Le football réserve parfois les plus belles revanches. En inscrivant un doublé face au Canada (3-0), en huitièmes de finale du Mondial 2026, Azzedine Ounahi a été le grand artisan de la qualification des Lions de l’Atlas pour les quarts de finale. Une soirée mémorable pour le milieu de terrain marocain, qui revient de loin après avoir traversé l’une des périodes les plus difficiles de sa carrière.
Tout avait pourtant parfaitement commencé lors de la Coupe d’Afrique des nations. Titulaire indiscutable sous les ordres de Walid Regragui, Ounahi dispute les trois rencontres de la phase de groupes et confirme son rôle central dans l’entrejeu marocain. Par sa qualité technique, sa vision du jeu et sa capacité à casser les lignes, il s’impose comme l’un des principaux moteurs de la sélection.
Mais à la veille du huitième de finale face à la Tanzanie (1-0), le scénario bascule. Victime d’une déchirure au mollet contractée lors de la dernière séance d’entraînement des Lions de l’Atlas, Ounahi est contraint de déclarer forfait pour le reste du tournoi. Une immense frustration pour celui qui assiste, depuis les tribunes, au sacre continental de ses coéquipiers, vainqueurs du Sénégal (3-0) en finale, sur tapis vert.
Six mois plus tard, Ounahi retrouve la scène mondiale avec une seule idée en tête: tourner la page. Son début de Coupe du monde est pourtant discret. Malgré les bonnes performances collectives du Maroc en phase de groupes, le milieu de terrain de 26 ans peine à retrouver l’influence qui faisait sa force.
Le déclic intervient en seizièmes de finale face aux Pays-Bas. Plus libéré, plus juste techniquement et beaucoup plus influent dans le jeu, Ounahi retrouve progressivement toutes ses sensations. Une montée en puissance qui atteint son apogée ce samedi face aux Canucks.
Auteur d’un doublé, le numéro 8 a conduit les Lions de l’Atlas vers une deuxième qualification consécutive en quarts de finale de la Coupe du monde, après l’exploit historique de 2022. Une prestation de très haut niveau, récompensée par le trophée d’homme du match, qui confirme son retour au premier plan et rappelle, une fois de plus, combien il est indispensable à cette sélection marocaine.
Au coup de sifflet final, Ounahi a tenu à rendre hommage au soutien reçu tout au long de cette aventure, qui est loin d’être terminée: «Nous remercions Sa Majesté le Roi pour son soutien et ses messages. Sans sa vision du football, nous ne serions pas là aujourd’hui».
De la douleur d’une blessure qui l’avait privé d’un sacre continental à l’explosion de joie d’un doublé en Coupe du monde, Azzedine Ounahi a écrit l’une des plus belles histoires de cette campagne marocaine. Une revanche personnelle, mais surtout la confirmation qu’il demeure l’un des visages forts de cette génération des Lions de l’Atlas.
