La soirée devait célébrer les meilleurs footballeurs de la planète. Elle a aussi permis de rappeler le sort de ceux qui racontent leurs exploits. Ce lundi 26 octobre, à Londres, la 70e cérémonie du Ballon d’Or a consacré un moment à Christophe Gleizes, journaliste français et collaborateur de So Foot, détenu en Algérie depuis un an, trois mois et vingt-sept jours.
L’hommage a été porté par Thierry Henry et Kate Scott, maîtres de cérémonie, devant un parterre de joueurs, d’entraîneurs et de personnalités du football international.
Quelques instants au milieu d’une soirée de prestige, mais une portée considérable. Là où défilent habituellement les images des plus beaux buts et des exploits de la saison, c’est le sort d’un journaliste emprisonné qui a retenu l’attention.
Un reportage sur le football à l’origine de son arrestation
Christophe Gleizes s’était rendu en Kabylie, en mai 2024, pour réaliser un reportage consacré à la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK), l’un des clubs les plus emblématiques du football algérien.
Arrêté au cours de son séjour, il a été condamné en juin 2025 à sept ans de prison ferme pour «apologie du terrorisme», en raison de contacts présumés avec des personnes liées au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), classé organisation terroriste par les autorités algériennes. Sa peine a ensuite été confirmée en appel, en décembre 2025.
Depuis, ses proches, ses confrères et plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse multiplient les appels à sa libération.
Son sort avait notamment suscité une mobilisation à l’occasion de la Coupe du monde 2026. À l’initiative de Reporters sans frontières (RSF), la FIFA lui avait accordé une accréditation pour couvrir la compétition, alors même qu’il se trouvait derrière les barreaux.
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Le 10 juin dernier, à Mexico, Gianni Infantino avait publiquement évoqué son absence, en désignant une chaise laissée vide lors de sa conférence de presse.
«Il y a une chaise vide, c’est celle du journaliste français Christophe Gleizes», avait déclaré le président de la FIFA, appelant de ses vœux une grâce présidentielle.
Zinédine Zidane avait également apporté son soutien au journaliste, en exprimant l’espoir de le voir retrouver rapidement sa liberté.
L’hommage de lundi soir vient prolonger cette mobilisation, mais dans un cadre autrement symbolique. Le Ballon d’Or est la grande fête annuelle du football, celle où les projecteurs sont braqués sur les joueurs les plus admirés de la planète. Cette fois, ils ont aussi éclairé le visage d’un journaliste que ses proches attendent toujours de revoir libre.
Devant les stars du ballon rond et des millions de téléspectateurs, son nom a résonné bien au-delà des murs de sa prison. Les autorités algériennes, elles, ont vu cette affaire s’inviter sur l’une des plus grandes scènes médiatiques du sport mondial.
Pour la junte algérienne, qui maintient un journaliste sportif derrière les barreaux, difficile d’imaginer pire publicité. Lundi soir, la fête du football s’est transformée, le temps d’un hommage, en une honte en mondovision pour Alger.
