La rivalité sportive entre la France et l’Argentine, ravivée depuis la finale de la Coupe du monde 2022, s’invite dans le quart de finale entre le Maroc et les Bleus, prévu ce jeudi 9 juillet. En cause: la désignation par la FIFA de l’arbitre argentin Facundo Tello pour diriger cette rencontre.
À 44 ans, l’arbitre a découvert la Coupe du monde au Qatar en 2022 et possède une solide expérience, avec treize saisons passées au plus haut niveau du football argentin. Mais cela ne suffit pas à calmer les adeptes des théories du complot. En France, sa nomination, tout comme celle de ses assistants vidéo et de ses arbitres de touche, eux aussi argentins, suscite de nombreuses interrogations.
Certains remettent notamment en avant un épisode remontant à novembre 2022, lors de la finale du Trophée des champions argentins entre Boca Juniors et le Racing Club. Ce soir-là, Facundo Tello avait distribué dix cartons rouges, dont sept à des joueurs de Boca. La rencontre avait finalement été interrompue avant son terme, Boca ne comptant plus que cinq joueurs sur la pelouse alors que le Racing menait 2-1.
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D’autres sont même allés jusqu’à ressortir une ancienne interview accordée à TyC Sports, dans laquelle l’arbitre révélait avoir appelé son chien «Léo», en hommage à Lionel Messi. «Le fanatisme que certains ont pour leur club, moi, je l’ai pour Messi. Mon chien s’appelle Léo en son honneur», déclarait-il.
Cette pression autour de Facundo Tello n’a rien d’inhabituel. Dès les huitièmes de finale, l’arbitre ouzbek Ilgiz Tantashev avait déjà essuyé de vives critiques dans les médias français, accusé d’avoir laissé passer plusieurs «provocations» et «gestes antisportifs» des Paraguayens.
Pourtant, le sélectionneur des Bleus, Didier Deschamps, refuse de faire de la désignation de l’arbitre un sujet. En conférence de presse, mercredi, il a préféré relativiser: «Notre adversaire, c’est le Maroc. Je ne vais pas considérer l’arbitre comme un adversaire. Il est là pour appliquer au mieux les lois du jeu».
Par ailleurs, ce même Facundo Tello n’avait pas hésité à expulser Walid Cheddira lors du quart de finale de la Coupe du monde 2022 remporté par le Maroc face au Portugal (1-0). Malgré cela, certains médias français continuent d’évoquer un penalty qui aurait, selon eux, dû être accordé aux Portugais au cours de cette rencontre.
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Une pression comparable avait d’ailleurs été exercée par une partie de la presse argentine à l’encontre de l’arbitre français François Letexier après la rencontre Égypte-Argentine de ce Mondial. Ce dernier avait été vivement critiqué pour plusieurs décisions contestées, notamment un penalty non sifflé en fin de match et sa gestion de plusieurs échauffourées.
Arbitre de la finale de la Copa Libertadores 2024 entre l’Atlético Mineiro et Botafogo (1-3), unique arbitre non européen retenu pour l’Euro 2024 et habitué des plus grandes compétitions internationales, Facundo Tello sait que tous les regards seront braqués sur lui. Dans un contexte où la FIFA cherche à éviter toute nouvelle polémique arbitrale après les controverses ayant marqué ce Mondial, l’Argentin n’a aucun intérêt à alimenter la moindre suspicion.
