Mondial 2026: le Maroc domine le Canada et file en quarts de finale

Azzedine Ounahi, Achraf Hakimi et Soufiane Rahimi.. 2026 Getty Images

Les Lions de l’Atlas poursuivent leur formidable épopée mondiale. Demi-finalistes au Qatar, ils se sont hissés en quarts de finale du Mondial 2026 après leur victoire face au Canada (3-0), ce samedi à Houston. Prochain obstacle sur la route du dernier carré: la France ou le Paraguay.

Le 04/07/2026 à 19h03

Une nouvelle fois, les Lions de l’Atlas ont répondu présent. Face à des Canucks (3-0) qui découvraient les huitièmes de finale pour la première fois de leur histoire, les hommes de Mohamed Ouahbi ont livré une belle leçon de solidité, de cohésion et d’abnégation.

Pour cette rencontre, le sélectionneur national a été contraint d’opérer un changement par rapport à son onze habituel. Touché au genou face aux Pays-Bas, Chadi Riad a été remplacé par Redouane Halhal (23 ans, 4 sélections) dans la charnière centrale, aux côtés d’Issa Diop.

Dans un NRG Stadium de Houston comble, marqué par une présence massive de supporters marocains et canadiens, l’ambiance était à la fête. Comme de coutume, les aficionados des Lions ont donné de la voix bien avant le coup d’envoi, avant de poursuivre inlassablement leurs encouragements jusqu’au coup de sifflet final.

Des Canucks plus frais physiquement

Les protagonistes de ce premier huitième de finale n’ont pas mis de temps à entrer dans le match. Dominateurs, les Canucks ont rapidement pris le contrôle du ballon, se montrant menaçants dès les premières minutes. Yassine Bounou a ainsi été sollicité à trois reprises (5e, 9e et 11e), ses parades évitant aux Lions de concéder l’ouverture du score.

En souffrance défensivement, les Lions ont eu du mal à déployer leur jeu habituel, contraints d’évoluer bas dans leur moitié de terrain, avec très peu d’initiatives offensives. Comme pour compliquer davantage la tâche des protégés de Ouahbi, Ismael Saibari s’est blessé et a dû céder sa place à Soufiane Rahimi.

Il a fallu attendre la 28e minute pour voir enfin un premier tir cadré marocain, signé Rahimi. Mais la frappe de ce dernier, contrée par un défenseur, a été facilement captée par Maxime Crépeau. Hormis cette tentative timide, aucune action d’importance n’est à signaler en faveur des Nationaux lors de la première période.

En définitive, cette première mi-temps, sans doute la plus compliquée des Lions dans ce Mondial, est à oublier pour les coéquipiers d’Achraf Hakimi. Incapables de se rapprocher du but adverse, ils peuvent surtout remercier l’excellent Bounou, qui leur a évité le pire. À cela s’est ajoutée une certaine nervosité, matérialisée par quatre cartons jaunes reçus par Halhal, Ounahi, Hakimi et El Khannouss.

Des Lions métamorphosés

En seconde période, les Lions de l’Atlas ont démarré en trombe, sortant enfin leurs griffes et affichant clairement leurs intentions. Plus pressants dès la reprise, notamment sur le couloir droit où Achraf Hakimi semblait avoir retrouvé son punch, ils ont pris les devants à la 50e minute. À la suite d’un coup franc, le capitaine a servi en retrait Azzedine Ounahi, qui, d’une frappe imparable depuis l’entrée de la surface, a logé le ballon au fond des filets.

Cette belle réalisation a libéré les Lions, qui ont progressivement pris les choses en main en multipliant les situations dangereuses pour tenter de doubler la mise. Plus à l’aise, plus conquérants, les hommes de Mohamed Ouahbi ont alors affiché un tout autre visage. Dans la foulée, le sélectionneur national a procédé à deux changements à la 63e minute: Sofyan Amrabat et Chemsdine Talbi ont succédé à Bilal El Khannouss et Ayyoub Bouaddi.

De part et d’autre, le match a ensuite gagné en intensité. Les Marocains se sont montrés plus entreprenants, tandis que les Canadiens continuaient de se montrer très menaçants. Ces derniers ont d’ailleurs bien failli égaliser sans une nouvelle intervention décisive de Yassine Bounou, auteur d’une superbe parade sur une puissante frappe de l’attaquant canadien Tajon Buchanan (80e).

Cette alerte n’a toutefois pas refroidi les Lions de l’Atlas. Loin de se replier en défense, les coéquipiers d’Achraf Hakimi ont continué à exploiter les espaces en contre-attaque. Sur une belle combinaison entre Chemsdine Talbi et Brahim Diaz, Azzedine Ounahi a signé un doublé et fait le break à la 82e minute, mettant définitivement les Lions à l’abri.

Dans les minutes qui ont suivi, le scénario s’est répété. Solides défensivement, les coéquipiers de Noussair Mazraoui ont parfaitement géré leur avantage, tout en continuant à se montrer dangereux en contre-attaque. À la 85e minute, bien servi dans la surface de réparation, Soufiane Rahimi a vu sa superbe reprise de la tête s’écraser sur le poteau. L’ancien attaquant du Raja est passé tout près d’inscrire l’un des plus beaux buts de cette Coupe du monde.

Toujours fidèle à lui-même et à sa lecture tactique du match, Mohamed Ouahbi a procédé à deux nouveaux changements en lançant Marwane Saâdane et Samir El Mourabet à la place de Azzedine Ounahi et d’Issa Diop. Dans le même temps, Yassine Bounou a continué de s’illustrer, se dressant comme un véritable mur infranchissable devant les attaquants canadiens.

Dans le temps additionnel (90e+8), les Lions ont définitivement scellé leur qualification. Lancé sur le côté gauche par une passe parfaitement dosée de Brahim Diaz, Soufiane Rahimi s’est présenté face au gardien canadien avant de décocher une frappe précise qui a terminé sa course au fond des filets.

Que la fête commence !

Une belle victoire qui vient récompenser le remarquable parcours des Lions de l’Atlas, toutes composantes confondues. Les joueurs ont su faire preuve de caractère, résistant à une première période compliquée avant de faire la différence. Les supporters, eux, n’ont jamais cessé d’y croire.

En quarts de finale, le Maroc affrontera le vainqueur du duel entre la France et le Paraguay, jeudi prochain à Boston, à partir de 21h (heure marocaine).

En attendant de connaître leur prochain adversaire, les hommes de Mohamed Ouahbi peuvent savourer une qualification acquise avec caractère, qui les rapproche un peu plus de leur rêve mondial.

La fête bat déjà son plein aux États-Unis, où s’est déroulée la rencontre, et dans les quatre coins du Royaume et bien au-delà. Comme un air de déjà-vu.

Par Abdelkader El-Aine
Le 04/07/2026 à 19h03