Alors que les États-Unis, le Canada et le Mexique s’apprêtent à accueillir la 23e édition, l’heure est désormais au Maroc, à l’Espagne et au Portugal de se projeter sur la 24e, organisée en 2030 par les trois pays. Et si, au Maroc, la majorité des six stades sont déjà aux normes de la FIFA, après plusieurs rénovations réalisées ces dernières années pour accueillir d’abord la CAN 2025 puis la grand-messe mondiale, chez les voisins ibériques, les 11 stades candidats ont déjà connu plusieurs chamboulements.
Gijón, puis La Corogne et Malaga ont toutes fait machine arrière en raison des coûts de rénovation exigés par la FIFA, jugés beaucoup trop élevés au regard des retombées économiques espérées.
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Plus récemment, c’était Bilbao et son stade San Mamés, antre de l’Athletic Bilbao, qui évoquaient, via le PNV (Parti nationaliste basque), la pertinence, pour la cité basque mais aussi pour Saint-Sébastien et son stade Anoeta, d’accueillir un événement d’une telle envergure, révélant «l’épuisement d’un modèle de développement, d’une manière de concevoir les villes et de faire de la politique», rapporte le quotidien AS, citant la députée et secrétaire du programme d’EH Bildu, Nerea Kortajarena.
Ces doutes reposent sur plusieurs raisons bien concrètes: les exigences imposées par la FIFA, notamment en matière de rénovation des stades, de transports, de parkings, de sécurité ou encore de promotion. Des coûts estimés à 35 millions d’euros par ville, rapporte El Correo, citant une source proche du dossier, qui auraient poussé les institutions basques à demander «un temps de réflexion» sur la question, une démarche que le maire de Saint-Sébastien, Jon Insausti, a confirmée.
El Estadio Mamés (Athletic de Bilbao).
Des tensions auraient même éclaté entre l’instance mondiale et les institutions basques à ce sujet: «la FIFA va trop loin (...) parvenir à des accords est très difficile», poursuit la source citée par El Correo.
Même revu à la baisse, jusqu’à 20 millions d’euros après des négociations avec l’instance mondiale, le coût élevé du projet et des retombées économiques jugées insuffisantes peuvent constituer des arguments entendables. Mais au-delà des considérations financières, un autre point, plus polémique, avait récemment été évoqué par la vice-députée générale de Biscaye, Elixabete Etxanobe, au sujet des retombées sociales d’un événement d’une telle ampleur sur Bilbao, suscitant de vives critiques.
La députée avait avancé des arguments nationalistes, souhaitant préserver l’identité basque dans un contexte où des populations venues du monde entier se retrouveraient dans la ville: «certaines personnes ne veulent pas de ce type d’événements, et c’est une réalité (...) Il y a des gens qui ne veulent pas de ce genre d’événements, et c’est comme ça».
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Une sortie mal perçue même en Espagne. La porte-parole du PP au Conseil municipal de Bilbao, Esther Martínez, a jugé «incompréhensible» que «le PNV sème désormais le doute quant à la tenue d’un événement international», rapporte AS.
D’autant que la FIFA exige que les stades homologués pour la compétition soient disponibles et libres de toute activité commerciale non liée au tournoi au moins 30 jours avant le début de celui-ci, et jusqu’à sept jours après le dernier match disputé dans ces stades, ce qui compromettrait la tenue d’événements tels que le BBK Live, festival de musique organisé à Bilbao, chamboulant ainsi tout un écosystème économique et événementiel local.
Quant à Saint-Sébastien, le PNV a assuré que cet été sera décisif, les institutions de la ville promettant de donner une réponse concrète sur la candidature de la ville, mais aussi sur celle de Bilbao, avec déjà un rapport financier à envoyer à la FIFA avant le 31 mai. «Nous devons analyser chaque dépense que représente pour Saint-Sébastien l’organisation de la Coupe du Monde», a-t-il ajouté.







