Mondial 2030: Madrid conditionne l’accueil du Centre international de presse à l’organisation de la finale

Le Maroc, l'Espagne et le Portugal, hôtes du Mondial 2030.

Les tensions autour de l’organisation de la Coupe du monde 2030 continuent de monter en Espagne. Selon la radio COPE, la mairie de Madrid refuse désormais d’accueillir le Centre international de presse (IBC) si la finale n’est pas attribuée à la capitale, tandis que plusieurs journalistes dénoncent une perte d’influence de l’Espagne au profit du Maroc.

Le 07/07/2026 à 15h46

La bataille autour de l’organisation de la finale de la Coupe du monde 2030 continue de gagner en intensité en Espagne. Dernier épisode en date: la mairie de Madrid aurait décidé de conditionner l’accueil du Centre international de presse (International Broadcast Centre/IBC) à l’attribution de la finale du tournoi à la capitale espagnole.

L’information a été révélée dans l’émission El Partidazo de COPE, où les journalistes de la radio ont longuement débattu de la répartition des principaux sites de la Coupe du monde 2030, organisée conjointement par le Maroc, l’Espagne et le Portugal.

Selon le journaliste Juanma Castaño, Madrid et Casablanca sont aujourd’hui en concurrence pour accueillir le Centre international de presse, une installation stratégique qui centralisera les opérations des médias du monde entier pendant la compétition. Face à cette rivalité, la mairie de Madrid aurait adopté une position ferme.

«Nous voulons accueillir le Centre international de presse uniquement si la finale se joue à Madrid», a indiqué le journaliste, en précisant qu’il s’agit de la ligne défendue par les autorités madrilènes.

Toujours selon les informations avancées par COPE, cette fermeté s’expliquerait par les inquiétudes qui grandissent au sein de la Fédération espagnole de football (RFEF). Les intervenants de l’émission ont évoqué la crainte de voir la finale attribuée au Maroc, évoquant même de supposées pressions politiques en faveur de cette option.

Juanma Castaño a notamment affirmé que Donald Trump exercerait, selon les informations dont dispose la radio, des pressions en faveur du Maroc, considéré comme un partenaire stratégique des États-Unis. Aucune preuve publique n’a toutefois été présentée pour étayer cette affirmation, et ni la FIFA ni les autorités concernées ne se sont exprimées à ce sujet.

Le débat a ensuite pris un ton beaucoup plus virulent avec l’intervention du journaliste Roberto Palomar, qui a vivement dénoncé ce qu’il considère comme un recul de l’influence espagnole dans l’organisation du Mondial. «Ils veulent la jouer au Maroc? On ne va pas rester à genoux toute notre vie», a-t-il lancé.

Selon lui, la candidature avait initialement été pensée autour d’un leadership espagnol, avant que cet équilibre ne change progressivement. «Nous avons invité le Maroc chez nous, et au final, c’est nous qui dormons sur le canapé tandis qu’il a pris la chambre», a poursuivi Roberto Palomar, estimant que l’Espagne avait perdu le contrôle d’un projet qu’elle portait au départ avec le Portugal.

Le journaliste est allé encore plus loin en évoquant, sur un ton provocateur, un retrait symbolique de l’Espagne. «Qu’on le dispute au Maroc, ce n’est pas un problème. Après tout, pour nous, il suffit de traverser le détroit, ce n’est pas un grand effort. Qu’ils organisent eux-mêmes la Coupe du monde, cela ne pose aucun problème».

Roberto Palomar a enfin relativisé l’importance, selon lui, d’accueillir la compétition. «Cela fait des années que nous n’avons pas organisé une Coupe du monde, et pourtant nous sommes devenus champions du monde», a-t-il conclu, estimant que les succès sportifs de la sélection espagnole ne dépendent pas de l’organisation du tournoi.

À ce stade, la FIFA n’a toujours pas officialisé le stade qui accueillera la finale de la Coupe du monde 2030. Les déclarations relayées par El Partidazo de COPE illustrent les tensions qui entourent, en Espagne, la répartition des principaux sites du tournoi entre les trois pays organisateurs.

Du côté marocain, le ton est tout autre. Le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), Fouzi Lekjaa, a récemment rappelé que le processus de désignation des différents matchs, y compris la finale, n’était pas encore achevé. Dans un entretien accordé à la chaîne nationale Al Aoula, il a souligné qu’«aucune décision n’a été prise à ce jour concernant la répartition des matchs», précisant que ces choix relèvent exclusivement des concertations entre les trois pays organisateurs et la FIFA.

Cette position contraste avec les prises de parole entendues ces derniers mois dans certains médias espagnols. Là où le débat s’est progressivement déplacé sur le terrain politique et médiatique, les responsables marocains continuent d’afficher une ligne de communication prudente, en renvoyant systématiquement la décision finale aux instances compétentes.

Le Royaume ne cache toutefois pas ses ambitions. Avec le futur stade Hassan II de Benslimane, annoncé comme le plus grand stade de football au monde avec une capacité de 115.000 places, le Maroc dispose d’un argument de poids dans la course à l’organisation de la finale. Cette candidature est en concurrence directe avec le Santiago Bernabéu de Madrid.

Par Adil Azeroual
Le 07/07/2026 à 15h46