordée au capitaine des Lions de l’Atlas. Elle concerne aussi les mouvements de ses coéquipiers, la couverture assurée derrière ses montées et la manière dont la sélection exploite les espaces qu’il crée. Car pour profiter pleinement de ses qualités, il ne suffit pas de lui permettre de se projeter vers l’avant. Encore faut-il que l’organisation collective accompagne ses initiatives.
Dortmund et l’Inter, quand Hakimi passait à la vitesse supérieure
Avant de rejoindre le PSG, Achraf Hakimi avait déjà démontré toute l’étendue de ses qualités au Borussia Dortmund et à l’Inter Milan, deux clubs où son utilisation au poste de piston droit lui avait permis de franchir un cap.
Lors de la saison 2019-2020, sous les ordres de Lucien Favre, le latéral droit marocain avait inscrit neuf buts et délivré dix passes décisives en 45 rencontres, toutes compétitions confondues. Des chiffres qui témoignent de son importance dans le dispositif des Noir et Jaune, où la présence de trois défenseurs centraux lui offrait plus de liberté pour se projeter vers l’avant.
Dans cette organisation, Hakimi pouvait multiplier les courses et attaquer les espaces. Son rôle ne se limitait pas aux débordements et aux centres, puisqu’il pouvait également se recentrer dans l’axe et se retrouver régulièrement dans des positions de finition.
Son passage à l’Inter Milan, lors de la saison 2020-2021, a confirmé cette évolution. Sous la houlette d’Antonio Conte, le latéral marocain occupait le poste de piston droit dans un 3-5-2, avec trois défenseurs centraux derrière lui et un milieu de terrain chargé d’assurer l’équilibre de l’équipe.
Ce schéma tactique lui permettait de jouer plus haut, de participer davantage à la construction du jeu et de multiplier les appels sans devoir systématiquement repartir d’une position basse. Auteur de sept buts en Serie A, Hakimi avait joué un rôle important dans la conquête du titre de champion d’Italie, remporté par les Nerazzurri après onze années d’attente.
À Dortmund comme à l’Inter, le capitaine des Lions de l’Atlas avait ainsi trouvé deux systèmes qui lui permettaient de profiter pleinement de ses qualités. Deux expériences qui montrent à quel point son positionnement peut influencer son apport au collectif.
Au PSG, un latéral sans frontières
Mais Achraf Hakimi n’a pas besoin d’évoluer dans une défense à trois pour exploiter pleinement ses qualités. Au Paris Saint-Germain, sous les ordres de Luis Enrique, le latéral droit marocain a pris une autre dimension, avec un rôle qui dépasse largement celui d’un latéral droit classique.
Dans le dispositif du technicien espagnol, Hakimi bénéficie d’une grande liberté de mouvement. Il peut rester dans son couloir, se rapprocher des milieux de terrain pour participer à la construction du jeu ou se projeter dans l’axe pour créer le surnombre. À maintes reprises, le Lion de l’Atlas se retrouve dans la surface adverse, parfois dans une position d’avant-centre, tant son rôle ne se limite plus à son poste de départ.
Achraf Hakimi célèbre son troisième but lors de la victoire du Paris Saint-Germain face au Havre (5-1), vendredi 30 octobre 2026, en Ligue 1.. AFP
Cette liberté repose toutefois sur une organisation collective précise. Lorsque le latéral droit quitte son couloir, ses coéquipiers adaptent leur positionnement pour couvrir les espaces laissés derrière lui et préserver l’équilibre du collectif sur la pelouse. Hakimi peut ainsi multiplier les initiatives et intervenir dans différentes zones du terrain, sans que ses déplacements ne déséquilibrent systématiquement le bloc parisien.
C’est aussi ce qui distingue son utilisation à Paris de celle qu’il connaît avec les Lions de l’Atlas. Luis Enrique lui permet de quitter son poste initial et de peser sur plusieurs phases du jeu, dans une organisation qui repose pourtant régulièrement sur une défense à quatre.
L’exemple parisien montre ainsi qu’un changement de système n’est pas la seule solution pour tirer le meilleur de Hakimi. Ce sont surtout son positionnement, les responsabilités qui lui sont confiées et les mouvements de ses partenaires qui peuvent faire la différence.
De Cafu à Lahm, l’art de tirer le meilleur de ses latéraux
L’histoire du football international ne manque pas d’exemples de sélections qui ont adapté leur dispositif tactique aux qualités de leurs latéraux. Le Brésil, champion du monde en 2002, en est l’une des meilleures illustrations.
Avec Luiz Felipe Scolari sur le banc, la Seleção s’appuyait sur une défense à trois, avec Cafu et Roberto Carlos dans des rôles de pistons, respectivement à droite et à gauche. Ce système leur permettait de jouer plus haut, de multiplier les montées et de participer aux différentes phases du jeu.
Derrière eux, les trois défenseurs centraux et les milieux de terrain assuraient les couvertures nécessaires pour préserver l’équilibre de l’équipe. Scolari avait ainsi construit une organisation qui offrait davantage de liberté à ses deux latéraux, sans pour autant négliger les responsabilités défensives.
L’Allemagne de Philipp Lahm constitue un autre exemple. Lors de la Coupe du monde 2014, influencé par le repositionnement de Lahm opéré par Pep Guardiola au Bayern Munich dès 2013, Joachim Löw avait d’abord utilisé son capitaine au milieu de terrain, avant de le replacer au poste de latéral droit à partir des quarts de finale. Un choix qui avait permis au technicien allemand de s’adapter aux besoins de l’équipe, tout en profitant de la polyvalence et de l’intelligence tactique de Lahm.
Ces deux exemples montrent que le positionnement d’un latéral peut dépasser les limites de son poste de prédilection. Mais au-delà du système choisi, c’est surtout la manière dont ses qualités sont intégrées au jeu collectif qui peut faire la différence.
Mohamed Ouahbi face à l’équation Achraf Hakimi
Avec Achraf Hakimi, Mohamed Ouahbi dispose d’un joueur capable d’occuper plusieurs rôles et d’intervenir dans différentes zones du terrain. Ses passages au Borussia Dortmund, à l’Inter Milan et son expérience actuelle au Paris Saint-Germain ont montré à quel point son utilisation tactique pouvait influencer son apport au collectif. La question est désormais de savoir comment les Lions de l’Atlas pourraient profiter davantage de ses qualités, sans compromettre leur équilibre défensif.
La question de son positionnement en sélection n’est d’ailleurs pas nouvelle. Sous les ordres de Vahid Halilhodžić, Hakimi avait déjà connu quelques ajustements dans son rôle. L’ancien sélectionneur national, qui privilégiait son utilisation dans le couloir droit, avait également fait le choix de l’aligner plus haut sur le terrain, au poste d’ailier droit.
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Pour Mohamed Ouahbi, une première possibilité serait de passer à une défense à trois, dans un 3-4-3 ou un 3-5-2, avec Hakimi au poste de piston droit. Une configuration qu’il connaît parfaitement depuis ses passages à Dortmund et à l’Inter, où la présence de trois défenseurs centraux lui permettait de jouer plus haut, de multiplier les appels en profondeur et de participer encore davantage à la construction du jeu.
Cette organisation offrirait au capitaine de la sélection nationale une couverture supplémentaire derrière ses montées et une plus grande liberté dans son couloir. Elle nécessiterait toutefois des ajustements au milieu de terrain et sur le côté gauche, afin de préserver l’équilibre de l’équipe. Car le passage à une défense à trois ne suffirait pas, à lui seul, à garantir une meilleure utilisation de Hakimi.
L’autre possibilité serait de conserver une défense à quatre, tout en lui accordant plus de liberté dans ses déplacements, comme c’est le cas au Paris Saint-Germain sous les ordres de Luis Enrique. Une solution qui demanderait surtout une bonne coordination entre les joueurs, afin de compenser ses changements de position et d’éviter de laisser des espaces derrière lui.
Achraf Hakimi
Deux options qui ne reposent pas sur les mêmes principes, mais qui poursuivent le même objectif: permettre à Hakimi d’exploiter pleinement ses qualités et de peser davantage sur le jeu de la sélection nationale. Le choix ne se limiterait donc pas au système tactique, mais concernerait également les responsabilités confiées au capitaine marocain et la manière dont ses coéquipiers pourraient accompagner ses déplacements.
Car si Achraf Hakimi est déjà aux commandes des Lions de l’Atlas, le Maroc possède le moteur et la vitesse. Reste désormais à trouver les bons réglages pour en exploiter toute la puissance.





































