Souhaila Ettahiri: «Roberto Carlos, le Maroc, le Mondial 2030 et moi»

Souhaila Ettahiri Da Silva et Roberto Carlos.

Son nom est souvent associé à celui de Roberto Carlos, dont elle partage la vie. Mais derrière l’épouse de la légende brésilienne se dessine aussi le parcours d’une Espagnole d’origine marocaine qui évolue dans l’univers du football international. Dans un entretien accordé à Le360 Sport, Souhaila Ettahiri parle de ses racines rifaines, de ses ambitions au Maroc, du Mondial 2030 et de la formation des jeunes. Elle en profite également pour mettre les choses au clair sur les rumeurs entourant une supposée conversion à l’islam de l’ancien joueur du Real Madrid.

Le 20/08/2026 à 17h24

Être l’épouse de Roberto Carlos suffit forcément à attirer les regards. Le Brésilien appartient à cette catégorie de footballeurs dont le nom dépasse largement les frontières de leur pays et de leur génération. Champion du monde en 2002, monument du Real Madrid, il reste, plus de vingt ans après la fin de ses plus belles années sur les terrains, l’un des visages les plus reconnaissables du football mondial.

Souhaila Ettahiri connaît cette exposition, mais ne souhaite pas que son histoire se résume à celle de son mari. Lorsqu’elle évoque Roberto Carlos, elle pose d’ailleurs rapidement une limite. «Je préfère préserver les détails de ma vie privée», explique-t-elle à Le360 Sport. Elle parle volontiers de football, beaucoup moins de ce qui appartient à leur intimité.

Son propre parcours la ramène au Maroc. Espagnole d’origine marocaine, Souhaila Ettahiri est issue d’une famille originaire d’Al Hoceïma. Le Rif occupe une place particulière dans son histoire familiale, même si sa vie et son activité professionnelle l’ont conduite à évoluer dans plusieurs pays.

«Le Maroc est bien plus que le pays de mes origines. Il fait partie de ma personnalité, de ma mémoire et de mes valeurs», dit-elle. Un attachement qu’elle souhaite désormais traduire autrement que par les mots.

Une expérience internationale tournée vers le Maroc

Souhaila Ettahiri a construit son parcours autour des projets sportifs, de la stratégie et des relations institutionnelles. Elle a travaillé dans différents environnements, en Europe, en Afrique et dans le monde arabe. Cette circulation entre plusieurs cultures du football lui a surtout permis d’observer ce qui se fait ailleurs et de nouer des relations qu’elle aimerait aujourd’hui mettre au service de projets au Maroc.

Elle parle notamment d’académies, de détection et de formation. Son idée ne consiste pas simplement à ouvrir une structure portant un nom prestigieux sur sa façade. Elle insiste davantage sur la méthode, l’encadrement et l’accompagnement des jeunes, particulièrement ceux dont le talent ne suffit pas toujours à ouvrir les bonnes portes.

«Une académie performante ne doit pas seulement former un joueur de football. Elle doit aussi contribuer à former un jeune instruit, discipliné et capable d’évoluer au plus haut niveau international», estime-t-elle.

Le football féminin figure aussi dans ses projets. Elle suit son développement au Maroc et considère que les progrès accomplis ces dernières années peuvent désormais déboucher sur davantage de possibilités professionnelles, pas uniquement pour les joueuses. Formation, encadrement, management et métiers liés à l’industrie sportive font partie des pistes qu’elle évoque.

Cette volonté arrive à un moment où le Maroc accélère considérablement ses investissements dans le sport. Le Mondial 2030, organisé avec l’Espagne et le Portugal, constitue évidemment l’horizon majeur. Souhaila Ettahiri y voit surtout ce qui devra rester une fois les projecteurs éteints.

«Le plus important est de réfléchir à l’héritage qui restera après la compétition», souligne-t-elle, citant la formation des jeunes, la création d’emplois, l’industrie sportive ainsi que l’arrivée de nouveaux investissements et d’expertises internationales.

Roberto Carlos, l’islam et une rumeur qu’elle dément

Difficile toutefois de discuter longuement avec Souhaila Ettahiri sans que le nom de Roberto Carlos ne revienne dans la conversation. Ces derniers mois, l’ancien international brésilien s’est notamment retrouvé au centre d’une histoire largement relayée sur les réseaux sociaux: il se serait converti à l’islam.

Son épouse dément catégoriquement. «Je tiens à être très claire sur ce point: Roberto Carlos ne s’est pas converti à l’islam», affirme-t-elle. Selon elle, aucune annonce n’a été faite par l’ancien Madrilène et les informations présentées comme la preuve de sa conversion ne correspondent pas à la réalité.

Elle rejette également une autre version ayant accompagné cette rumeur, selon laquelle un cheikh ou prédicateur appelé Jihad Hassan aurait rencontré Roberto Carlos et lui aurait récité le Coran. «Cette histoire est fausse», assure-t-elle.

Sur d’éventuelles discussions privées autour de l’islam, elle ne veut en revanche rien raconter. Elle reconnaît naturellement que les religions et les cultures peuvent faire l’objet d’échanges au sein d’un couple ou dans la vie quotidienne, mais refuse que ceux-ci soient interprétés comme une conversion. Pour elle, la frontière entre intérêt, respect et choix religieux doit être clairement établie.

Le Raja, un souvenir vieux de 26 ans

Il existe en revanche un terrain marocain sur lequel Roberto Carlos a laissé ses propres souvenirs: celui du football.

En janvier 2000, au Brésil, le Real Madrid avait affronté le Raja de Casablanca lors de la première édition du Mondial des clubs de la FIFA. Roberto Carlos était sur la pelouse. Le Raja avait bousculé les Madrilènes avant de s’incliner 3-2 au terme d’une rencontre restée dans les mémoires des supporters marocains.

Souhaila Ettahiri assure que son mari n’a pas oublié ce match. Il se souviendrait notamment de la qualité technique des Rajaouis et de la personnalité avec laquelle ils avaient affronté l’une des équipes les plus prestigieuses au monde. De cette soirée est resté, selon elle, un respect particulier pour le Raja et pour le football marocain.

Cette histoire pourrait-elle un jour déboucher sur quelque chose de plus concret? Souhaila Ettahiri ne l’exclut pas. Des idées de projets communs au Maroc existent, reconnaît-elle, mais elle ne veut pas en dévoiler la nature avant leur éventuelle concrétisation.

Elle préfère, pour l’instant, parler de ce qu’elle veut construire elle-même. Le nom de Roberto Carlos ouvre inévitablement la conversation. Souhaila Ettahiri, elle, aimerait que la suite s’écrive aussi sous le sien. Et si possible au Maroc.

Par le360
Le 20/08/2026 à 17h24