Dernièrement, le comité directeur de la FRMF, présidé par Fouzi Lekjaa, s’était réuni principalement pour aborder les préparatifs du Mondial 2030. À cette occasion, le patron de la fédération avait appelé à une mobilisation générale, y compris au niveau des ligues nationales, invitées à améliorer leurs méthodes de travail et à élever leur niveau de performance afin d’accompagner les exigences liées à la Coupe du Monde et de contribuer au rayonnement du football marocain sur les scènes continentale et internationale.
Plus récemment, le président de la FRMF a organisé une nouvelle réunion, en présence d’Abdeslam Belkchour, président de la LNFP, mais aussi d’autres entraîneurs de clubs, afin de se pencher davantage sur la question du championnat marocain.
Lire aussi : Mondial 2030: Fondation Maroc 2030, FRMF, Ligues... Lekjaa lance la mobilisation générale
Selon Fouzi Lekjaa, le football à l’échelle des clubs est aujourd’hui en décalage avec la réussite de l’équipe nationale, tout juste revenue du Mondial 2026 avec une qualification en quarts de finale.
«Ce que nous avons constaté aujourd’hui, c’est qu’un fossé est en train de se creuser entre les équipes nationales, les 25 sélections masculines et féminines, mais aussi le futsal, et le football national», explique Fouzi Lekjaa, qui pointe le manque de joueurs issus de la Botola au sein de la sélection A.
«Je m’explique: aujourd’hui, nous avons participé à une Coupe du Monde, nous avons joué avec deux ou trois gardiens réservistes issus du championnat, mais aucun joueur de champ n’était un produit du championnat national. Mieux encore, la participation du Maroc à la Coupe du Monde a davantage servi à Lille, qui négociait le transfert de Ayyoub Bouaddi vers Manchester City pour 100 millions d’euros, alors que le championnat national fournissait auparavant beaucoup de joueurs à l’équipe nationale A».
Le président de la FRMF compare la situation avec celle d’il y a près de 30 ans, lorsque les joueurs évoluant dans le championnat marocain étaient davantage représentés au sein de la sélection nationale.
«Sur le plan institutionnel, sur l’organisation de la Coupe du Monde, etc., on est allé rapidement, les équipes nationales ont vite suivi. Mais sur le reste, on a peut-être régressé. En 1998, on avait quatre ou cinq joueurs venant de l’extérieur, mais on a valorisé une bonne vingtaine de nos joueurs locaux. C’est dommage».
Fouzi Lekjaa estime également que la question de l’âge doit être repensée dans les grands chantiers des divisions marocaines, notamment en matière de formation et de lancement des jeunes joueurs.
«Je pense que, d’une manière générale, on doit changer notre manière de faire et notre perspective sur l’âge des joueurs. Le football se joue à 17 et 18 ans. L’équipe qui a gagné la Coupe du Monde a aligné des jeunes joueurs, dont deux ou trois avaient même participé aux Jeux olympiques de Paris. La notion de l’âge, nous devons la changer».
Lire aussi : Mondial 2030: et si le vrai chantier était la LNFP?
Force est de constater qu’un renouvellement des profils formés au Maroc sera nécessaire afin de garantir la continuité et la compétitivité des équipes nationales: «on revient d’une Coupe du Monde où il y a un gardien remplaçant en fin de carrière, et deux autres joueurs qui ne sont pas loin de la fin de carrière», explique Lekjaa.
Le président de la fédération est ensuite revenu sur les ambitions marocaines de changer le football local, en insistant sur la nécessité d’un diagnostic approfondi et d’un travail technique de fond:
«Notre football national a des problèmes, mais il possède aussi beaucoup d’atouts. Notre rôle sera d’agir sur le volet technique. Si nous sommes dans le constat, nous jouons, mais nous n’arrivons pas à intégrer l’élite, le haut niveau. Nous n’y arrivons pas. Pourquoi? Comment cela se fait-il? Où est la déperdition d’énergie, de talent? Où se gaspille-t-elle? Pourquoi? Il faut répondre à ces questions de manière professionnelle et experte afin de pouvoir évoluer».
Selon lui, il faudra désormais s’en tenir à la feuille de route fixée jusqu’à l’horizon 2030, présentée lors de la dernière réunion du comité directeur: «nous avons un positionnement, une ambition collective, mais aussi une responsabilité. Nous sommes présidents de clubs, entraîneurs de clubs, présidents de régions, de ligues régionales… Nous avons une responsabilité».
En parallèle, la LNFP a également confirmé ces mesures dans un communiqué, avec l’annonce de l’ouverture d’une cellule spéciale de développement et d’étude consacrée au volet sportif.
Un nouveau rendez-vous qui témoigne de l’ambition de la FRMF de faire franchir un cap au football marocain d’ici l’accueil du Mondial 2030.
