Polémique sur l’élargissement du nombre de clubs en Botola Pro: Mehdi Bensaïd dément formellement toute implication

Mehdi Bensaïd, ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication.

Face aux soupçons de manœuvre pour maintenir son club au sein de la D1 de la Botola Pro Inwi à travers un élargissement du nombre de clubs de 16 à 18 ou 20, le président de l’Union sportive Yacoub El Mansour (USYM) et ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication oppose une fin de non-recevoir catégorique. Il affirme se préparer à évoluer en deuxième division et rejette tout lien entre le sport et ses ambitions électorales.

Le 06/08/2026 à 13h20

Mohamed Mehdi Bensaïd dément de la manière la plus ferme toute intervention de sa part dans le débat sur le format du championnat national. Face aux soupçons d’un lobbying auprès des instances sportives, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication et président de l’Union sportive Yacoub El Mansour (USYM) tranche: il n’est concerné ni de près ni de loin par les discussions relatives à un passage de la Botola à 18 ou 20 clubs.

Refusant toute idée de sauvetage sur tapis vert, le ministre confirme que le club est d’ores et déjà en train de préparer activement sa saison à venir en deuxième division (D2). Il précise que s’il avait eu l’intention d’user d’un quelconque levier pour éviter la relégation de l’USYM, cette démarche aurait été entreprise bien avant que le verdict du terrain ne soit définitivement scellé.

Pour démonter ce qu’il qualifie de procès d’intention, l’entourage de Mehdi Bensaïd s’appuie sur plusieurs arguments clés. Il rappelle que le ministre n’a nullement besoin du sport pour remporter une élection. Lors des législatives de 2021, l’USYM stagnait en division amateur, mais cela n’a pas empêché Mehdi Bensaïd de remporter haut la main son siège dans sa circonscription. «Sa campagne se mène sur le terrain politique et ses propositions, non en instrumentalisant sa fonction de président de club», apprend-on.

Sur sa proximité avec le président de la FRMF, Fouzi Lekjaa, le ministre rappelle que cette relation date de 2019. Si des faveurs avaient dû être accordées à l’USYM, le club ne serait pas resté coincé plusieurs années dans les divisions inférieures avant d’accéder à la D1. Le camp Bensaïd souligne que l’idée d’un élargissement émane de réflexions portées par des entraîneurs de clubs réunis par la Fédération pour aborder le niveau du jeu, et non d’une pression des politiques ou des dirigeants relégués.

Cette prise de parole intervient dans un contexte de vive controverse entourant l’avenir de la Botola Pro. Après la relégation sportive de l’USYM, de l’Olympique de Safi et de l’Olympique Dcheira au terme de la saison, des propositions visant à faire passer le championnat de 16 à 20 clubs sont réapparues dans le débat public.

Ce projet d’élargissement est interprété comme une manœuvre d’arrière-boutique destinée à repêcher des équipes reléguées au mépris de l’équité sportive. La présidence de l’USYM par un ministre en exercice, candidat aux prochaines élections législatives dans la circonscription populaire de Yacoub El Mansour, avait ainsi alimenté les soupçons d’un calcul politique destiné à préserver sa popularité locale avant le scrutin. Un scénario aujourd’hui balayé par l’intéressé.

Par Tarik Qattab
Le 06/08/2026 à 13h20