Le quotidien espagnol AS met des mots sur une inquiétude grandissante à Madrid. Dans un article consacré aux équilibres en coulisses à l’approche du Mondial 2030, le média souligne que «l’Espagne a du travail devant elle à partir de maintenant», après «une photo et un échange entre la RFEF et Gianni Infantino», ainsi que «les félicitations personnelles dans une loge» à l’annonce de sa candidature à la réélection à la tête de la FIFA.
Derrière ces signaux protocolaires, AS pointe une réalité plus politique. «Louzán et son équipe en sont conscients. La Coupe du Monde aura lieu dans quatre ans, et ils doivent impérativement être parfaitement unis. Il n’y a pas d’autre solution», écrit le média, insistant sur la nécessité pour Madrid de sécuriser ses appuis. Car dans le même temps, «le silence marqué de l’UEFA contraste avec le soutien massif» affiché par d’autres confédérations, notamment la CONMEBOL, la CAF et l’AFC.
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Dans ce contexte, AS estime qu’il semble difficile d’imaginer qu’un autre candidat puisse faire de l’ombre à Infantino lors du congrès électif prévu à Rabat en 2027. Une donnée loin d’être anodine, alors que le Maroc s’affirme, selon le journal, comme un acteur de plus en plus influent. Le Royaume, souligne AS, «n’a pas mis plus de douze heures pour annoncer publiquement qu’il voterait pour Infantino», preuve d’un alignement rapide et assumé.
C’est précisément cette montée en puissance qui rebat les cartes, notamment sur un dossier hautement symbolique: la finale du Mondial 2030. Si l’Espagne s’imaginait en position naturelle pour accueillir le match au stade Santiago Bernabéu, la dynamique actuelle oblige à revoir les certitudes. AS décrit une Espagne «dans une position délicate», confrontée à «un partenaire ambitieux et stratégiquement redoutable».
Face à cela, la stratégie madrilène évolue. L’objectif est désormais clair: obtenir un soutien affirmé de l’UEFA pour peser dans les décisions à venir. Car comme le rappelle le quotidien, «dans ce type de situation, il est généralement attendu d’avancer en bloc avec la position de la confédération». Autrement dit, sans un alignement européen fort, la marge de manœuvre espagnole pourrait se réduire.
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L’Espagne, qui a peut-être sous-estimé son partenaire au départ, a désormais intégré une réalité simple: rien ne lui sera offert. À mesure que 2030 se rapproche, le ton change à Madrid. Il n’est plus question de se reposer sur un statut historique ou sur l’évidence supposée du stade Santiago Bernabéu. En face, le Stade Hassan II de Benslimane prend peu à peu forme et s’impose comme un rival crédible.
Pensée pour devenir «le plus grand stade moderne jamais construit», avec une capacité estimée à 115.000 spectateurs, l’enceinte marocaine rebat les cartes et oblige l’Espagne à rester en alerte permanente sur la question de la finale. Le duel n’est plus symbolique, il est désormais concret.
Mais au bout du compte, une évidence s’impose: c’est bien la FIFA qui tranchera. Dans cette bataille d’influence, Madrid semble vouloir s’appuyer sur le soutien de l’UEFA pour peser davantage sur la décision finale. Une stratégie assumée, mais qui pose une question de fond: face à une dynamique marocaine en pleine ascension, la pression politique suffira-t-elle à faire la différence?









