Mondial 2026: quand la presse française ressort la carte Ayyoub Bouaddi pour mettre la pression sur les Lions

Ayyoub Bouaddi

À deux jours du quart de finale du Mondial 2026 entre le Maroc et la France, prévu jeudi 9 juillet à Boston, la presse française a lancé son traditionnel jeu de pression d’avant-match. Cette fois, l’angle choisi porte sur Ayyoub Bouaddi, le jeune milieu de terrain de 18 ans qui a décidé de défendre les couleurs des Lions de l’Atlas plutôt que celles des Bleus.

Le 07/07/2026 à 13h38

Le Maroc, demi-finaliste lors du Mondial 2022 au Qatar, est en passe de retrouver le dernier carré de la compétition nord-américaine. Après un parcours jusque-là parfaitement maîtrisé, les Lions de l’Atlas ont confirmé leur progression en affichant une équipe solide, structurée et capable de rivaliser avec les meilleures nations du monde. Les hommes de Mohamed Ouahbi s’apprêtent désormais à défier la France, jeudi soir (21h, heure marocaine), avec l’objectif de décrocher une nouvelle qualification historique en demi-finale.

Et comme souvent à l’approche d’un rendez-vous aussi important, la bataille se joue aussi en dehors du terrain. En France, certains médias ont choisi de remettre sur la table le cas Ayyoub Bouaddi, devenu un symbole du duel d’influence entre les deux sélections.

Dans plusieurs articles, notamment dans L’Équipe ou RMC, le passé du jeune talent lillois est raconté à travers le prisme d’un joueur qui aurait longtemps hésité entre le Maroc et la France. Une lecture qui revient sur la période où Bouaddi, alors en pleine exposition médiatique après ses premières apparitions remarquées sous le maillot du LOSC, était au centre des discussions des deux côtés de la Méditerranée.

Et pourtant, à cette époque, le milieu de terrain avait toujours privilégié la prudence. Conscient de son jeune âge et désireux de poursuivre son développement en club, il expliquait vouloir se concentrer sur sa progression à Lille, sans officialiser son choix international, alors que le Mondial 2026 approchait.

Mais en mai dernier, Bouaddi a finalement tranché pour le maillot des Lions de l’Atlas. Une décision qui avait été décrite comme une «perte importante» par Hubert Fournier, directeur technique national de la Fédération française de football: «Oui, mais c’est son choix».

C’est justement ce choix, effectué bien plus longtemps qu’avant le début du Mondial, qui est aujourd’hui remis au centre des débats. Dans un article intitulé «Pas convoqué par Didier Deschamps, pas rassuré par Zinédine Zidane: Ayyoub Bouaddi, le trésor qui a choisi le Maroc aux dépens de la France», L’Équipe écrit notamment que «jusqu’au printemps, le milieu lillois balançait toujours entre la France et le Maroc».

Une formulation qui laisse entendre que la décision du joueur aurait dépendu d’une éventuelle convocation avec les Bleus ou d’une intervention de certaines figures du football français. Pourtant, du côté marocain, le discours était bien différent depuis plusieurs mois.

«C’est un produit marocain, qui a la culture marocaine»

Le travail de la Fédération royale marocaine de football et de son président Fouzi Lekjaa auprès des talents binationaux n’est plus un secret. Depuis plusieurs années, le Maroc œuvre pour convaincre les joueurs issus de la diaspora de rejoindre un projet sportif qui a pris une nouvelle dimension.

Le cas du joueur s’inscrivait également dans cette stratégie. Dès 2024, Fouzi Lekjaa évoquait déjà la proximité entre le joueur et le Royaume lors d’une intervention sur Radio Mars.

«On a largement discuté avec Ayyoub, purement marocain. C’est un produit marocain, qui a la culture marocaine. Si Dieu le veut, le Maroc sera fier de son petit. Et le petit sera fier de porter les couleurs de l’équipe nationale», déclarait alors le président de la FRMF.

Une vision qui contraste avec celle développée récemment par une partie de la presse française, qui présente encore Ayyoub Bouaddi comme un joueur qui attendait la France. «Bouaddi n’avait jamais reçu de pré-convocation et s’interrogeait de plus en plus», écrit notamment L’Équipe, laissant entendre que le milieu lillois aurait attendu un signe des Bleus avant de faire son choix.

RMC développe une lecture similaire en se mettant dans la position du joueur, qui aurait dû choisir entre «attendre une hypothétique convocation en équipe de France, sans aucune garantie de disputer une grande compétition» ou rejoindre immédiatement une sélection marocaine qui comptait déjà sur lui. Le média ajoute même que le quart de finale face aux Bleus, jeudi à Boston, sera «forcément chargé en émotion» pour celui qui aurait «longtemps hésité avant de choisir sa voie».

Bouaddi, Lion de l’Atlas assumé

Pourtant, depuis son arrivée en sélection marocaine, le message du joueur est clair. «J’ai fait mon choix et j’en suis très fier», confiait Ayyoub Bouaddi lors de son premier rassemblement avec les Lions de l’Atlas au complexe Mohammed VI de football à Maâmora.

Le jeune milieu n’a jamais caché son attachement au Maroc. Une photo prise dans les tribunes lors du Mondial 2018, avec le maillot des Lions de l’Atlas sur le dos, est d’ailleurs régulièrement ressortie pour illustrer une proximité ancienne avec la sélection marocaine, à l’image d’autres binationaux comme Achraf Hakimi.

«J’espère vivre de très belles choses par la suite. Ma famille était très contente. L’accueil a été incroyable. Les infrastructures sont top, l’équipe est magnifique», ajoutait-il après son intégration au groupe marocain.

Depuis le début de son premier Mondial avec les Lions de l’Atlas, Ayyoub Bouaddi n’a cessé de confirmer les attentes placées en lui. Son talent symbolise cette nouvelle génération marocaine ambitieuse, capable d’attirer et de développer des joueurs à fort potentiel.

Le choix de Bouaddi pour le Maroc ne s’est donc pas construit à la dernière minute, à l’approche du Mondial 2026. Il répond à une histoire, une identité et un projet marocain dans lequel Ayyoub Bouaddi semble aujourd’hui pleinement assumé.

Par Magda Soltani
Le 07/07/2026 à 13h38