Mondial 2026: après 14 ans à la tête des Bleus, Deschamps laisse la main

 Didier Deschamps, sélectionneur de l'équipe de France.

Didier Deschamps, sélectionneur de l'équipe de France.. DR

Didier Deschamps a refermé samedi 18 juillet dernier un chapitre de 25 années au service de l’équipe de France. Joueur, puis sélectionneur, il n’a pas réussi à ajouter une nouvelle Coupe du monde au palmarès des Bleus, mais son héritage restera l’un des plus marquants du football français.

Le 19/07/2026 à 20h22

Arrivée aux États-Unis dans la peau d’une sérieuse prétendante à la victoire finale, son équipe, portée par Kylian Mbappé, a d’abord enchanté la planète grâce à un jeu chatoyant. Mais l’aventure s’est fracassée dans le dernier carré sur l’Espagne (2-0), seule équipe que le technicien de 57 ans ne sera jamais parvenu à dompter.

Le résultat n’a rien changé, la fin était programmée. «J’ai fait mon temps», avait-il affirmé dans une interview diffusée par TF1, le 8 janvier 2025, dans laquelle il révélait qu’il quitterait ses fonctions à l’issue du Mondial-2026, sa septième campagne en tant que sélectionneur.

Tenant du collectif, meneur d’hommes pointilleux et pragmatique, l’ancien capitaine des champions du monde 1998 (103 sélections), formé au FC Nantes, a toujours incarné une certaine idée de la gagne. D’abord à Marseille avec qui il a soulevé en 1993 la première Ligue des champions française de l’histoire. En 2010, nommé entraîneur, il permettra à l’OM de retrouver les sommets en Championnat après dix-huit ans d’attente.

Idem à la Juventus Turin, qui attend toujours un trophée européen depuis la C1 de 1996, obtenu avec son N.7.

Cet immense palmarès, le plus beau du foot français, il l’a ensuite largement étoffé durant son long mandat de sélectionneur.

Finaliste de l’Euro-2016 organisé en France, le natif de Bayonne a connu la consécration en remportant la Coupe du monde 2018 en Russie, rejoignant le cercle très fermé des footballeurs ayant été sacrés en tant que joueur puis comme sélectionneur, avec le Brésilien Mario Zagallo et l’Allemand Franz Beckenbauer.

On lui reprochera presque de n’avoir atteint «que» les demi-finales de l’Euro-2024 en Allemagne, battu 2-1 par l’Espagne, déjà, future championne d’Europe. Et il ne sera pas parvenu à devenir le premier sélectionneur au monde à disputer une troisième finale consécutive en 2026, après celle de 2022 au Qatar.

Personne ou presque ne lui en voudra. Depuis le choc de l’annonce, chaque pas du sélectionneur était scruté comme s’il était le dernier mais il laissera assurément un immense vide.

Le collectif au-dessus de tout

«Une page de l’histoire du football français se tourne ce soir. Merci Didier Deschamps pour les victoires légendaires, les émotions fortes, pour avoir porté durant des années nos Bleus et fait vibrer la France. Quatorze années: la génération Deschamps», a écrit samedi le président de la République française, Emmanuel Macron, sur son compte X.

«Il aura été pour nous le sélectionneur des jours heureux», avait déjà pensé le chef de l’État avant le début de la compétition en rappelant la victoire en finale de la Coupe du monde en 2018 à Moscou.

Didier Deschamps n’aura pas tout réussi durant son long règne mais la sortie de route en 8e de finale à l’Euro-2021 est sa seule véritable contre-performance.

Mettant le collectif au-dessus de tout, il aura également entretenu des relations ombrageuses, faites de fâcheries et de réconciliations avec certains de ses joueurs, notamment Karim Benzema.

Avec d’autres au contraire, cela aura été l’amour fou. Comme Antoine Griezmann qu’il a longtemps considéré comme son «chouchou». Deschamps peut aussi se targuer d’avoir révélé aux yeux du monde le «crack» Kylian Mbappé, lancé à 19 ans lors du Mondial-2018.

Bête politique, adepte du contrôle permanent, Deschamps n’aura jamais laissé le bateau bleu tanguer et peut se targuer d’avoir su replacer sur le devant de la scène une formation au fond du trou après le fiasco de la Coupe du monde 2010 et la fameuse grève de l’entraînement à Knysna.

En réussissant à toujours s’adapter aux époques et aux différentes générations qu’il a croisées, il laisse la France dans le gratin des meilleures nations.

«J’ai le sentiment d’avoir beaucoup donné, j’ai pris un pied énorme sur cette Coupe du Monde, c’était vraiment un pur bonheur. C’est fini», a-t-il expliqué au cours de sa dernière conférence de presse en tant que sélectionneur des Bleus, samedi au Hard Rock Stadium de Miami.

Par Le360 (avec AFP)
Le 19/07/2026 à 20h22