Hakim Ziyech à Botafogo: pourquoi le Brésil mise de plus en plus sur les joueurs étrangers

Hakim Ziyech, sous le maillot de Botafogo

Hakim Ziyech est officiellement un joueur de Botafogo. L’international marocain, qui a récemment quitté le Wydad de Casablanca, poursuit désormais sa carrière au Brésil. Une arrivée qui ne passe pas inaperçue dans le pays du football et qui donne une nouvelle dimension à la présence marocaine dans le Brasileirão.

Le 11/09/2026 à 14h20

Cette saison, le Brésil compte deux joueurs marocains en Serie A: le milieu de terrain Zakaria Labyad, qui évolue aux Corinthians SP, et désormais Hakim Ziyech, l’une des principales attractions du mercato estival de Botafogo. Une présence encore rare, mais qui attire déjà l’attention au Brésil.

À 33 ans, Ziyech débarque au Brésil avec une solide expérience du football européen. Passé par le FC Twente, l’Ajax Amsterdam et Chelsea, avec lequel il a remporté la Ligue des champions en 2021, l’ailier marocain dispose également d’un statut particulier avec les Lions de l’Atlas. Il a notamment participé à l’épopée historique du Maroc lors du Mondial 2022, avec une place en demi-finale à la clé.

Pour le journaliste brésilien João Pedro Fragoso, de Globo, l’arrivée de Ziyech représente un choix intéressant pour Botafogo, notamment dans une période où le club cherche à reconstruire son projet sportif.

«Je pense que c’est un transfert intéressant pour Botafogo. Même si l’équipe a brillé en 2024, en remportant le championnat et la Libertadores, puis en 2025 en battant le PSG, des problèmes administratifs ont affecté les performances sportives de l’équipe, entraînant une baisse de qualité aussi bien dans l’effectif que dans le staff technique», analyse-t-il.

Dans ce contexte, le profil et la notoriété de l’international marocain peuvent, selon lui, apporter davantage qu’une simple contribution sportive: «Dans cette phase de restructuration et de reconstruction, avoir un joueur de renom pour incarner le projet est une décision positive, en plus des attentes concernant sa contribution sur le terrain».

Le journaliste brésilien souligne également que l’opération semble cohérente sur le plan financier pour le club carioca.

«Son salaire n’est pas particulièrement élevé selon les standards brésiliens et reste compatible avec la réalité financière de Botafogo, ce qui a été bien accueilli par la direction. Puisqu’il semble s’agir d’une décision financièrement saine, je pense que cela a du sens. Je considère que c’est un pari intéressant», estime-t-il.

Au-delà du seul cas de Ziyech, son arrivée illustre aussi l’ouverture progressive du championnat brésilien aux joueurs venus d’autres continents. Longtemps considéré avant tout comme un grand pays exportateur de talents, le Brésil s’affirme désormais également comme une destination pour des joueurs étrangers expérimentés.

Pour Alexandre Frota, PDG de FutPro Expo, l’arrivée de talents africains peut générer des retombées qui dépassent le seul aspect sportif.

«Le football est l’une des plus grandes industries du divertissement au monde. En attirant des talents africains, Botafogo, Corinthians et les autres clubs ne gagnent pas seulement sur le plan sportif: ils développent leur marque, créent des connexions entre les continents et attirent de nouveaux publics, ce qui rend le spectacle encore plus valorisé et attractif sur le marché mondial», explique-t-il.

L’arrivée de Ziyech s’inscrit dans une tendance plus large qui voit les clubs brésiliens se tourner davantage vers les marchés étrangers pour renforcer leurs effectifs.

«À mesure que de plus en plus de joueurs brésiliens partent à l’étranger, le Brésil a également commencé à jouer un rôle plus important en tant que pays acheteur. La nécessité de remplacer ces départs a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie, poussant les clubs brésiliens à rechercher davantage de joueurs en provenance d’Amérique du Sud, d’Amérique centrale, mais aussi de marchés comme l’Europe et l’Afrique. Il s’agit d’un mouvement naturel entre l’offre et la demande, qui suit une tendance mondiale», explique Roger Machado, entraîneur et formateur à la CBF Academy.

Cette évolution renforce également l’attractivité du Brasileirão sur la scène internationale. Pour Alexandre Frota, le championnat brésilien ne représente plus seulement une étape avant un départ vers l’Europe, mais devient progressivement un marché à part entière.

«Ces dernières années, le football brésilien a cessé d’être uniquement un exportateur de talents et s’est également positionné comme un marché stratégique au sein de l’industrie sportive mondiale. Les clubs sont aujourd’hui mieux structurés, les compétitions plus organisées et l’exposition internationale beaucoup plus importante. Cela fait du Brésil une vitrine attractive pour des joueurs de différents pays, qui y voient de la compétitivité, de la visibilité et la possibilité d’augmenter leur valeur sur le marché», souligne-t-il.

Cette ouverture du football brésilien vers les joueurs étrangers donne donc un cadre particulier à l’arrivée de Ziyech. Mais pour l’international marocain, ce choix répond aussi à une envie personnelle de découvrir un nouvel environnement et un football qu’il n’avait encore jamais connu.

À son arrivée à Rio de Janeiro, le Marocain ne cachait d’ailleurs pas son enthousiasme au moment d’évoquer cette nouvelle étape de sa carrière: «Je suis très enthousiaste. C’est ma première fois ici, mais le Brésil a toujours été sur ma liste. Maintenant, c’est devenu une réalité. C’est le pays numéro 1 du football. C’est cette façon de vivre ici, quelque chose qui me touche et que je veux découvrir».

Après les Pays-Bas, l’Angleterre, la Turquie, le Qatar et le Maroc, Ziyech s’offre donc une nouvelle expérience au Brésil. Sous les couleurs de Botafogo, avec lequel il est lié jusqu’en décembre 2028, le Magicien va désormais tenter d’écrire un nouveau chapitre de sa carrière dans un championnat où son expérience et son parcours européen seront particulièrement scrutés.

Par Anas Zabari
Le 11/09/2026 à 14h20