Finale du Mondial 2030: Rafael Louzán ne cache plus sa fébrilité face à la candidature de Casablanca

Rafael Louzán, président de la Fédération royale espagnole de football (RFEF), et Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF).

Qu’est-ce qui a piqué Rafael Louzán? Le président de la Fédération royale espagnole de football (RFEF) ne cache plus sa nervosité face au débat autour de la désignation du stade qui accueillera la finale de la Coupe du monde 2030. Au cœur d’un bras de fer entre Casablanca et Madrid, il est même allé jusqu’à évoquer de possibles fuites destinées à favoriser l’attribution de la finale au Maroc.

Le 15/07/2026 à 16h46

La question de la finale du Mondial 2030, tiraillée entre le Grand Stade Hassan II de Casablanca et le Santiago Bernabéu de Madrid, continue d’agiter les débats en Espagne. Récemment, le média portugais A Bola, qui reprend des déclarations de Rafael Louzán à la COPE, a relayé une nouvelle sortie du président de la RFEF sur le match le plus prestigieux du tournoi: «Je suis très serein à ce sujet, je l’ai déjà dit. L’Espagne pilote cette Coupe du monde».

Pourtant, cette sérénité peine à transparaître. Les sorties médiatiques du côté espagnol se multiplient et laissent entrevoir un camp fébrile lorsqu’il s’agit d’évoquer la possibilité d’une finale organisée au Maroc. Le sujet semble même avoir pris une place centrale dans le débat public espagnol, mobilisant plusieurs acteurs, de Rafael Louzán à la presse, en passant par certains membres du gouvernement.

Mais les propos relayés par le média portugais traduisent une certaine irritation chez Rafael Louzán: «Parfois, je ressens de la colère en voyant que l’Espagne est à la tête de cette Coupe du monde, celle du centenaire, et que des doutes continuent d’apparaître. Il ne devrait y avoir aucun doute concernant le rôle de l’Espagne», déclare le président de la fédération espagnole, persuadé du poids de l’Espagne dans les décisions liées à l’organisation.

Mais le plus marquant reste le fait que le président de la RFEF évoque également une possible fuite d’informations destinée, selon lui, à relancer la candidature marocaine pour le match décisif: «Curieusement, l’information a fuité le jour même où le Maroc jouait, et nous aussi».

Si le président espagnol a choisi ce type de communication, c’est notamment pour rassurer l’opinion publique, surtout que la question de la finale a récemment ressurgi. Lors de l’émission El Partidazo de COPE, des journalistes espagnols ont longuement débattu de la répartition des principaux sites de la Coupe du monde 2030.

Il avait notamment été révélé durant l’émission que l’Espagne, en concurrence avec le Maroc pour accueillir le centre international de presse, à Madrid ou à Casablanca, n’accepterait d’abriter le fief des journalistes que si la finale était disputée dans la capitale espagnole.

Une position ferme, presque indiscutable. Et lorsqu’on rassemble les différents propos de Louzán, on retrouve une ligne similaire. Comme si l’Espagne décidait pour le Maroc et le Portugal, mais aussi… pour la FIFA.

Pourtant, du côté marocain, les sorties médiatiques sont presque inexistantes si on les compare à celles de l’Espagne. Fouzi Lekjaa, président de la FRMF, a toujours prôné l’idée d’une candidature commune, plutôt que la défense d’un intérêt personnel: «Une Coupe du monde destinée à rapprocher deux continents, à mettre en lumière l’énergie de la jeunesse des deux rives de la Méditerranée et à rappeler la richesse historique et culturelle partagée, afin que les jeunes générations puissent s’en inspirer pour construire un avenir meilleur», déclarait-il lors d’un forum consacré au Mondial 2030 et à la candidature conjointe, tenu au Complexe Mohammed VI de football.

Dans un entretien accordé à la chaîne nationale Al Aoula, Fouzi Lekjaa a rappelé que le processus de désignation des différents matchs, y compris la finale, n’était pas encore achevé: «Aucune décision n’a été prise à ce jour concernant la répartition des matchs. Les choix relèvent exclusivement des concertations entre les trois pays organisateurs et la FIFA».

Le Royaume ne cache toutefois pas ses ambitions. Avec le futur stade Hassan II de Benslimane, annoncé comme le plus grand stade de football au monde avec une capacité de 115.000 places, le Maroc dispose d’un argument de poids dans la course à l’organisation de la finale. Cette candidature est en concurrence directe avec le Santiago Bernabéu de Madrid.

Par Magda Soltani
Le 15/07/2026 à 16h46