Les Lions de l’Atlas affronteront le Niger à deux reprises, le 13 novembre au Complexe Mohammed V de Casablanca et le 17 novembre au Stade Moulay Abdellah de Rabat. Deux confrontations qui pourraient offrir à Mohamed Ouahbi l’occasion de tester un nouveau schéma tactique, avec une défense à trois. Une option qui mérite d’être étudiée au regard des profils dont dispose actuellement la sélection nationale.
Après les dernières sorties de l’équipe nationale, la question d’un changement de système pourrait se poser. Sans nécessairement remettre en cause la défense à quatre, le sélectionneur marocain aurait la possibilité d’explorer un dispositif en 3-4-3 ou en 3-5-2, afin de trouver un meilleur équilibre entre les phases offensives et défensives, tout en offrant davantage de liberté à certains de ses joueurs.
Hakimi, le principal bénéficiaire
L’un des principaux arguments en faveur de ce changement tactique concerne Achraf Hakimi. Habituellement utilisé comme latéral droit avec les Lions de l’Atlas, le capitaine de la sélection nationale pourrait retrouver un rôle de piston, dans lequel il avait réalisé l’une de ses meilleures saisons sous les ordres du technicien italien Antonio Conte, à l’Inter Milan.
Dans le 3-5-2 mis en place par «Il Martello» lors de la saison 2020-2021, conclue par un titre de champion d’Italie, Achraf Hakimi disposait d’une grande liberté sur son couloir droit, avec la possibilité de multiplier les projections offensives, de prendre de la profondeur et de se retrouver régulièrement aux abords de la surface adverse.
Une organisation similaire avec les Lions de l’Atlas pourrait lui permettre d’exploiter davantage sa vitesse et sa capacité à apporter le surnombre dans les phases offensives. La présence d’un troisième défenseur central derrière lui offrirait une couverture supplémentaire, ce qui lui permettrait de prendre plus de risques dans ses montées, sans systématiquement partir d’une position reculée.
Ce repositionnement pourrait également profiter au milieu droit ou à l’ailier droit, qui disposerait de davantage de liberté pour se recentrer et évoluer entre les lignes, tandis que Hakimi assurerait la largeur sur le côté droit. Un équilibre qui pourrait offrir de nouvelles possibilités dans la construction du jeu, à condition de maintenir une bonne coordination entre les joueurs lors des phases défensives.
Une défense à trois, mais avec quels joueurs?
Dans cette configuration, Mohamed Ouahbi disposerait de plusieurs possibilités pour composer sa ligne défensive. Issa Diop et Abdelhamid Aït Boudlal pourraient constituer deux des trois éléments de cette défense, tandis que les convocations d’Omar El Hilali ou de Sammy Mmaee représenteraient des options supplémentaires pour le sélectionneur national.
Le défenseur de l’Espanyol Barcelone et celui du club chypriote Pafos FC pourraient être envisagés dans un rôle de défenseur central droit, derrière Achraf Hakimi. Deux profils différents qui offriraient à Mohamed Ouahbi davantage de possibilités pour composer sa défense, même si leur adaptation à ce positionnement et aux exigences d’un système à trois devrait être évaluée.
Abdessamad Ezzalzouli lors de l'amical face au Mali, le 4 octobre au Grand Stade de Tanger.
Le choix du piston gauche pourrait également jouer un rôle important. La convocation d’un profil comme Souffian El Karouani ou Mahmoud Bentayg offrirait à Ouahbi la possibilité de disposer d’un véritable piston gauche, tout en lui permettant de repositionner Noussair Mazraoui dans l’axe de la défense.
Dans ce cas, une première association pourrait réunir Abdelhamid Aït Boudlal, Issa Diop et Omar El Hilali ou Sammy Mmaee, avec Achraf Hakimi à droite et Noussair Mazraoui à gauche. Une autre possibilité serait de repositionner Mazraoui dans l’axe, aux côtés de Diop et d’El Hilali ou Mmaee, avec Hakimi comme piston droit et El Karouani ou Bentayg sur le couloir gauche. Nayef Aguerd resterait également une option à prendre en considération, grâce à son expérience, à condition de retrouver son meilleur niveau.
Sur le papier, ces différentes associations offriraient plusieurs alternatives au sélectionneur marocain, mais leur efficacité dépendrait surtout des automatismes, de la coordination entre les trois défenseurs centraux et de leur capacité à couvrir les espaces laissés par les pistons.
3-4-3 ou 3-5-2, quel schéma?
Le choix d’une défense à trois pourrait également modifier l’organisation offensive des Lions de l’Atlas, avec deux possibilités principales pour Mohamed Ouahbi: un 3-4-3, qui permettrait de conserver trois joueurs offensifs, ou un 3-5-2, avec une présence supplémentaire au milieu de terrain et deux attaquants devant.
Dans cette hypothèse, le retour de Youssef En-Nesyri en sélection nationale mériterait d’être envisagé. Les blessures d’Ayoub El Kaabi et de Soufiane Rahimi pourraient renforcer la nécessité de faire appel à l’attaquant d’Al Ittihad, mais son éventuelle convocation ne devrait pas uniquement dépendre de ces absences. Sa forme actuelle et les caractéristiques de son jeu constituent également des arguments en sa faveur.
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Au-delà de ses qualités dans le jeu aérien et de sa présence dans la surface de réparation, En-Nesyri possède une capacité à participer au pressing, à multiplier les appels en profondeur et à perturber les défenseurs adverses.
Dans un 3-5-2, Mohamed Ouahbi pourrait ainsi associer En-Nesyri à Ismaël Saibari, avec le premier dans un rôle d’avant-centre et le second dans une position d’électron libre, proche de celle d’un faux numéro neuf.
Cette association offrirait à la sélection nationale un point de fixation dans l’axe, tout en conservant un joueur capable de faire le lien entre le milieu de terrain et l’attaque. Le 3-5-2 permettrait également de renforcer l’entrejeu avec trois milieux centraux, un aspect qui pourrait peser dans les choix du sélectionneur, particulièrement en l’absence d’Azzedine Ounahi.
Le 3-4-3 constituerait une autre possibilité, avec En-Nesyri seul en pointe, accompagné de Brahim Diaz et d’Abdessamad Ezzalzouli. Dans cette organisation, les deux ailiers pourraient se rapprocher de l’axe, tandis que les pistons seraient chargés d’apporter de la largeur sur les côtés.
Reste toutefois la question de l’équilibre collectif. Une défense à trois ne garantit pas automatiquement une meilleure solidité défensive et exige une coordination importante, particulièrement lors des pertes de balle, lorsque les pistons se retrouvent en position avancée.
Face au Niger, Mohamed Ouahbi pourrait donc profiter de cette double confrontation pour explorer une nouvelle organisation, sans pour autant abandonner définitivement son système habituel. Une option qui permettrait au sélectionneur national d’élargir sa palette tactique, tout en exploitant davantage les qualités de certains joueurs, à commencer par celles de son capitaine, Achraf Hakimi.

















