T-shirts sur Sebta: le Barça refuse de s’associer au message politique soutenu par LaLiga

Les joueurs du FC Barcelone.. AFP or licensors

Les joueurs du FC Barcelone ne porteront pas les t-shirts faisant référence à l’espagnolité de Sebta avant leur match de ce mercredi. Une position forte qui fragilise la campagne soutenue par LaLiga et intervient après les critiques visant Mbappé, Vinicius et Konaté, pourtant défendus par le Real Madrid au nom de la liberté individuelle.

Le 16/09/2026 à 17h58

Coup dur pour LaLiga. L’ensemble des joueurs du FC Barcelone refusent catégoriquement de porter les t-shirts faisant référence à l’espagnolité de Sebta, dans le cadre de l’initiative soutenue par l’instance dirigée par Javier Tebas.

Selon plusieurs médias catalans, les doubles champions d’Espagne en titre ne souhaitent pas être associés à cette campagne, considérant qu’elle touche à une question éminemment politique et relevant d’un débat propre à l’Espagne.

Des membres de la direction du Barça et, plus largement, de l’environnement du club mettent également en avant l’identité catalane et les valeurs historiques de l’institution pour expliquer cette position, rapportent toujours des médias proches du club de Lamine Yamal.

Les joueurs du FC Barcelone devaient porter ces t-shirts avant le match contre le Racing de Santander, dont le coup d’envoi est prévu ce mercredi soir à 20h30, heure marocaine.

Pour rappel, les t-shirts portent deux inscriptions: «Todos somos caballas», soit «Nous sommes tous des Caballas», le surnom traditionnel donné aux habitants de Sebta, et «Ceuta (y sus caballeros) es de la mar», que l’on peut traduire par «Sebta (et ses chevaliers) appartient à la mer».

En Espagne, le deux poids, deux mesures autour de cette affaire devient difficilement soutenable. Les joueurs du Real Madrid Kylian Mbappé, Vinicius Junior et Ibrahima Konaté ont été vivement critiqués pour avoir mal ajusté leurs t-shirts avant le match contre Elche, les inscriptions n’étant pas suffisamment visibles aux yeux de leurs nombreux détracteurs.

Certaines des voix qui les ont pris pour cible défendaient pourtant, la veille, la liberté de Abdessamad Ezzalzouli. Le Lion de l’Atlas avait, lui, porté le même t-shirt avant Villarreal-Betis, avant de réfuter ensuite toute volonté d’afficher un message politique.

L’ailier aux 37 sélections avait insisté sur la dimension sociale et humaine de l’initiative. Une explication qui n’a pas empêché son geste de susciter une vive polémique au Maroc.

Le refus des joueurs du FC Barcelone, qui peut difficilement surprendre au regard de l’histoire et de l’identité particulière du club catalan, porte en tout cas un sérieux coup à cette campagne. Celle-ci dépasse désormais largement le cadre d’une simple initiative de solidarité envers les habitants de Sebta. Elle intervient dans un contexte de tensions et de critiques visant le Maroc en Espagne, qui débordent régulièrement du seul terrain politique.

Porte-étendard du football espagnol et principal pourvoyeur de joueurs de la Roja, le FC Barcelone fait donc un choix fort, qui tranche avec celui de plusieurs autres clubs de LaLiga. Mais il n’est pas le seul à avoir posé une limite.

Le Real Madrid a, lui aussi, fermement défendu ses trois joueurs et leur liberté individuelle. Dans un communiqué repris par la presse espagnole, le club madrilène a rappelé qu’il respectait «l’opinion et la sensibilité de chacun de ses employés» et qu’il n’était pas question d’obliger quelqu’un à faire quelque chose «qu’il ne pense pas ou à laquelle il ne croit pas».

Entre le refus collectif du Barça et la position affichée par le Real Madrid, l’initiative autour de Sebta se heurte désormais aux deux plus puissantes institutions du football espagnol. Et soulève surtout une question que ses promoteurs ne pourront plus éluder: jusqu’où une Ligue professionnelle peut-elle demander à des joueurs de s’associer publiquement à un message à caractère politique?

Par Oumeïma Er-rafay
Le 16/09/2026 à 17h58